Archive pour octobre, 2009

Un nouveau décor pour le dimanche soir

Vendredi, octobre 30th, 2009

Bien avant le dimanche 25 octobre 2009, le nouveau décor annoncé aura fait parler de lui pour mettre l’eau à la bouche. Pensez donc: les trois baronnies de sports, du «19:30» et des magazines font ménage commun!

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Petit bout de décor no 1 avec un grand et modeste invité vedette. 
Dans l’esprit de certains concours, on dirait: si c’est Roger, tapez un, si c’est Rodgeur, tapez deux.

Bien, ce nouveau décor? Mieux que les anciens! Un balai neuf a pour mission de bien balayer. Plus fonctionnel, il devrait améliorer la mobilité et la décontraction, un peu comme dans le «19h45» de M6. Ma recherche d’une image d’ensemble du décor est restée vaine, peut-être par maladresse de navigation sur un site. Avec quatre parties de décors dans quatre images, l’imagination permet-elle de deviner l’ensemble? Par la même occasion, on observera les différences entre sourires, plus fémininement que masculinement éclatants. On se demandera ainsi si on ne joue pas avec la cravate du notaire genevois en coupant une image en quatre!

Sentiment d’étrangeté: rester planté devant son petit écran pendant deux heures et demi, c’est ressentir l’importance des plages publicitaires insérées entre 18h25 et 20h50. On s’en rend moins bien compte quand on a choisi de suivre une émission qui permet de ne pas se baigner, avant et après elle, dans les plages pub, où l’helvétique humour informatif ou promotionnel est plutôt rare.

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Grand bout de décor no 2, avec un lointain Jean-François Rossé posant pour la postérité visage fermé.

Souffle nouveau sur les sports

Aux sports: un souffle nouveau, avec l’apparition d’un sujet magazine, lors de la première soulignant l’importance du sport en milieu carcéral pour deux détenus à visage découvert. Annonce est répétée de l’invitation d’une célébrité dont on lâche le nom vendredi, suspens terminé: Roger Federer est à la fois l’invité des sports et de «Mise au point» dans une rencontre avancée. Il n’y aura pas chaque semaine un aussi agréable «people», lucide et franc que celui que l’on nomme Rodgeur et qui s’écrit Roger sans «d» ni «u»!

«19:30» dominical, un peu plus court pour faire démarrer «Mise au point» au vingt-zéro-zéro: la tendance à moins de sujets un peu mieux développés est confirmée tous les jours. Il ne manque plus qu’une salve quotidienne de très brèves, comme un titre de rappel ou une photo légendée. Un ou deux changements à «Mise au point»: les meilleurs sujets restent tout de même ceux qui se terminent sur le sentiment de leur intérêt naissant.

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Modeste bout de décor no 3: le sourire naissant d’Olivier Dominik pas encore très assuré.

Mise au point: de Kucholl à Troila

Dans l’ancienne formule, Vincent Kucholl détournait des images du téléjournal pour tenir un discours ironique ou impertinent, avec une saveur souvent acide. Trop pour subsister? Dommage. Le premier exemple de la rubrique de remplacement laisse vaguement songeur: est-ce vraiment une bonne idée que d’envoyer un comédien, Antonio Troila, en homme sandwich porteur de textes d’un chômeur français protestant à Genève contre la racaille d’Annemasse? Si on cherche à frôler l’émeute, alors OUI!

Les bons moments continuent de surgir de l’apport d’invités dans des dialogues sans langue de bois. Yvan Perrin, vice-président romand de l’UDC, n’a pas tellement apprécié le voyage en France de son conseiller national, frère en UDC, Dominique Baettig, qui réussit à aligner une bonne grosse bêtise à chacune de ses apparitions. Tout le monde ne peut pas égaler Freysinger dans l’exagération! Eprouvant le document sur les enfants dits illégitimes de prêtres, cachés par la hiérarchie religieuse qui ne «veut-pas-le-savoir». Où est Dieu, dans tout cela? Aux abonnés généreusement absents!

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Assez grand bout de décor no 4: Les larges sourires (un brin forcés?) de Laurence Gemperle et Corinne Portier.

Le pouvoir se niche-t-il de plus en plus haut?

Durant les temps de l’ouverture du premier rideau (entre 18:00 et 20:00), la TSR ose sortir des chemins battus, avec «Couleurs locales» (en semaine à 19h00) et ce dimanche soir avec trois baronnies reliées par un nouveau décor. Qui prend la décision finale avant diffusion, ce que l’on appelle «final cut» - le montage final – en cinéma? Faut-il monter haut dans la hiérarchie pour le dimanche à la formule intéressante? Les bureaux régionaux ont-ils encore le pouvoir de décision finale sur les sujets plus imposés que proposés? Se préparerait-on à quelque crise quand la convergence risque de déplacer les pouvoirs de décision?

Autour du racisme

Vendredi, octobre 23rd, 2009

Une chaîne généraliste, surtout de service public, se doit de temps à autre, d’organiser une soirée thématique sous plusieurs angles d’approche d’un même sujet. Un téléspectateur attentif peut en pitonnant en faire autant. Exemple avec deux formes de racisme !

Un village français

«Un village français», trois mardis de suite, à raison d’un duo d’épisodes chaque fois, (dernier, le 27.10.09 sur FR3) termine sa deuxième «saison». On y retrouve les qualités déjà reconnues ( Cf Archives du blog «Rétines» - 112.06.09 ). Le succès se confirme: après des moyennes proches de cinq millions de téléspectateurs lors de la première saison, la deuxième débute à plus de quatre millions, juste derrière «Les experts» de TF1 et devant «Desesperate Housewives» de M6, plus faciles à recevoir.

En 1941, la Résistance s’organise, celle des communistes alors en avance sur les gaullistes. La Collaboration fonctionne assez bien. Certains facilitent le passage de la ligne entre zones dites occupée et libre. L’occupant tend à devenir plus autoritaire, plus exigeant. La majorité se débrouille sans prendre parti: il faut bien survivre. On commence à coudre des étoiles jaunes sur des habits. Le marché noir devient florissant.

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Wagner, le scieur, se dispute avec un collègue qui s’éloigne de lui en l’accusant d’être juif: d’abord le soupçon, puis l’étoile jaune à la boutonnière avant le regroupement type Vel’d'Hiv qui précède la déportation ( France 3)
Et peut-être convient-il de rappeler que le “J” mis par les allamands
dans les passeports le fut à la demande des autorités suisses…

Sujet parmi d’autres: la montée de l’antisémitisme individuel et d’Etat. Un exemple: Schwarz, l’industriel qui accepte de fournir du bois aux Allemands, est soupçonné puis accusé d’être juif. Pour «prouver» le contraire, il accepte un examen fait par un médecin qui ressemble à un maquignon mesurant les dimensions de la dentition d’un animal. Simple et efficace dénonciation d’un racisme qui s’exprime par l’humiliation, contre laquelle Schwarz alors résiste! Une forte scène contre l’amorce de l’horreur au quotidien !

«Infrarouge»: une affiche «raciste»

Le même soir, à «Infrarouge», sur TSR1, après la fiction, de Fr3, une émission de débat sur une affiche qui fait problème avec burqa et minarets en nombre devenus fusées agressives posées sur helvétique drapeau et insinuant que l’islam est coupable d’expansionnisme. Il faut frapper fort, dit Yvan Perrin, dans un contexte où toute opinion est noyée dans un déluge d’informations! En novembre, avant les votations, «Infrarouge» aura consacré une troisième soirée aux minarets après celles du 3 mars et du 20 octobre! C’est donner une bien grande importance à quatre minarets actuellement visibles en Suisse!

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Autour des minarets: la liste, exhaustive, des libertés…
(Mix&Remix à Infrarouge le 20 octobre 2009)

Interdictions ou non, l’affiche est presque connue de tous. Et chaque fois qu’on en parle, on risque de transmettre la peur de l’autre par ce «racisme» insidieux. Finalement, il faut se demander si la répétition de débats tous supports autour d’une affiche n’est pas un moyen d’attirer l’attention sur elle, en organisant le souffle de l’émotion sur le minaret conduisant à la peur d’un islam conquérant! Une excellente page factuelle du «Temps» (Vendredi 23.10.09 – «Le tour du minaret en dix questions») a certainement moins de force qu’une affiche autant simplificatrice qu’insinuante: dix minutes de lecture contre un instant pour saisir la réponse aux interdictions inefficaces, avec un très visible «censure». Une autre émission à ce propos eut été d’aligner une bonne partie des affiches de propagande de ces dernières années et de les faire tourner en boucle!

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Pour s’en aller chercher King-Kong et le déplacer du sommet de l’empire State-Building à celui d’un minaret, il faut peut-être bien avoir quelques idées (excellente comme celle-ci) avant l’émission. (Du Mix&Remix,
aussi le 20.10.09 à “Infrarouge” - TSR)

Soirées thématiques

Ainsi à travers une série de fiction présentée par FR 3 et un débat dans «Infrarouge» de la TSR vient-on d’aborder, le même soir, un thème général, le racisme, sous deux angles différents et partiellement complémentaires. Ce fut là une soirée thématique rendue possible par un téléspectateur qui établit le programme de sa soirée !

La soirée thématique peut naître aussi de la volonté d’un diffuseur. C’est ainsi que la TSR a ouvert, en premier rideau, une semaine auparavant, deux cases pour évoquer le suicide, au cours d’une soirée dite «événement», sous le titre «Suicide, la TSR brise le tabou». La première partie permit la projection d’un film d’Orane Burri, simplement et modestement intitulé «Tabou» qui raconte l’histoire d’un jeune neuchâtelois qui s’est suicidé il y a dix ans alors qu’il en avait vingt-deux. La seconde partie, le débat, fut d’une grande dignité apportant lucidité et émotion, ouverture aussi vers la nécessité d’un dialogue avec ceux ou celles qui ont des tendances suicidaires pas forcément évidentes à déceler

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PS : Sujets délicats enfin sans SMS

Une question purement formelle se pose au-delà de son formalisme. Infrarouge, depuis ses débuts, glisse en bas de l’image des SMS envoyés lors de la diffusion en direct par des téléspectateurs qui disent tout et son contraire, s’en prenant personnellement parfois à des participants qui n’en savent rien puisque l’émission est enregistrée avant sa diffusion. L’éthique de l’information pourrait une fois de plus être mise en cause. Une seule explication tient la route pour justifier ces SMS qui sont actifs mais surtout pas interactifs : il paraît que c’est amusant !

Or un débat autour d’une affiche d’esprit discutable, une réflexion sincère, lucide, émouvante sur un suicide ne tiennent pas de l’amusement. En l’occurrence, plus de SMS si Mix&Remix continue de « participer » à l’émission avec ses dessins d’un sombre humour.

Sans tabou, l’humour très noir de Mix&Remix, qui lie le sujet de la soirée thématique avec la vague de suicides chez France telecom (Infrarouge du 13.10.099)

Mieux vaut ne pas laisser exprimer des réactions purement émotionnelles qui risquent de devenir injurieuses devant une affiche elle-même injurieuse. Des SMS n’apporteraient strictement rien à des témoignages d’une grande dignité de la part de personnes soucieuses de contribuer à éviter des suicides ou de proches ayant accepté de parler de leur deuil qui reste encore à faire.

Cette indispensable retenue, deux fois de suite, contraste avec les autres débats. L’absence de SMS ? Serait-ce un sage virage enfin accompli avec leur disparition ?

La bonne santé des séries

Vendredi, octobre 16th, 2009

L’information surtout au quotidien reste la priorité des chaînes généralistes nationales, régionales ou même locales, plus encore dans le service public que chez les « commerciales » qui vient uniquement de pub. Mais la fiction continue d’être aussi une source de divertissements, de réflexions…et de profit pour certains.

Séries ultracourtes

Plus encore que dans la fiction unitaire, films de cinéma ou téléfilms, c’est dans la notion même de série que la télévision apporte une forme originale de divertissement. Par centaines et parfois par milliers, les «soap opéras » comptent sur la fidélité des téléspectateurs ( exemple actuellement en France, «Plus belle la vie» accueillie sur la TSR). Mais c’est dans l’ultra court que le petit écran est le plus original, quand il ose «Les Shadocks» ou «La minute nécessaire de M.Cyclopède» - c’est déjà ancien! «La minute kiosque» romande avait des qualités !

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Souvenir des “Shadoks” (trouvé sur internet grâce à l’ami “Google”)

Séries de longue durée

La plus longue série cinématographique mondiale pourrait bien être celle des James Bond, une bonne vingtaine en plus de quarante ans. Dans le domaine de la durée, la tv tient ses os! Car c’est assurément avec les séries de longue durée, par saisons entières que la télévision a trouvé une forme de divertissement qui peut être de haut niveau, par l’originalité, la provocation, l’émotion. Il s’agit aussi d’un genre qui tient de la création quand par exemple l’Histoire est prise en compte : une série de montage de documents « anciens » comme « Apocalypse » aborde autant de problèmes intéressants que la reconstitution par la fiction d’ «Un village français» dont la seconde année vient de réapparaître sur France 3. Avec des séries comme «Un flic» ou la littérature du XIXe, sous le signe de Maupassant, la France se réveille ou confirme

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La musique rapproche une institutrice française et un jeune officier allemand:
Un village français - 2e saison ( galerie photos - programme Fr3)

La force des anglophones

Depuis des années, les séries américaines sont souvent portées très haut par des chaînes à péage, comme HBO, qui n’ont pas le souci quotidien de part de marché. Elles prennent large place dans la programmation des télévisions francophones, qui doublent de mieux en mieux des fictions comme «Prison breaak, «Lost», «Desperate housewives», «Nip Tuck» ou l’intéressante et récente «True Blood». On peut, on doit regretter que les séries anglaises soient plus rares à nous parvenir. Mais elles savent aussi briller, comme «Les Tudor» ou «Roma».

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Une image pour le samedi 7 novembre 2009 à 00:10 sur TRS 2 selon “TSR presse”.
Diana Lubey, une patiente française, veut que les cendres de son défunt mari soient placées dans ses implants mamaires. Mais que diable cette actrice va-t-elle faire dans la galère américaine de Nip-Tuck ?

Les remarques qui précèdent portent sur l’importance de la diffusion sur le petit écran. Avec la multiplication  des canaux, DVD individuel à domicile, internet à la carte, fragmentable ou même téléphone portable, rien ne dit que la série haut de gamme conservera son pouvoir attractif.

L’importance des séries dans la création audiovisuelle

Cette notion haut de gamme a un vrai impact dans le domaine créatif : l’audiovisuel contemporain fait un ‘pas en avant par la réussite de ses meilleurs produits. « Les Sopranos » sont aussi importants que les « Parrain » I, II et III de Coppola, pour ne prendre qu’un seul exemple. Encore faut-il savoir faire comprendre l’importance de la créativité du genre.

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Isabelle Caillat, avec un personnage de fausse gourde dans “Petits déballages entre amis”, reprend du service dans une autre série de la TSR, “T’es pas la seule”, en bourgeoise urbaine s’occupant de vinification en zone rurale ( sortie en 2010). ( Ici dans “961″ , un court-métrage de 2007)

Et la Suisse?

Et la Suisse dans cet ensemble? La TSR tient à développer ses séries. Après des mois de résistance, la section du cinéma de l’Office fédéral de la Culture a admis de soutenir certaines de ces séries. La TSR promet pour 2010 «T’es pas seule», «Dix» ou encore «En direct de notre passé». Les bonnes promesses sont celles qui sont tenues.

De Roman Polanski à Frédéric Mitterrand

Vendredi, octobre 9th, 2009

Dialogue radio, en 1944, entre le commandant d’une batterie de DCA suisse et celui d’une escouade de bombardiers de la RAF utilisant notre espace aérien suisse, en direction de villes d’Italie du Nord:

– Attention, vous survolez la Suisse! - Nous le savons!

– Attention, nous allons tirer! - Nous le savons!

Le tir de DCA commence. L’anglais reprend la conversation:

– Vous tirez trop bas! - Nous le savons!

Le Droit strict lié au statut de neutralité fut écorné au profit d’une forme de Justice. Qui tire en premier quand Polanski se fait arrêter? Qui donne immédiatement un écho quand Madame le Pen attaque Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, en citant quelques phrases d’un livre sorti il y a quatre ans, suivie par des «adversaires» socialistes du neveu de François Mitterrand? Les médias électroniques, la presse? Peu importe! Il faut être les premiers à dégainer. Mais quand la télévision tire sur l’un de ses canaux de diffusion, elle touche ses «clients» par centaines de milliers, par millions. Il faut de nombreuses publications écrites pour atteindre un aussi grand auditoire. Donc la télévision, largement plus que la radio, est celle qui a le plus grand retentissement, donc la plus grande responsabilité.

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Le plus ouvertement du monde, les organisateurs du 5ème festival de Zürich ont mis à disposition de la presse dans son secteur cinématographique une photo de celui qui devait recevoir un hommage pour l’ensemble de son oeuvre, prononcé par Jean-Frédéric Jauslin, le patron de l’Office Fédéral de la Culture, s’exprimant ainsi au nom de l’autorité dont il dépend. Ils auraient du savoir que le cinéaste était menacé par le droit américain.
Ils ne l’ont pas su.

Internet «bascule»!

On affirme par exemple que l’opinion qui s’exprime sur internet est en train de basculer pour «condamner» Polanski alors qu’on la disait proche de lui lors de son arrestation. Mais comment donc peut-on mesurer «internet»? Par le nombre de pages citées par Google? Et comme Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture du président Sarkozy, vient à son tour d’entrer dans la tourmente, associons-le à Polanski qu’il a défendu dans un élan exagéré d’émotion

Et comment, ensuite, savoir mesurer les variations de l’opinion publique? Il suffit qu’en premier quelqu’un affirme que l’opinion change de jour en jour pour que les suivants répercutent l’information sans la contrôler!

FRANCE MINISTER MITTERRAND

Frédéric Mitterrand. (Photo Keystone)

Questions sereines libérées d’émotion

Ose-t-on se poser des questions dans la sérénité plutôt que l’émotion. Il faudrait respecter le désir d’une femme de quarante-cinq ans mère de famille qui a pardonné à l’agresseur de la jeune fille qu’elle fut et qui demande depuis vingt ans déjà le silence sur des événements vieux de plus de trente ans. Citation d’un texte de Samantha Galley dans le Nouvel Observateur du 01.10.09. : «Les charges devraient être abandonnées. L’étalage constant des détails de cette affaire me cause un tort immense. Je suis devenue la victime de l’action du procureur».

Il faudrait s’interroger sur le droit international en matière de prescription: lequel prime, celui qui demande l’extradition ou celui qui détient un accusé.

Roman Polanski: Là-haut sur le montagne, l’est un très beau chalet

Un des services du département fédéral de Justice et Police a autorisé, alors que régnait Christophe Blocher, Polanski à acheter un beau chalet digne de la chanson à Gstaad où il se rendait souvent. Un autre service du même département dirigé par Mme Widmer-Schlumpff a coincé le cinéaste à une sortie d’avion alors qu’il se rendait à une manifestation où un haut-fonctionnaire fédéral, chef de l’office fédéral de la culture, devait rendre hommage à son œuvre.

On a poliment respecté le client-acheteur et jeté en prison l’artiste! Un homme de 76 ans va-t-il finir sa vie en prison? Cet homme est-il récidiviste? Représente-t-il aujourd’hui un véritable danger pour la société? Non!

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Roman Polanski dans “Wanted and desired” de Marina Zinovich
(Photo Ascot-Elite)

«Roman Polanski: wanted and desired», un film de Marina Zenovich

Ce film fut présenté à Cannes en 2008. On n’entendit ensuite plus guère parler de lui. Il ne semble pas avoir retenu l’attention des programmateurs de télévision. Le distributeur suisse vient d’avoir une bonne réaction: offrir des copies pour que le public des salles puisse le voir dès maintenant. Attirera-t-il les foules avec sa tranquille information ?

Dans son film construit avec des documents audio-visuels, en recueillant des témoignages, dont celui de Mia Farrow, la réalisatrice ne prend pas fait et cause pour Polanski. Elle y rappelle sa jeunesse durant la guerre, la mort de ses parents, les débuts de sa carrière, le meurtre rituel dont fut victime sa femme Sharon Tate, enceinte de huit mois, par des membres de la «famille» de Charles Manson, en août 1969.

La partie la plus importante du film tourne autour de l’affaire de 1977. Polanski est arrêté pour avoir eu des relations sexuelles avec une mineure de treize ans. La justice américaine fonctionne de telle sorte que, si le prévenu accepte de plaider coupable, il a droit à une sentence légère. Polanski, ayant plaidé coupable, est envoyé dans lieu d’observation qu’il quitte au bout de quarante jours alors qu’il devait y rester pendant nonante. Son juge, irrité contre son comportement lors de sa liberté conditionnelle, renie le deal, tout heureux de faire parler de lui. Polanski risque cinquante ans de prison. Il prend peur, s’enfuit des USA et aboutit en France dont il prendra plus tard la nationalité. Le juge de première instante adopte un comportement qui viole certaines règles éthiques et manque d’impartialité. Le film dénonce aussi ce qui semble être une erreur grave de procédure. Le fonctionnement de la justice aura laissé sérieusement à désirer. Marina Zenovich le montre avec calme. Son film aide à comprendre ce qui a peut-être, il y a trente ans, conduit Polanski à la panique en s’interdisant même de retourner aux USA, y compris pour y recevoir un Oscar.

Les poursuites ont repris par des mandats internationaux. Et c’est la Suisse qui finit par arrêter l’un de ses hôtes pour se mettre dans une situation dont elle n’a pas lieu d’être fière! En prison à 76 ans? C’est plutôt rare!

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Roman Polanski à Paris, dans le film de Marina Zinovich
(Photo Ascot-Elite)

Retour à la DCA!

La DCA de M.Blocher avait-elle tiré trop bas ou n’est-elle pas du tout entrée en action, faute d’avoir dans ses services des collaborateurs sachant que Polanski avait des mandats internationaux collés à ses basques. Tout le monde ne lit pas les journaux même ceux spécialisés dans le «people»! La DCA commandée par Mme Schlumpff n’a pas raté la cible. Il eut pourtant été facile de faire comprendre discrètement à Polanski ou à l’un de ses avocats qu’une bonne grippe s’imposait pour s’en aller à Gstaad se soigner plutôt que Zürich se faire couronner pour l’ensemble de son œuvre créatrice.