Promo du cinéma… à la télé

Pour faire sa promo, le cinéma qui reste efficace, dispose de multiples festivals, de manifestations à lui dédiées. Des «académies» décernent en France des «Césars», aux USA des «Oscars», etc. Même la modeste petite Helvétie cinématographique s’y est mise avec des «quartz» froids décernés récemment à Lucerne.

Les cérémonies

Qu’on les suive en direct ou différé, qu’on en lise des reflets dans la presse, un mot revient souvent à propos de ces manifestations: «ennuyeux». Les Américains atteignent sur le petit écran des foules grâce à leurs vedettes. Les Français espèrent en faire autant avec les duos d’animateurs qui se croient dans un cabaret intime. Les Suisses ont tout à apprendre; ils apprennent lentement.

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Coeur animal de Séverine Cornemusaz - meilleur film et prix d’interprétation masculine

Le palmarès romand sans direct

Deux composantes à l’occasion des deux récentes distributions de «quartz» à Lucerne en 2009 et 2010, la remise des prix et une nuit télévisée du cinéma.

La convergence est difficile entre nos trois canaux nationaux principaux, en italien, allemand et français. Vous vouliez tout du même du direct? Alors servez.-vous en pitonnant sur Zürich ou Lugano, car Genève évite l’ennui en renonçant au direct pour une introduction à un film et quelques mots à échanger avec de rares lauréats. La rencontre avec les personnages du film de premier rideau, «Marcello, Marcello» de Denis Rabaglia permet presque en même temps saisir en français, en allemand et en italien, vertueusement doublés les mêmes dialogues sans sous-titres. Un conseiller fédéral en smoking et nœud pap, dont la présentatrice ne sait pas encore le nom, se fait entendre dans sa langue maternelle traduite en allemand. Et le nouveau directeur de la cinémathèque est traduit en italien sans que l’on puisse suivre ce qu’il dit en français. La tour de Babel, c’était quoi, autrefois? C’est l’Idée suisse de la SSR-SRG!

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Complices de Frédéric Mermoud - meilleur scénario

La nuit du cinéma suisse.

Programme de nuit prudent pour la fiction sur la TSR, avec «A bout de souffle» (1959) qui n’a de suisse que l’origine de son réalisateur Jean-Luc Godard qui habite Rolle loin de Lucerne et «Si le soleil ne revenait pas» de Claude Goretta (1987 ). Cette prudence contraste avec le culot dans la programmation de la documentation récente.

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La nuit du cinéma suisse avec un film français, “A bout de souffle”
d’un certain Jean-Luc Godard d’origine suisse, habitant à Rolle
loin de Lucerne. Belmondo inspecte le porte-monnaie de sa
petite amie d’un soir.

Mise en scène d’un gag d’un goût douteux!

Sur scène, Jean-Luc Bideau a répondu présent pour rendre hommage à Claude Goretta, ovationné durant de longues demi-minutes par la foule des «tenues–de–soirée–souhaitée» debout. Mais Claude Goretta utilise, suite à un accident, une chaise roulante. Voilà que s’élève un chant, soutenu par l’orchestre de service – pas mal dans le principe, ces intermèdes musicaux, presque plus supportables que l’humour des animateurs des Césars. Même en français, on peine à comprendre les paroles. Or, après lecture de quelques-unes des paroles chantées, il apparaît que celles-ci sont d’une grande tristesse dans l’évocation de la mort prochaine. Et pendant ce temps, pour quitter le scène, Jean-Luc Bideau pousse un Claude Goretta au bizarre regard dans sa provisoire chaise d’infirme. Ainsi salue-t-on le «nouveau» cinéma suisse des années soixante, à Lucerne, en 2010!

Et pour finir, bonnes surprises

Surprises il y eut, heureusement, grâce à des décisions inattendues des larges jurys d’Académies. Les Américains attendaient qu’ «Avatar» de Cameron fasse le plein. Il fut fait par un film indépendant d’une femme, la première à monter sur la haute marche du podium, Kathryn Bigelov, pour ses «Démineurs. La prochaine œuvre de la lauréate? Une série pour HBO. Pointue expérons-le.

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Six fois oscarisés, “Les démineurs” de Kathryn Bigelov, la première américaine sur la première marche du podium hollywoodien,
une sacrée bonne surprise, preuve de l’indépendance
des jurés d’une Académie.

En France, Jacques Audiard fait certes le plein attendu avec «Prophète», Resnais totalement oublié. Mais le prix d’interprétation féminine couronne Isabelle Adjani pour la cinquième fois… dans un excellent film produit et présenté en priorité sur ARTE, «La journée de la jupe». Le cinéma salue le courage inventif d’une chaîne de télévision à vocation culturelle.

Même la Suisse qui attendait «La disparition de Giulia», un bon film de Christoph Schaub trop cité par les parieurs s’offre «Cœur animal», un excellent film de Séverine Cornemusaz, doublement «quartzisé». C’est le meilleur film suisse de fiction de ces douze derniers mois, sans argent de Berne!

Bonnes surprises que ces surprises!

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