Gare «RTS»: quelques minutes d’arrêt!
Vendredi, novembre 27th, 2009- Télévision et radio, à Zürich, ont déjà semé leur appellation «alémanique». La RSR à Lausanne perd son «SR» et la TSR à Genève son «R». La Suisse Romande converge vers RTS, «Radio Télévision Suisse». Futile, cette remarque sur des abréviations? Pas forcément! Pour le moment, seul le vocabulaire fait un bond vers l’idée suisse. La vraie convergence reste à inventer.
On se retrouve en Suisse romande dans la situation des années 80: radio et télévision y étaient étroitement liées. A saluer tout de même un exploit helvétiquement rare: un important dossier bouclé en une année conformément aux prévisions pour lancer une idée et franchir la première étape de la définition des structures formelles et de postes à occuper. Quelques minutes d’arrêt et la «RTS» circulera sur trois voies de fer et six d’asphalte potentielles entre capitales lémaniques.
Interventions du «politique» et de la presse
Le «politique» vient de faire assez brutale apparition dans le processus il y a quelques jours seulement. L’annonce de la fusion provoque de multiples textes dans la presse écrite. On entend ces jours plus de sifflets réprobateurs que d’applaudissements élogieux. Etrange, cette large curiosité de presque dernière seconde! S’y intéresser depuis un an finissait par ressembler à une provocation dans une ambiance générale d’indifférence étouffante: expérience personnelle faite! Et si tout cela, mystérieusement, n’intéressait que quelques dizaines de politicien(ne)s, une cinquante de journalistes, quelques éditeurs et des ahuris marginaux? Avec la convergence/efficience, on ne va pas retomber dans l’utopie de la création dans les années 80 de l’organisation institutionnelle dont font partie les sociétés cantonales où beaucoup crurent pouvoir faire eux-mêmes les programmes en radio et télévision. Le soufflé est retombé définitivement!

On peut donner un bon exemple de travail pratique dans le domaine de la «Convergence», “Histoire vivante”.
A voir chaque semaine sur TSR2 le dimanche en début de soirée et en reprise le lundi vers 23h00.
A entendre sur RSR 1 tous les jours du lundi au vendredi à 15h00.
A lire le vendredi dans “La Liberté”.
Une image de «La citadelle humanitaire» de Frédéric Gonseth, téléfilm présenté durant la semaine qui débutait le dimanche 15 novembre 2009
Va-t-on seulement observer les professionnels se glisser dans de nouveaux habits durant le court arrêt en gare avant le départ en fanfare au début de 2010?
Le financement de SSR-Idée suisse reste un problème politique, tant au niveau de la redevance que du temps d’antenne accordé à la publicité. Les économies générées par la convergence/efficience ne contribueront que très indirectement aux programmes, puisqu’elles combleront un petit bout de trou.
Définition de la «convergence»
Celle donnée par le «Petit Robert» vaut-elle pour la convergence dans les programmes? La voici: Action d’aboutir au même résultat, de tendre vers un but commun. Tendre vers le même but, obtenir le même résultat, est-ce cela qui est vraiment recherché, ou qui le sera, en particulier dans le domaine de l’information ? Converger vers la même information, but commun ? Pas très bien choisi, ce mot unificateur de “convergence” pour maintenir des approches spécifiques à chaque média. Dans le domaine de l’information, le “politique” et le “journaliste” viennent d’insister ces derniers jours sur l’importance du maintien de la diversité. Il faudra faire un effort de synthèse entre cette diversité souhaitée et la “convergence” en cours. Mais ce n’est peut-être qu’une question de vocabulaire !!!
L’exemplaire exemple d’«Histoire vivante»
“Histoire vivante” ( cf légende de l’image de “La citadelle humanitaire”, ci-dessus) donne à lire, écouter et voir. C’est théoriquement un bon exemple de multimédia qui conjugue trois approches différentes. Le temps de vision est d’environ soixante minutes, celui de la lecture difficile à estimer. Par contre, en radio, ce sont près de cinq heures qui retiennent l’attention de l’auditeur. Sont-ils nombreux, dès lors, les téléspectateurs-lecteurs-auditeurs à disposer d’au moins six heures chaque semaine pour suivre cette triple approche ? Ce serait étonnant! Mais le principe d’une collaboration entre médias est à saluer.

Dimanche 20 décembre 2009 à 20:25 sur TSR2.
Jean-Charles Deniau évoque “Le temps des otages” , en particulier au Liban entre 1985 et 1988. Il rencontre Jean-Paul Kaufmann, journaliste et écrivain, qui fut prisonnier durant trois ans et ne s’en remit que lentement.
Dimanche 13 décembre 2009 à 20:30 sur TSR2
Denis Delestrac, réalisateur et co-scénariste, découvre derrière la “Pax Americana” mise en place par Ronald Reagan la guerre des étoiles qui devait mettre les USA à l’abri de toute attaque nucléaire. Un tel programme est-il encore en vigueur ? Un oeil au laser pour scruter l’espace.
Peut-on vraiment, en une heure d’images, de sons et de mots, sur une page de texte, en cinq heures de mots “converger” vers un même événement ? Il y a d’emblée une grande différence dans le temps d’approche. La lecture résume-t-elle ce que montre le film qui a son tour résumerait la parole ? Peut-être. Une approche plus compléte demanderait d’y consacrer beaucoup plus de temps qu’il n’en faut pour rédiger ces lignes. Le vu, lu, entendu offre un exemple de diversité plus que de convergence vers un même but. Il s’agit de créer des liens dans la diversité. Et de trouver d’autres formes de collaborations dans les années qui vont suivre la fusion.









