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Après Locarno, 63ème du nom…

Samedi, août 21st, 2010

Dans la presse écrite, à la radio, sur le petit écran et autres déclinaisons, les festivals de cinéma les plus commentés pour les romands pourraient bien être Cannes devant Locarno (ou Locarno devant Cannes) suivis par «Visions du réel». Mais que reste-t-il, ensuite, de nos lectures, écoutes et visions comparées?

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Le cinéaste chinois li Hongqi tient son Léopard d’Or pour son films “Vacances d’hiver”. Mais le verra-t-on un jour dans les salles du pays ou au moin sur les petits écrans de chaque région de la SSR-SRG ? Hélas, si les annéees se suivent et se ressemblent, il y aura seulement cette image.

Effet assurément très positif de la désormais célèbre convergence entrée en vigueur : sur le site de la RTS (la nouvelle unité), Locarno apparaît aussi bien à la radio que sur les petits écrans, avec accès à des documents presque immédiatement mis à disposition. Il est vrai que l’actu n’a que faire de telles manifestations. Ce qui en est écrit, dit ou vu devrait rester accessible en permanence. Dans cet archivage immédiat, une information partout ou presque est donnée s’il s’agit de télévision: la durée du document. La même information n’est pas toujours fournie pour les documents parlés : on peut commencer une écoute sans avoir combien de temps il faudra y consacrer. Maladresse de novice qui ne sait pas comment écouter une partie seulement d’un document?

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Il a de l’allure, le félin qui sert de symbole au Festival de Locarno parti à la recherche des 290 films de son édition 2010 ( contre 400 un an auparavant), 148 mille sièges occupés ( contre 157 mille en 2009)

Les vedettes, ce devraient être les films. Deux mille films au moins sont proposés aux différentes sections de Cannes chaque année. C’est simple, il suffit d’un timbre sur une enveloppe même pas cartonnée contenant un DVD pour se faire connaître! Hier, il fallait expédier de coûteux et lourds colis de pellicule 35 mm, ce qui freinait la mondialisation des propositions. Ne restent alors qu’une ou deux centaines de films proposés aux festivaliers lors des fréquents dix jours d’un grand festival, même du plus petit des grands, comme Locarno. Il y en a vingt dans la «manif» la plus prestigieuse, la compétition avec une demi-douzaine d’objets en or ou autre décernés par moins de dix élus. Si on finit par voir arriver sur nos écrans presque tous les primés de Cannes, ceux de Locarno restent souvent en rade, hier comme aujourd’hui; Maire ou Père, c’est la même chose.

Un festival devient une sorte d’exposition où les visites d’invités, les polémiques, les rétrospectives, les hommages, les comparaisonentre nouveau et ancien directeurs forment la substantifique moëlle. Le précieux dossier personnel fait de coupures de presse restera disponible mieux que les mots et visions éphémères sortis du micro et des écrans. Vive le papier!

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Le bientôt ex-chef de la section du cinéma, Nicolas Bideau, rêvait d’un Locarno glamour . On aura fait un peu de glamour avec la “mascotte* du festival en deux de ses déclinaisons, en 2009 déjà.  A Locarno, les vedettes devaient être les films…

Après “Le jeu de la mort”: mais y a-t-il un “après”?

Lundi, août 16th, 2010


En mars 2010 sur France 2 et TSR

En mars 2010, nous avions consacré deux textes à une émission expérimentale, «Le jeu de la mort» ( 19.03.10) puis «Le jeu de la mort: et après?» (26.03.10). Christophe Nick en était l’auteur, entouré de quelques éminents universitaires. Le réalisateur s’est ensuite posé quelques questions sur son travail, évoquant même l’éventualité d’un montage différent. La position des responsables du «spectacle» était claire, celle de certains animateurs aussi : ils conduisaient une expérience.

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Parfaite “complice” de l’expérience, l’animatrice en rajoute avec insistante (Photo RTS - Crédit France 2 - Russel Christophe)

Les candidats qui s’étaient annoncés pour participer à un jeu ne savaient pas qu’ils entraient dans une mise en scène pour étudier leur comportement qui conduisit certains d’entre-eux à envoyer à un cobaye des décharges électriques de plus en plus fortes. Apparaissait aussi un public qui semble bien avoir été confié à un «chauffeur de salle». Le comportement des candidats a été largement commenté, certains lucidement étonnés par leur propre entrée dans un jeu sordide. Mais on n’a rien su, alors, du rôle du public. Et aujourd’hui encore on n’en sait toujours rien.

JEU DE LA MORT

Du comportement du public, rien n’a été dit lors de la présentation de l’émission: complice ou à sa manière aussi victime? Le voici aux ordres de son “manipulateur”

L’obéissance aveugle

Le vrai sujet de l’expérience conduisait à une réflexion sur l’obéissance pouvant conduire à «torturer» jusqu’à la mort peut-être une victime enfermée dans un bulle. Sa transposition en un jeu télévisé montra combien l’intervention même de la télévision pouvoir favoriser cette obéissance aveugle. Certains des programmateurs du jeu, tant sur France 2 que sur la TSR, soulignèrent à juste titre le «courage» de leur média osant dénoncer sa propre responsabilité. Certes, l’émission ne fit pas une audience de finale de coupe du monde de football: il est vrai que les parts de marché ne flirtent pas avec les sommets quand une émission fait réfléchir et dérange.

JEU DE LA MORT

La mise en garde, “choc dangereux” ou “attention”,
a-t-elle servi à quelque chose?

Un soufflé rapidement retombé

Mais tout de même, il y avait de quoi être inquiété par ce pouvoir exercé par la télévision à travers l’organisation d’un jeu. D’où le point d’interrogation d’un de nos titres: «et après?». Mais voilà: le soufflé retombé, pas grand chose. On remue quelques idées, on fait part de son indignation, on se pose quelques questions : tout cela en trois petits tours et puis s’en vont vers d’autres sujets!

Une réponse ludique d’éducation au média

Une mise en garde contre l’excès du «Jeu de la mort» a parfois été formulée: il faudrait que le téléspectateur soit mieux formé face à la puissance du média. Autrement dit, le consommateur d’un jeu devrait devenir un citoyen conscient des limites de ce jeu même. La TSR, fière de son «courage» de diffuseur, aurait pu prolonger l’effet «Jeu de la mort» en signalant qu’elle faisait depuis peu un effort d’éducation au média, à travers une contribution modeste à la formation d’un esprit critique qui n’exclut pas le plaisir: «Pop Corn», son émission mensuelle déclinée chaque dimanche en trois modules courts et un plus long.
Vous connaissez «Pop corn»? Vous avez déjà pris garde à sa valeur pédagogique? Encore faudrait-il que le TSR fasse mieux connaître une émission qui s’inscrit dans le sillage des efforts de «La lanterne magique».

JEU DE LA MORT

Envoyez décharge!

Et après ? La télé-réalité des jeux se porte bien
Donc, «Et après?» Jusqu’ici, vraiment pas grand chose. A moins que ne surgissent d’un prochain débat du «Conseil du public» de la RTSR trentenaire des propositions pour apprendre au consommateur à se comporter en citoyen qui ose désobéir à la multiplication d’offres insidieusement dangereuses par exemple sous la forme de jeux regroupés parfois sous l’expression de «télé-réalité». Oui, mais de nombreux consommateurs passifs apportent une bien meilleure part de marché que des citoyens lucides dons désobéissants.

«Dans mon cinéma» et «Cinémas»: mentions «bien»!

Vendredi, janvier 22nd, 2010

Aussitôt vus, certains films sont oubliés. D’autres s’imposent dès la première vision: ils ne bougeront pas. Les plus excitants sont ceux qui vont, dans bien des mémoires, subir des changements, monter en puissance.

Cinémas de Serge Moati

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Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg - les personnages du passé
des années soixante/septante

Ainsi en va-t-il de ce «Gainsbourg (vie héroïque)» de Joann Sfar avec cette volonté non pas d’imiter ni de caricaturer les vrais personnages, mais bien de les incarner. Succès mérité, largement, pour le presque inconnu Eric Elmosnino en Gainsbourg «tête de chou» accompagné de «La gueule» au long nez et aux oreilles décollées. Peine à croire, d’abord, qu’il soit possible d’incarner Brigitte Bardot. Tombé, samedi dernier ( 17 janvier) dans le «Cinémas» de Serge Moati (France 5) qui, après un vibrant hommage rendu à Eric Rohmer, reçoit Laetitia Casta. L’invitée explique son travail de conquête du personnage, du reste encouragée à le faire par BB elle-même. Avec ce qu’elle dit et des extraits à l’appui, la réserve s’efface. Leatitia/Bardot, cela se tient sensuellement très bien.

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Laeticia Casta et Eric Elmosnino, les acteurs
dans “Gainsbourg (vie héroïque)”

En apprendre plus sur la démarche créatrice d’un film est chose précieuse, à laquelle une émission comme «Cinémas» contribue largement par sa structure même. Une information permet de prendre acte de l’imagination du réalisateur et de la dignité de sa démarche. Dans un premier temps, Charlotte Gainsbourg a été sollicitée pour interpréter le rôle de son propre père. L’idée était belle, mais l’actrice s’est sentie finalement mal à l’aise. La solution Elmosnino fut alors découverte. «Gainsbourg ( vie héroïque)» est aussi séduisant par ce qu’il est que par ce qu’il aurait pu être: un grand film que France 5 a su mettre en évidence.

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Il serait intéressant de revoir des images de “Et dieu créa la femme”.
Une telle image aurait très pu être tirée du film de Roger Vadim

Voici ainsi trois preuves par l’image qu’il s’agit ni d’une imitation,
ni d’une caricature, mais de réincarnations sans mystique réussies

Un trio pour «Dans mon cinéma»

L’émission de Moati, «Cinémas», s’affirme comme une des meilleures en francophonie depuis longtemps. Il y avait en Suisse romande, un «Spécial-Cinéma» tenu par Defaye, inégal, parfois exaspérant, mais resté sans véritable successeur depuis plus de quinze ans. Une récente exception prometteuse est enfin apparue: la mini-série «Dans mon cinéma» présentée par l’avocat genevois, Dominique Warluzel, produite par B.B (Béatrice Barton) et réalisée par Raymond Vouillamoz, de retour à la réalisation.

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Photo de famille de la dernière de “Spécial-Cinéma” (1993)

Un dispositif simple

La simplicité du dispositif a été mise ainsi au service du dialogue et a donné du poids aux extraits, les raisons des choix fort bien expliquées. Une salle avec des sièges rouges, le présentateur sur un siège, face à l’invité(e) avec d’efficaces champs et contre-champs. L’amorce du passage d’un extrait sur l’écran, le film qui défile, rarement un plan de coupe de celle ou celui qui se regarde, parfois ému, puis le retour à l’entretien sur les visages, avec la force rare qui consiste à laisser glisser des silences. Alain Delon, Claudia Cardinale, Christophe Lambert, Mireille Darc, Nathalie Baye auront ainsi été montrés sous un angle bien différent de l’approche «people» traditionnelle. Du très beau travail, un bel hommage rendu à quelques grands acteurs français qui connaissent bien le cinéma de la deuxième moitié du 20ème. La TSR vient de se faire brillante, pour hélas une mini-série seulement. La récidive serait la bienvenue, pourquoi pas avec des réalisateurs comme Chabrol, Resnais, Rivette et quelques autres. Avec Rohmer et bien sûr Truffaut, c’est trop tard!

Trop tard aussi pour la programmation.

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Dominique Warluzel et Robert Hossein feront, “Dans mon cinéma”,
“leur” cinéma, le mercredi 22 février 2010 à 22:55 ( 6ème et dernier épisode de la remarquable mini-série Warluzel-Barton-Vouillamoz
pour la TSR)

Une surprise tout de même: pourquoi une si tardive programmation, aux environs de 23h00, en fermeture de premier rideau ou en ouverture de second, là où l’on y trouve des émissions «pointues» plutôt réservée à un public minoritaire? Incompréhensible! Et pourquoi pas une reprise à une meilleure heure ou un renvoi sur internet. Mais alors se pose un autre problème: celui d’une meilleure information sur les visions personnelles que l’on peut faire. Pas toujours facile de trouver la bonne niche.

Et bien, nous en resterons maintenant sur le petit écran romand au promotionnel «Cinhebdo» des lundis soirs avec les bandes de lancement aimablement fournies par les distributeurs et de bien courtes phrases en langue souvent de bois. Les BdL sont aussi présentes dans «Cinémas», en une brève rubrique! La réponse à un vœu du «Conseil du public» de la RTSR se fera encore attendre longtemps; probablement!

Champions du monde!

Vendredi, décembre 4th, 2009

Cela se passe dans un petit pays d’Europe alpestro-centrale. Une bonne vingtaine de jeunes de moins de dix-huit ans s’en sont allés quérir le premier titre de champion du monde attribué à ce pays dans un tournoi d’un jeu nommé balle-au-pied. Les deux-tiers de ces jeunes et brillants joueurs sont des «segundos». Et parmi eux, la moitié environ sont des enfants de parents de pays musulmans.

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Deux vrais minarets d’une mosquée de Damas: autant que la moitié de ceux érigés en Suisse! Comme si les minarets étaient seuls en cause… ( photo TSR)

Minaret/Burqa: même combat ?!?!?!

Et quelle fierté alors, dans les médias du petit pays, pour souligner son sens de l’accueil de l’autre, de l’assimilation, de l’intégration. Aurait-on proposé aux autochtones de se prononcer par un vote sur cette réussite que la majorité eut été belle. Mais voilà qu’un symbole qui touche une partie de ces segundos se voit rejeté à 57 % contre 43 % en un vote «historique». Par les mêmes qui s’extasiaient sur la générosité de leur accueil quelques jours auparavant? A une question posée dans un journal, six cents lecteurs répondent dont cinq cents sont partisans, dans la foulée, de l’interdiction du port de la burqa: minaret/burqa, même combat?

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Le Valaisan des minarets

Il y a ceux qui, rapides comme l’éclair, dégainent pour comprendre ce qui vient de se passer? Une reine du petit écran, Esther Mamarbachi, organise immédiatement un débat contradictoire («Infrarouge», mardi 01.12.09). Parmi ses invités, pour faire sortir d’un inadmissible anonymat un des adversaires des minarets, un politicien valaisan veut faire à Dany C. le coup tenté par Marine LePen contre Frédéric Mitterand. A peine un autre invité ose-t-il souhaiter qu’un nouveau vote puisse être organisé sur le même sujet que le politicien se compose un air profondément indigné: on ne doit pas aller contre la volonté du peuple. Et vive la démocratie! Il faut attendre un bon moment pour entendre quelqu’un rappeler que l’AVS n’existerait pas, que les femmes ne voteraient pas, que le pays n’appartiendrait pas à l’ONU si un nouveau vote n’avait modifié un ou des anciens. Et la même semaine, dans un deuxième vote, le peuple confirmait sa satisfaction de savoir la vente d’armes toujours autorisée vers bon nombre de pays étrangers avec cinq mille places de travail en jeu!

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Le valaisan de la burqa

Un compatriote de M.Freysinger, d’un autre bord, certes, s’est mis lui aussi en croisade. Le président du PDC, Christophe Darbellay, pense qu’il serait bon de profiter de l’occasion pour interdire le port de la burqa, mettant en cause aussi le droit à avoir un cimetière conforme à sa religion. Regrettable dérapage, en partie corrigé. Mais cela ne s’est pas passé à “Infrarouge”

Vraiment sain, intéressant, justifié, ce besoin d’aller si vite pour faire semblant de comprendre le résultat inattendu d’un vote? Il est vrai qu’on veut aussi être champion du monde dans ces spectacles contre la montre. Il y avait mieux à faire.