Posts Tagged ‘“Dans mon cinéma”’

Telle est la télé l’été (2)

Vendredi, août 6th, 2010

Sur 75 minutes, soixante pour le consommateur!

Pub, météo régionale, pub, au troisième top il sera 19 :00 :00, « Couleurs l’été », pub, promo TV, sponsoring puis re-météo, pub, « Tous EGO en vacances » ( hélas, vraiment d’une robuste platitude), promo radio, pub, sponsoring tv, promo au troisième top il sera exactement 19 :30 :00, et le monde va se déformer génériquement durant trente minutes, promo, pub, re-re-météo, pub et ouf, « Temps présent » ou autre émission de créativité TSR. Il était temps!
Sur septante-cinq minutes, en voici quarante-cinq (le 60 %) en émissions diverses et trente en pub et promos (le 40 %). Le consommateur est bien servi, y compris par le «19 :30» aux sujets multiples certes moins nombreux donc moins courts qu’il y a quelques années. Mais un sujet de moins de deux minutes, ce n’est pas tellement plus qu’une photo légendée de mille signes par une amorce de développement sans signature. C’est pareil ailleurs et pire chez les commerciales généralistes étrangères.

Réjouissante « Couleurs d’été »

Dans cet espace avec cible modeste, on doit se réjouir de la qualité de ces « Couleurs d’été ». En un peu plus d’un quart d’heure, on aborde sous plusieurs angles un sujet qui finit, presque chaque fois, par nous apprendre quelque chose sur une région, une localité, une institution. La couleur estivale dès lors se pare de vertus moins pâles que les locales habituelles.

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Au milieu, un arbre comme appui.

A gauche, Raphaèle Tschoumy. A droite, Tania Chytil

Charmantes et souriantes

Les deux présentatrices, Raphaèle Tschoumy et Tania Chytil alternativement, sont femmes charmantes, élégantes, au verbe aisé, insistantes si nécessaire ( la chimie à Monthey n’est pas que beauté environnementale ). Ces deux sourires prêt à virer au rire ne sont pas seulement de circonstance. Ils sont indispensables pour assurer l’unité de cette forme d’émission, passant de très brèves informations introductives à plusieurs entretiens prolongés par des documents préparés à l’avance, y compris après recherche dans les archives. En un quart d’heure avec une demi-douzaine d’angles d’approches liés les uns aux autres, on finit par apprendre au moins un petit quelque chose presque chaque fois.

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Presque chaque fois un ce petit quelque chose

Le parc naturel est du Chasseral est le plus grand de Suisse. Le zoo du bois du petit Château à la Chaux-de-Fonds est gratuit. Crans-Montana va se développer sans les « pipeules » d’hier. La vie culturelle de Monthey n’est pas étouffée par l’environnement chimique. Il paraît que les genevois savent enfin, depuis l’Expo 02, oû se trouve Yverdon. Après sa retraite de sportif de niveau mondial, Didier Cuche ne reprendra pas son ancien métier ( il faut oser poser aussi de très mauvaises questions). Pourquoi diable associer à une petite ville une minorité de jeunes qui s’ennuient en traînant aux alentours de la gare? Une invitée peut profiter de l’occasion pour protester contre ce genre de reportage, dans la ville même d’où viennent sept ados qui font un tabac dans les quatre films de « Romans d’ados” sans pour autant affirmer que tout est et était pour le mieux dans le meilleur des mondes !

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Devinez qui est-il !

Le pouvoir des régions vers la direction centrale de Genève

A quoi d’autre peut-on attribuer la réussite de cette version estivale de « Couleurs locales » ? L’accumulation d’informations se situe dans les programmes des chaînes cantonales ou régionales désormais mieux financés. On peut lire au générique que la direction de l’opération est entre les mains de la rédaction centrale de l’information à Genève. Les bureaux cantonaux sont certes mentionnés comme partenaires. Ce sont eux qui fournissent les sujets insérés dans la rencontre en direct. Les présentatrices sont vraiment importantes pour cette réussite. On assiste ainsi à la confirmation d’un déplacement du pouvoir des régions vers la rédaction centrale qui les prend à leur service. Tendance il y a, peut-être, aussi, vers une sorte de centralisme rhodano-lémanique qui tient aux personnes au détriment de Fribourg et de l’arc jurassien dès le Nord vaudois.

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C’est la semaine des compliments : une excellente reprise d’une toute autant

excellente mini-série, “Dans mon cinéma” - Nathalie Baye et Dominique Warluzel

Tendance à la centralisation

Dans l’organisation structurelle de la SSR-SRG, les régions possédaient hier un certain pouvoir placé dans les mains de conseils d’administration. En profitant d’une révision statutaire, une partie de ce pouvoir a été dirigé vers Berne. Une compensation fut accordée aux régions sous forme du droit de proposer des idées générales sur les programmes, plus enrichir le petit sucre qui permettait de parler longtemps après leur apparition des émissions passées à l’antenne. Voici qui va permettre à ces .c…. des SRT de se mêler de ce qui ne les regarde pas, comme parfois on le signifiait amicalement dans les coulisses de la TSR ( de la radio, peut-être aussi, mais faute de fréquenter ces couloirs, je n’affirme rien !).

Les fusions régionales en Suisse romande et alémanique placent ou replacent deux médias et les nouveaux sous une même direction. C’est aussi une tendance centralisatrice pas forcément néfaste. Les bureaux cantonaux de la TSR perdent leur pouvoir de décision :le choix des sujets ne dépendent plus d’eux. Ils travaillent à la commande. Certes, les télévisions locales sont à l’œuvre avec désormais plus d’efficacité qu’auparavant. Mais sait-on mieux à Genève qu’à Délémont, Fribourg ou Neuchâtel ce qui compte les jurassiens de deux bords, les fribourgeois de deux langues et les neuchâtelois du lac et des montagnes ? Ce n’est d’ailleurs pas incompatible avec ce qui intéresse les romands.

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Abstrait, le logo de “Nouvo”, le bébé de Rappaz,

Le beau bébé de Rappaz

« Nouvo », c’est le beau bébé de Rappaz. Le père des bureaux cantonaux n’est plus là pour les couver. Dans les TJ, l’apport de « Nouvo » est plus fréquemment cité que celui de ces bureaux. Dans les « TJ, on fait parfois mention de renvois vers des développements sur internet et bientôt vers les portables si mignons. A-t-on souvent permis aux bureaux cantonaux de s’installer sur les différents sites ?

Le centralisme triomphe. Ce n’est pas forcément un mal. C’est même parfois bien. Surtout s’il conduit à confectionner “Couleurs d’été” !

«Dans mon cinéma» et «Cinémas»: mentions «bien»!

Vendredi, janvier 22nd, 2010

Aussitôt vus, certains films sont oubliés. D’autres s’imposent dès la première vision: ils ne bougeront pas. Les plus excitants sont ceux qui vont, dans bien des mémoires, subir des changements, monter en puissance.

Cinémas de Serge Moati

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Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg - les personnages du passé
des années soixante/septante

Ainsi en va-t-il de ce «Gainsbourg (vie héroïque)» de Joann Sfar avec cette volonté non pas d’imiter ni de caricaturer les vrais personnages, mais bien de les incarner. Succès mérité, largement, pour le presque inconnu Eric Elmosnino en Gainsbourg «tête de chou» accompagné de «La gueule» au long nez et aux oreilles décollées. Peine à croire, d’abord, qu’il soit possible d’incarner Brigitte Bardot. Tombé, samedi dernier ( 17 janvier) dans le «Cinémas» de Serge Moati (France 5) qui, après un vibrant hommage rendu à Eric Rohmer, reçoit Laetitia Casta. L’invitée explique son travail de conquête du personnage, du reste encouragée à le faire par BB elle-même. Avec ce qu’elle dit et des extraits à l’appui, la réserve s’efface. Leatitia/Bardot, cela se tient sensuellement très bien.

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Laeticia Casta et Eric Elmosnino, les acteurs
dans “Gainsbourg (vie héroïque)”

En apprendre plus sur la démarche créatrice d’un film est chose précieuse, à laquelle une émission comme «Cinémas» contribue largement par sa structure même. Une information permet de prendre acte de l’imagination du réalisateur et de la dignité de sa démarche. Dans un premier temps, Charlotte Gainsbourg a été sollicitée pour interpréter le rôle de son propre père. L’idée était belle, mais l’actrice s’est sentie finalement mal à l’aise. La solution Elmosnino fut alors découverte. «Gainsbourg ( vie héroïque)» est aussi séduisant par ce qu’il est que par ce qu’il aurait pu être: un grand film que France 5 a su mettre en évidence.

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Il serait intéressant de revoir des images de “Et dieu créa la femme”.
Une telle image aurait très pu être tirée du film de Roger Vadim

Voici ainsi trois preuves par l’image qu’il s’agit ni d’une imitation,
ni d’une caricature, mais de réincarnations sans mystique réussies

Un trio pour «Dans mon cinéma»

L’émission de Moati, «Cinémas», s’affirme comme une des meilleures en francophonie depuis longtemps. Il y avait en Suisse romande, un «Spécial-Cinéma» tenu par Defaye, inégal, parfois exaspérant, mais resté sans véritable successeur depuis plus de quinze ans. Une récente exception prometteuse est enfin apparue: la mini-série «Dans mon cinéma» présentée par l’avocat genevois, Dominique Warluzel, produite par B.B (Béatrice Barton) et réalisée par Raymond Vouillamoz, de retour à la réalisation.

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Photo de famille de la dernière de “Spécial-Cinéma” (1993)

Un dispositif simple

La simplicité du dispositif a été mise ainsi au service du dialogue et a donné du poids aux extraits, les raisons des choix fort bien expliquées. Une salle avec des sièges rouges, le présentateur sur un siège, face à l’invité(e) avec d’efficaces champs et contre-champs. L’amorce du passage d’un extrait sur l’écran, le film qui défile, rarement un plan de coupe de celle ou celui qui se regarde, parfois ému, puis le retour à l’entretien sur les visages, avec la force rare qui consiste à laisser glisser des silences. Alain Delon, Claudia Cardinale, Christophe Lambert, Mireille Darc, Nathalie Baye auront ainsi été montrés sous un angle bien différent de l’approche «people» traditionnelle. Du très beau travail, un bel hommage rendu à quelques grands acteurs français qui connaissent bien le cinéma de la deuxième moitié du 20ème. La TSR vient de se faire brillante, pour hélas une mini-série seulement. La récidive serait la bienvenue, pourquoi pas avec des réalisateurs comme Chabrol, Resnais, Rivette et quelques autres. Avec Rohmer et bien sûr Truffaut, c’est trop tard!

Trop tard aussi pour la programmation.

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Dominique Warluzel et Robert Hossein feront, “Dans mon cinéma”,
“leur” cinéma, le mercredi 22 février 2010 à 22:55 ( 6ème et dernier épisode de la remarquable mini-série Warluzel-Barton-Vouillamoz
pour la TSR)

Une surprise tout de même: pourquoi une si tardive programmation, aux environs de 23h00, en fermeture de premier rideau ou en ouverture de second, là où l’on y trouve des émissions «pointues» plutôt réservée à un public minoritaire? Incompréhensible! Et pourquoi pas une reprise à une meilleure heure ou un renvoi sur internet. Mais alors se pose un autre problème: celui d’une meilleure information sur les visions personnelles que l’on peut faire. Pas toujours facile de trouver la bonne niche.

Et bien, nous en resterons maintenant sur le petit écran romand au promotionnel «Cinhebdo» des lundis soirs avec les bandes de lancement aimablement fournies par les distributeurs et de bien courtes phrases en langue souvent de bois. Les BdL sont aussi présentes dans «Cinémas», en une brève rubrique! La réponse à un vœu du «Conseil du public» de la RTSR se fera encore attendre longtemps; probablement!