«Le jeu de la mort»

Avertissement : voir plus bas sous “Quarante ou cent mille euros ?” un complément du lundi 22.03.2010 vers 22h00
La polémique nourrit son audimate. C’est reparti pour un ou plusieurs tours avec «Le jeu de la mort», un film écrit et produit par Christophe Nick. D’intéressants problèmes y sont soulevés, qui demandent pourtant une réflexion étendue dans le temps, pas forcément enrichie par des réactions à chaud.

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Dessin de Plantu paru dans « Le Monde» du 18 mars 2009

Offres de la TSR et de France 2

Voici d’abord une énumération des offres récentes: 12 mars 2010, «Médialogues» (RSR1) ouvre les feux avec des invités. 14 mars, passage de l’émission sur RSR2, un peu à la sauvette, avant France 2, pour bénéficier de la priorité. 15 mars, «Médialogues» revient sur la projection. 16 mars, «Infrarouge» réagit avec sa rapidité habituelle, ce qui n’est pas forcément une qualité. 17 mars, au tour de «France 2» de présenter le document suivi d’un plateau dirigé par Christophe Hondelatte. 18 mars: complément avec «Le temps de cerveau disponible» (France 2).

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L’animatrice “pousse-au-crime”

Un jeu truqué de «Télé-réalité»

«Le jeu de la mort» transpose une observation scientifique américaine des années soixante qui permettait de montrer qu’un homme ou une femme peut aller jusqu’à mettre à mort un «adversaire», expérience individuelle répétée avec d’autres «volontaires». Christophe Nick a transposé cette expérience un inventant un jeu dans l’esprit de la télé-réalité montrant que presque tout le monde peut aller jusqu’à envoyer une décharge électrique de 460 volts à une personne attachée à une chaise. Une telle décharge peut être mortelle. Bien entendu, tout cela est truqué. Le document permet de se poser des questions sur des dérapages de la télévision, certes, mais tout autant sur les mécanismes de l’obéissance de personnes mises dans un contexte oppressant

Le sens de l’auto-critique

Une première remarque: en France surtout, l’émission a été précédée de nombreuses informations. France 2 a assuré la promotion du document en soulignant le «courage» qu’il y a de mettre en garde contre ses propres dérapages. Il est pourtant normal qu’une chaîne de service public contribue à former l’esprit critique de son public. Résultat : 13% de part de marché, c’est peu. Mais trois millions de téléspectateurs, c’est beaucoup.

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Le dispositif image et son

Deux débats
Le direct différé

Sur France 2, un incident a opposé l’animateur du débat à l’un de ses invités, le directeur d’une revue, Alexandre Lacroix. Celui-ci a quitté le plateau; chassé ou de son propre gré? L’incident a été coupé, provoquant aussi la polémique. Le téléspectateur n’en a rien vu!

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Les manettes pour le transfert de l’électricité
à voltage qui augmente

Quarante ou cent mille euros

A l’évidence, l’expérience est intéressante. Mais concerne-t-elle vraiment en priorité la télévision plutôt qu’une approche générale de la notion d’ « obéissance » à des forces extérieures ? On a beaucoup alors évoqué les crimes du nazisme dans les camps, où la désobéissance conduisait presque inéluctablement  à la mort ! Comparaison difficile !

Repéré dans le document lui-même une étrange contradiction. Les « cobayes » croyaient donc assister à un test en vue d’un jeu télévisé. Pour ce qui était ainsi considéré comme un travail, ils reçurent un modeste dédommagement de quarante euros. Mais le document est tout de même construit comme si le jeu se déroulait sous les yeux de la foule ébahie du téléspectateur moyen, qui a le droit de juger le comportement spectaculaire du public lui aussi sélectionné – un groupe par candidat ? Que savait ce public de l’expérience ? Il semble bien que ce ne soit pas la même chose que le  cobaye ! En effet, il est, lui, placé sous une autre influence, celle d’un chauffeur de salle, qui pousse presque grand-maman dans les orties en lui faisant scander des slogans artificiellement rythmés. Il est alors question d’argent, d’un million, neuf cent mille pour celui qui répond avec exactitude aux questions dans son bunker et cent mille réservés à son partenaire questionneur. Alors, enjeu financier ou non ?

Peut-être suis-je un âne qui n’aurait pas très bien compris les précieuses informations données en voix.-off. Mais le public chauffé à bloc croit-il à ses propres cris ou est-il complice de son chauffeur de salle alors que le « cobaye » pense assister à  un pilote, comme si le côté expérimental permettait d’enlever le caractère dangereux de la décharge électrique ?

Cette mise en scène d’un public qui forme un troupeau de moutons bêlant sous les ordres d’un autoritaire chauffeur de salle est  aussi tricherie, fréquente du reste en télévision. Ce n’est pas tellement éloigné du mensonge dégagé par des rires ajoutés artificiellement sur la bande sonore d’une émission qui devrait faire rire, public absent. Un peu étrange aussi, le peu d’attention accordé à ce public manipulé qui contribue à enfoncer le candidat questionneur dans son absence de discernement.

Le temps de cerveau disponible

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La victime dans son loft

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