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«Dans mon cinéma» et «Cinémas»: mentions «bien»!

Vendredi, janvier 22nd, 2010

Aussitôt vus, certains films sont oubliés. D’autres s’imposent dès la première vision: ils ne bougeront pas. Les plus excitants sont ceux qui vont, dans bien des mémoires, subir des changements, monter en puissance.

Cinémas de Serge Moati

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Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg - les personnages du passé
des années soixante/septante

Ainsi en va-t-il de ce «Gainsbourg (vie héroïque)» de Joann Sfar avec cette volonté non pas d’imiter ni de caricaturer les vrais personnages, mais bien de les incarner. Succès mérité, largement, pour le presque inconnu Eric Elmosnino en Gainsbourg «tête de chou» accompagné de «La gueule» au long nez et aux oreilles décollées. Peine à croire, d’abord, qu’il soit possible d’incarner Brigitte Bardot. Tombé, samedi dernier ( 17 janvier) dans le «Cinémas» de Serge Moati (France 5) qui, après un vibrant hommage rendu à Eric Rohmer, reçoit Laetitia Casta. L’invitée explique son travail de conquête du personnage, du reste encouragée à le faire par BB elle-même. Avec ce qu’elle dit et des extraits à l’appui, la réserve s’efface. Leatitia/Bardot, cela se tient sensuellement très bien.

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Laeticia Casta et Eric Elmosnino, les acteurs
dans “Gainsbourg (vie héroïque)”

En apprendre plus sur la démarche créatrice d’un film est chose précieuse, à laquelle une émission comme «Cinémas» contribue largement par sa structure même. Une information permet de prendre acte de l’imagination du réalisateur et de la dignité de sa démarche. Dans un premier temps, Charlotte Gainsbourg a été sollicitée pour interpréter le rôle de son propre père. L’idée était belle, mais l’actrice s’est sentie finalement mal à l’aise. La solution Elmosnino fut alors découverte. «Gainsbourg ( vie héroïque)» est aussi séduisant par ce qu’il est que par ce qu’il aurait pu être: un grand film que France 5 a su mettre en évidence.

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Il serait intéressant de revoir des images de “Et dieu créa la femme”.
Une telle image aurait très pu être tirée du film de Roger Vadim

Voici ainsi trois preuves par l’image qu’il s’agit ni d’une imitation,
ni d’une caricature, mais de réincarnations sans mystique réussies

Un trio pour «Dans mon cinéma»

L’émission de Moati, «Cinémas», s’affirme comme une des meilleures en francophonie depuis longtemps. Il y avait en Suisse romande, un «Spécial-Cinéma» tenu par Defaye, inégal, parfois exaspérant, mais resté sans véritable successeur depuis plus de quinze ans. Une récente exception prometteuse est enfin apparue: la mini-série «Dans mon cinéma» présentée par l’avocat genevois, Dominique Warluzel, produite par B.B (Béatrice Barton) et réalisée par Raymond Vouillamoz, de retour à la réalisation.

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Photo de famille de la dernière de “Spécial-Cinéma” (1993)

Un dispositif simple

La simplicité du dispositif a été mise ainsi au service du dialogue et a donné du poids aux extraits, les raisons des choix fort bien expliquées. Une salle avec des sièges rouges, le présentateur sur un siège, face à l’invité(e) avec d’efficaces champs et contre-champs. L’amorce du passage d’un extrait sur l’écran, le film qui défile, rarement un plan de coupe de celle ou celui qui se regarde, parfois ému, puis le retour à l’entretien sur les visages, avec la force rare qui consiste à laisser glisser des silences. Alain Delon, Claudia Cardinale, Christophe Lambert, Mireille Darc, Nathalie Baye auront ainsi été montrés sous un angle bien différent de l’approche «people» traditionnelle. Du très beau travail, un bel hommage rendu à quelques grands acteurs français qui connaissent bien le cinéma de la deuxième moitié du 20ème. La TSR vient de se faire brillante, pour hélas une mini-série seulement. La récidive serait la bienvenue, pourquoi pas avec des réalisateurs comme Chabrol, Resnais, Rivette et quelques autres. Avec Rohmer et bien sûr Truffaut, c’est trop tard!

Trop tard aussi pour la programmation.

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Dominique Warluzel et Robert Hossein feront, “Dans mon cinéma”,
“leur” cinéma, le mercredi 22 février 2010 à 22:55 ( 6ème et dernier épisode de la remarquable mini-série Warluzel-Barton-Vouillamoz
pour la TSR)

Une surprise tout de même: pourquoi une si tardive programmation, aux environs de 23h00, en fermeture de premier rideau ou en ouverture de second, là où l’on y trouve des émissions «pointues» plutôt réservée à un public minoritaire? Incompréhensible! Et pourquoi pas une reprise à une meilleure heure ou un renvoi sur internet. Mais alors se pose un autre problème: celui d’une meilleure information sur les visions personnelles que l’on peut faire. Pas toujours facile de trouver la bonne niche.

Et bien, nous en resterons maintenant sur le petit écran romand au promotionnel «Cinhebdo» des lundis soirs avec les bandes de lancement aimablement fournies par les distributeurs et de bien courtes phrases en langue souvent de bois. Les BdL sont aussi présentes dans «Cinémas», en une brève rubrique! La réponse à un vœu du «Conseil du public» de la RTSR se fera encore attendre longtemps; probablement!

«Californication»: une série «pointue» de plus!

Samedi, mars 15th, 2008

Tentateur, le titre, avec ses deux notions, la Californie géographique, bon, mais aussi et peut-être surtout la fornication! Et là, on est particulièrement bien servis dès le premier des douze épisodes avec Hank qui quitte de lit d’une femme mariée au retour de l’époux, puis en trouve une autre qui l’attend dans sa couche.

Ensuite, il «lève» une admiratrice qui aime donner des coups et se rend compte qu’elle est la fille de Bill, le fiancé de Karen, son ex-petite amie et mère de sa fille Becca. De quoi titiller le spectateur! Après ce début sexuellement fracassant en vingt-cinq minutes, la fornication va pourtant se calmer. On vient de passer d’une chaîne cryptée américaine – Showtime – à des généralistes européennes ( TSR1, lundis soirs aux environs de 23h00 / M6 dès le 14.03.08 après 23h00).

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Hank (David Duchovny), Karin (Nastacha McElhone), un couple désormais séparé mais qui sont encore amoureux l’un de l’autre et leur fille Becca (Madeleine Martin, ci-dessous): assez étrange”vie”de famille! (photos ign)

Passons à d’autres aspects moins frétillants mais tout de même intéressants. Hank, dans la quarantaine, est en panne de créativité. Son roman le plus connu est devenu film à succès. Mais il est en colère: l’adaptateur l’a trahi. Alors il boit, il renifle, il culbute, il passe son temps à regretter le départ de son ex qu’il aime encore, il ne crée plus rien, sinon de combler un site internet de multiples vérités pas bonnes à dire qu’il dira à tout un chacun. Sa complicité avec Charlie, son agent littéraire, est savoureuse. La sexualité de Hank est athlétique, répétitive, celle de Charlie, plus tordue, en devient amusante et vaudevillesque!

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David Duchovny, venu des lointains «X files», fait excellente composition avec forte dose d’humour dans son style mal rasé qui peut rappeler Gainsbourg. Harry Goldenblatt a quitté «Sex and the city» sans pour autant perdre sa calvitie et sa rondeur gourmande. Les personnages masculins, plutôt «machos», surpassent les féminins! Si on se mettait à reproduire en le citant le vocabulaire employé par ces messieurs, à coup sûr on choquerait le lecteur. Les mots dits accumulés passent mieux les écrits entassés!

On retrouve dans «Californication» la verve assez inventive de «Dream on». La série fait aussi penser, en moins bien, à «Sex and the city» qui séduisait par ses quatre copines incandescentes. «California»? A coup sûr: bon! Excellent? L’avenir le dira!

FYLY