Archive pour août, 2009

Apocalypse: la 2ème guerre mondiale à «Histoire vivante»

Vendredi, août 28th, 2009

Les six images qui illustrent ce texte ne concernent que des « anonymes .C’est un choix volontaire.

Isabelle Clarke, réalisatrice; Daniel Costelle, auteur de nombreux documents télévisés souvent de longue haleine, parfois en collaboration avec Henri de Turenne, scénariste; Jean-Lous Guillod qui occupait de hautes fonctions dans des chaînes françaises: ces noms disent-ils quelque chose aux jeunes générations? A qui a plus de cinquante ans, certainement oui !

L’information historique contemporaine

Cette solide équipe réapparaît dans une mini-série de six épisodes de cinquante-deux minutes, trois dimanches durant sur TSR 2, les 23 et 30 août et le 6 septembre 2009, en case «Histoire vivante», une émission des plus passionnantes et rigoureuses de la TSR, qu’il faut saluer à cette juste valeur. Un bel exemple de convergence avant l’heure qui établit étroite collaboration entre la TSR , la RSR ( du lundi au vendredi à 15h00 sur «La première») et le journal «La liberté», avec bonne place donnée aussi sur des sites qui permettent de voir l’émission durant une semaine après le passage à l’antenne. C’est un travail remarquable de chercheurs qui savent que les documents audios et visuels font partie du matériel de base de l’information historique contemporaine. Mais s’intéresser à toutes ces différentes déclinaisons d’un même sujet occuperaient plusieurs heures par semaine. Quel lecteur-auditeur-téléspectateur-internaute peut s’offrir ce luxe? Cette forme de convergence ne doit toucher qu’un assez restreint ensemble, ce qui n’est pas une raison pour la mettre en doute.

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L’agression (1/6) : Un officier de la légion étrangère part pour Narvik.
Algérie, Sidi-bel-Abbes, 1940 ( Texte et photo TSR)

En passant, « convergence » et millions de francs

En passant, ceci à propos de la «convergence» dont on parle beaucoup à la radio et à la télévision, de temps en temps dans la presse, sans vraiment savoir si le téléspectateur s’y intéresse vraiment. La convergence et l’efficience devaient aussi parvenir à économiser quelques millions au plan national qui auraient dû permettre d’améliorer l’offre programmatique. Il se pourrait bien que ces économies servent à boucher le trou annuel annoncé à hauteur de quatre-vingt millions.

Une forme classique

La forme est solidement classique. A la base, il y a une recherche de longue durée de documents qui existent un peu partout dans le monde. Cette première sélection faite, parfois des centaines d’heures, permet ensuite aux monteurs et aux auteurs de construire leurs sujets, ici de manière chronologique («L’agression» - 1939 – et «L’écrasement» - 1940/41 le 23.08.09 / «Le choc» - 1941 et «L’embrasement» - 1942/43 le 30.08.09 / «L’étau»– 1944 et «L’enfer» – 1945 le 6 septembre 2009). Peut-on encore, de nos jours, évoquer l’Histoire depuis les années 1900 en ignorant les images en mouvement qui en témoignent ?

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L’écrasement (2/6): Royaume-Uni, 1940: Entraînement de femmes pour la défense civile ( Texte et photos TSR)

Le noir/blanc colorisé

Un imposant travail de numérisation a été effectué sur les versions finales assurant une belle qualité visuelle. La colorisation, aux teintes plausibles, améliore le «spectacle» pour la majorité des téléspectateurs, étant admis qu’ils réclament la couleur et rejettent le noir/blanc. Cette mise en couleurs, fort bien faite, ne représente pas moins une sorte de «trahison» du noir/blanc des documents d’origine. Cette démarche s’apparente alors à la fiction. Dans le même ordre d’idée, on pourrait imaginer des leçons fondées sur le grand nombre de films ou téléfilms de fiction qui s’intéressent à l’Histoire. Un universitaire a dit se servir largement du «Roma» de la BBC et HBO pour illustrer ses cours.

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Le choc (3/6) ( Photo TSR)

La sonorisation

La possibilité d’enregistrer le son directement associé à des images n’existe facilement que depuis les années 50/60 du siècle dernier. Tout bruit, tous mots faisaient l’objet d’une manipulation au montage et au mixage. Et l’on doit se demander si une musique de fond est réellement indispensable dans un document. Sa présence fréquente est aussi un attirance vers le spectacle de la fiction.

Classique tout autant, le commentaire explicatif dit par Mathieu Kassovicz. Se passer de commentaire, comme par exemple dans les séries de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur («Corpus christi», «Les origines du christianisme», «Apocalypse») est assurément, par ses exigences, un progrès formel, mais qui augmente considérablement le temps de montage.

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L’embrasement (4/6) (Photo TSR)

Donner la parole aux «anonymes»

Même le commentaire explicatif classique permet une percée assez originale : donner la parole à des témoins plus ou moins anonymes de l’Histoire, et plus seulement à ces grands hommes (la place des femmes reste modeste) qui sont censés l’incarner par leurs commentaires et déclarations. On sait d’ailleurs l’importance accordée au Verbe par les Churchill, de Gaulle, Roosevelt, Hitler, Staline et bien d’autres. Après le nom d’une ou d’un inconnu, le commentaire annonce un «il dit» qui apporte des témoignages au quotidien d’un grand intérêt. On se rapproche ainsi de ceux qui ont vécu l’Histoire dans leur chair, éloignés souvent de ceux qui semblent l’avoir dirigée du moins en partie.

Une excellent série classique, à haute valeur pédagogique dans une forme « spectaculaire» parfaitement acceptable, avec quelque audace formelle.

PS : nos six images ne concernent que des « anonymes » en un choix volontaire.

(Prochainement, après visionnements, commentaires à suivre les numéros 3 à 6 )

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L’étau (5/6): Allemagne, 1943 : défilé des Jeunesse hitlériennes, la Hitler Jugend

Pour saluer «Apocalypse»

Il faut donc signaler que la série de historique de documentation, six fois cinquante-deux minutes, «Apocalypse», après son double passage sur TSR2 le dimanche soir vers 20h30, excellente heure d’exposition, avec reprise le lundi peu avant minuit, peut maintenant être suivie sur l’antenne de son principal co-producteur, France 2, le mardi vers 20h30 (les 8, 15 et 22 septembre 2009).

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L’enfer (6/6): Décembre 1944: alors que Paris est libéré depuis quatre mois, les soldats “indigènes” poursuivent la lutte dans les Vosges par un hiver sibérien.

Locarno, 62ème: presse, télé, radio!

Vendredi, août 21st, 2009

Alors, Locarno, du 5 au 15 août, c’était quoi, cette année, m’a demandé le cinéphile qui, d’un lointain voyage en Islande, ne revient pas bronzé, mais apaisé? Pour lui, j’ai découpé des textes dans des journaux. Et il saura trouver sur internet échos télévisés et radiophoniques.

Populaire et de qualité exportable

Tissé comme désormais chaque année: un tapis usé mais rouge de colère contre la section du cinéma de l’OFC. Le virus de l’empoignade sévit. Le trio Pascal Couchepin, Jean-Frédéric Jauslin, Nicolas Bideau reste calme. Le ministre bientôt sortant de la culture complète la cible posée devant le cinéma suisse, être «populaire et de qualité» d’un «exportable» pas très facile à atteindre.

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Un léopard d”honneur pour le ministre de la culture sortant de charge. Une plainte en bonne et due forme contre l’OFS et sa section
du cinéma ? Que les juristes se penchent là-dessus un peu plus
que dix minutes, en bottant juridiquement en touche.( Photo TSR)


Long tapis rouge pour FM

Long tapis rouge devant Frédéric Maire, des Arts et Lettres de France, avant le festival, au début du festival, pendant le festival, à la fin de festival et bientôt encore en prenant le train avec Manuela Maury: après quatre ans de force tranquille, il quitte Locarno pour la cinémathèque qu’il rejoindra depuis Corcelles. Le bilan artistique est bon. Frédéric mérite que ce soit dit.

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Pour Michel Piccoli, pas de tapis rouge : une photo noir/blanc suffit pour saluer un tout grand acteur du cinéma (dwillement - rsr)

Festival décevant mais indispensable

Pour «Le temps» incontournable, le bilan du festival comprend: palmarès contestable, programmation de la Piazza décriée, rétrospective Mango boudée, baisse de fréquentation, pas assez de jeunes. Du gris dans le tapis rouge! Mais un édito intitulé «Pourquoi il faut défendre le festival de Locarno» prend place sur la même page. Plus loin un «arrivederci» amical suivi d’un aimable «bienvenue» à Lausanne sont adressés à FM! Et Locarno doit être défendu contre les longues dents d’un festival de Zurich qui veut faire rimer glamour avec glamour en demandant à Roman Polanski de succèder à Sylvester Stallone. Polanski, nous l’avions raté pour un rendez-vous avec les participants de «Cinéma & Gioventu» au début des années soixante, alors qu’on découvrait son «Couteau dans l’eau» qui d’aucuns tentèrent d’interdire à notre jeunesse festivalière.

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Un monstre à peu près cubique venu d’ailleurs domine la Piazza Grande et le public. (Photo dwillemin - rsr)

Info «manga» et «anime»

Enfin, tout de même, un «genre» de cinéma aura bénéficé d’une vaste information, le «manga» japonais, l’ «anime» quand il s’agit de films, trouve quelques envoyés spéciaux très attentifs à cette «exposition» (dans «Le monde» par exemple, «L’hebdo», ou encore «Le Temps» même avant le festival). On y apprend que les créateurs japonais et leurs partenaires se sont rendus nombreux à Locarno.

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Shoko Nakagawa, pop star pokémon (dwillemin RSR)
Le phénomène “pokemon” fait évidemment partie du manga.
Il servit, sert et servira encore de parent du substitution pour les parents sur occupés ou débordés par l’attrait pour leurs enfants pour ces pokemons souvent considérés comme trop envahissants - une bonne affaire commerciale aussi !

Et la compétition ?

Tapis rose pour quelques films, à partir du 10/11 août. Petite priorité pour la compétition. Mais le jury n’a pas suivi les parieurs. Parmi un cinquantaine de papiers découpés, films soulignés en rouge : pas beaucoup de couleurs! Mais le rouge monte après le palmarès.

Radio et télévision.

La télévision et la radio? Tapé sur chacun des sites, dans la case recherche: «Festival de Locarno 2009». Télévision: une liste d’une trentaine de sujets apparaît, dans le désordre temporel, contenu résumé. Quelques réalisateurs parlent de leur film dont on découvre des extraits. Radio : une vingtaine de citations, sans mention du contenu. Donné du temps à l’écoute : ce pourrait bien être là la source d’infos la plus complète sur les films

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Arnaud et Jean-Marie Larrieu réalisateurs du film
Les derniers jours du monde (dwillemin RSR)
De leur film passé à Locarno, peu de choses durant le festival. Beaucoup plus depuis quelques jours: il vient de sortir en France
et est annoncé en Suisse romande.

Ces remarques ne prétendent pas établir un classement entre presse, radio et télévision. Chaque média choisit son chemin pour parler d’une même manifestation et compte répondre aux besoins de ses clients. Chaque client devrait savoir formuler ses exigences et à partir de là, faire ses choix? On peut appartenir au groupe pour lequel les vraies vedettes d’un festival de cinéma sont les films qui ne restent pas au tapis!

Un grand petit événement: «Les Yeux de Simone»

Un film au moins aura été splendidement accueilli par la presse romande: «Les yeux de Simone» de Jean-Louis Porchet, consacré Pierre Blondeau, l’animateur aveugle des rencontres de Pontarlier, qui continue de savourer des films grâce à son épouse Simone qui lui raconte doucement les images à l’oreille. Sept minutes qui devraient faire son chemin, à tout le moins francophone. En tous cas, une belle idée.

A suivre

1/ Les films en compétition à Locarno ont souvent été très mal diffusés en Suisse. Et les films du palmarès n’ont de tous temps pas tellement été mieux traités. Pourquoi ? Nous tenterons d’y répondre prochainement en ouvrant une fenêtre sur une forme de diffusion à mieux explorer.

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Dyana Gaye réalisatrice du film Un transport en commun.
(dwillemin RSR)
Moyen métrage de quarante-cinq minutes, impossible à exploiter sur grand écran (trop court pour un long et bien trop long pour un court qui accompagnerait un long!). Oui, mais co-produit par Arte, on pourra voir à l’automne ce “Transport en commun” africain dont Thomas Sotinel a dit grand, très grand bien dans “Le MONDE” du 12 août 2009.

2/ La sélection suisse pour les Oscars d’’Hollywood va prendre chemin vers le Jura dès cette année. Une bienvenue tentative de décentralisation.

Côté séries, ça bouge

Samedi, août 15th, 2009

Il faudra encore le répéter longtemps: le principal progrès accompli dans l’audiovisuel contemporain, télévision et cinéma confondus, depuis le nouveau millénaire, vient des rafales américaines tirées par les chaînes à péage aux si puissants moyens (HBO, Showtime, etc) qui peuvent prendre des risques n’étant pas tributaires totalement de l’audimat heure par heure et jour pas jour. Ainsi sont nées de fortes séries hautement culottées qui font les beaux soirs en Europe occidentale, souvent en second rideau, dont il suffit de rappeler quelques titres allant de «Roma» et autres «Tudor» vers les «Dr House», «Prison break», «24 heures chrono» avec incursion vers «Les sopranos», «Nick Tuck» et tant d’autres.

La Grande-Bretagne s’inscrit dans le sillage américain mais les adaptations françaises de ses meilleures séries se font rares. En Allemagne, on trouve des choses intéressantes comme «Berlin Brigade criminelle». L’Espagne a offert un «Pépé Carvalho» de haute classe.

En Suisse romande, le désir de séries se fait sentir après le succès plus populaire que «pointu» d’«Heidi». Et le «Petits déballages entre amis» ont marqué un pas en avant. Après des mois et des mois de discussions, la Section du cinéma de l’Office fédéral de la Culture a admis que l’aide fédérale puisse aussi être attribuée à des séries souhaitées par la TSR à condition qu’elles soient le fait de producteurs indépendants. Trois projets sont en route pour 2009 et 2010, qui ont fait l’objet d’informations lancées en public lors du récent festival de Locarno, sur lesquels nous reviendrons. La TSR a choisi une politique de petits pas plutôt que l’enjambée d’un géant qui rappellerait les folies organisées dans les années quatre-vingt.

Suite Noire en hommage à la série de même couleur!

Depuis le 5 juillet dernier, France 2, associée à Arte qui dut certainement peser forte de son expérience dans l’esprit des « Collections » qui s’inscrivent comme des séries marquées par la personnalité d’un auteur par épisode, co-responsable du scénario, des dialogues et réalisateur à cent pour cent comme hier «Tous les garçons et les filles de leur âge», propose une série de huit films d’une heure, selon un principe original.

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Pascal Bongard, Nicolas Jouhet, Yves Verkoven et Clément Hervieu-Léger dans ” La reine des pommes” de Guillaume Nicloux

L’exemple de «La reine des pommes»

Chester Himes, «La reine des pommes», plein de rage, d’humour? Un des grands textes de la «Série noire» chez Gallimard ( 1958). Bill Duke en fait, en 1991, avec Forest Whitaker, un film oublié. Jean-Bernard Pouy ( Editions La Branche), dès 2006, témoigne de son admiration pour la série en inventant «Suite Noire»: Laurent Martin signe «La reine des connes». En télévision, France 2 et Arte réunis, s’y intéressent. Par son sujet déjà, la transsexualité, le no 7 signé Guillaume Nicloux, promet d’être intéressant ( France 2, dimanche 16 août 2009 vers 23 :00)

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Un seconde image de Clément Hervieu-Léger.
La comparer avec la précédente permet une première approche du fllm

Goodis/Truffaut/Pelletier/Bercot

Autre exemple : un texte de l’américain David Goodis fut adapté en 1960 par François Truffaut qui en fit un film présent dans bon nombre de mémoires de cinéphiles anciens rejoints par des curieux nouveaux, « Tirez sur le pianiste » Aznavour y fut magnifique et Bobby Lapointe son collègue y lançait en chaloupant « Avanie et Framboise » flirtant avec « les mamelles du destin ». Chantal Pelletier le transforma en « Tirez sur le caviste » dans la collection « Suite Noire » et Emmanuel Bercot invita Niels Arestrup à se souvenir du Gabin bougon et Julie-Marie Parmentier à jouer les fausses innocentes.

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Défi pour un chercheur: comparez Truffaut et Emmanuelle Bercot. (Nils Arestrup et Julie-Marie Parmentier dans “Tirez sur le caviste”)

« Tirez sur le caviste » raconte l’histoire d’une vieil homme insupportable qui finit par se révolter contre la banalité de la cuisine de son épouse. Un jour de colère, il l’envoie dans un autre monde plus ou moins accidentellement. Puis il recherchera une jeune femme qui saurait faire de l’excellente cuisine. Une fille perdue s’y attelle avec succès, mais en se révoltant contre ses exigences, sa grossièreté. Tout cela finira par un autre décès, le caviste rejoignant son épouse. Excellent sujet, bien traité, joué de manière crédible par un successeur du Gabin raleur et bougon, et par une jeune actrice, Julie-Marie Parmentier, troublante de sensualité, à l’aise dans son amour pour une autre femme.

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Second défi pour un chercheur: comparez Niels Arestrup avec le souvenir de Gabin

Une programmation suicidaire

Quatre variations sur un même thèse pourraient peut-être intéresser un jour un chercheur. Pour le moment, « Suite noire » est une remarquable série venue de France, en sa première saison. Mais la programmation actuelle joue contre elle : un passage en deuxième rideau vers 23.00 le dimanche soir n’est pas l’exposition la plus attirante. Un million de téléspectateurs représentent un score certes correct sur grand écran. Mais la part de marché est maigre, inférieure à dix pourcent. On n’aime guère cette situation même chez les généralistes.

L’unité naît de l’existence de la collection littéraire, de la durée de chaque film, soixante minutes, chaque jeune réalisateur( trice) y imprimant sa vision de lecture. France 2 et Arte s’en tiennent à la conception française de la créativité dans l’audiovisuel, la notion d’auteur avec la priorité accordée à celui qui participe au scénario et signe la mise en scène. Bien sûr, entre les six premiers, des inégalités subsistent.

Quand la ville mord

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Aïssa Maïga dans “Quand la ville mord” de Dominique Cabrera

«Quand la ville mord» (26.07.09) de Dominique Cabrea est peut-être le meilleur de ces six premiers. Deux cousines africaines entrent en France par un circuit conduisant à la prostitution mais elles ne le savent pas. A la suite d’une rencontre, Sara rêve assez rapidement de devenir peintre. Elle se révoltera avec une grande force contre ceux qui ont conduit à la mort sa cousine. Dans ce récit dense, la violence assurément spectaculaire illustre une situation sociale de dépendance inadmissible. Une formidable actrice, Aïssa Maïga, défend son personnage qui oscille entre midinette amoureuse, créatrice débutante et justicière féroce qui n’attend plus rien de la société. Ce téléfilm sans enquête policière, comme les autres d’ailleurs, est tout simplement un grand film!

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Aïssa Maïga et Assan Seck dans “Quand la ville mord” de Dominique Cabrera ou “Quand la ville dort” un texte de William R.Burnet porté à l’écran par John Huston, devenu texte mordant à son tour devenu téléfilm de “Suite noire”

Conclusion provisoire

La France des séries qui a connu des périodes de gloire entre les « instit », « Navarro », la rouquine et les autres, à coups aussi de grandes sagas familiales estivales à composante fantastique se devait de retrouver une seconde jeunesse, elle qui sut être si brillante dans les années soixante du siècle dernier. « Suite Noire » devrait permettre au service public de quitter un état d’assoupissement. Mais y aura-t-il une seconde saison d’une dizaine de films quand la programmation en deuxième rideau coupe les « soixante » minutes du grand public. Une télévision de qualité reste peut-être ainsi dans l’impossibilité de trouver un large public populaire.

FYLY

Populaire & de qualité (l’exemple du «Dîner à la ferme»)

Vendredi, août 7th, 2009

L’expression utilisée depuis quelques années par Nicolas Bideau, chef de la fédérale section du cinéma, ce «populaire & de qualité», fait le bonheur en télévision depuis fort longtemps. Mais l’important, c’est le &. Nouvel exemple réussi: «Le Dîner à la Ferme»!

Comment mesurer le populaire ?

Le populaire doit pouvoir se mesurer selon des critères à connaître. Ici règnent l’audimat et la part de marché, près de cent quarante mille spectateurs pour une pdm de près de quarante pourcent, supérieurs à la moyenne annuelle. Autres critères possibles: les réactions de l’ensemble de la presse romande. Oui, mais, depuis la disparition d’un document interne édité par la TSR – «Média Press», un seul moyen pour tout connaître: acheter chaque jour tous les journaux romands! Savoir aussi que les textes de promotion, souvent de complaisance, sont plus nombreux que les compte-rendu (comme en page 3 de L’Express et l’Impartial, le lundi 3 août 2009). Peuvent aussi être pris en considération les lettres, les sms, les courriels, souvent réduits à de courtes interventions du genre trop simple «j’aime», «j’aime assez», «J’aime peu» ou «J’aime pas»! Un bon souvenir après la mise en cause d’un «soap opéra»: ma mère qui me dit «Je suis d’accord avec tes arguments…. Mais j’aime quand même!»

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Genève - transport ancien pour se rendre à la ferme

Alors, la qualité?

Le goût personnel, évidemment entre en ligne de compte. Mais il est essentiel alors de dire pourquoi, d’argumenter, d’user de son pouvoir de conviction.
D’emblée, le «Dîner à la ferme» mérite de retenir l’attention (cf Rétines du 20.06.09), meilleur que la contribution un peu semblable de M6, cinq fois par semaine «Un Dîner Presque Parfait» assurément très spectaculaire, mais envahie par un commentateur qui y ajoute ce qu’il pense être une pointe de sel. Tuant, de l’entendre décrire ce que l’on voit!

Le dîner à la ferme

Les visites de fermes, les unes après les autres, confirment et amplifient la satisfaction. A propos de la structure qui revient chaque semaine, un regret pour l’inutile accéléré lors de la mise en place des décorations de la table et une réticence sur les notations données des uns à l’autre pour l’accueil et le repas qui souvent dépassent les «sept»sur dix par prudence. Par contre, positif le fait de ne pas lancer dans ce divertissement informatif une clause d’expulsion!

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Vaud - quand le tracteur remplace le cheval 

A la découverte!

On fait rapide connaissance de la famille d’accueil. On apprend plein de choses sur différentes formes d’entreprises agricoles, de l’assez écologiquement modeste à l’industriel d’esprit familial. On visite chaque domaine pour découvrir ses caractéristiques. On entre dans les cuisines après avoir suivi les achats de produits régionaux et échangé quelques mots avec les fournisseurs. On prend l’apéritif en attendant le dîner du milieu de la journée. Pendant le repas, on sent monter l’eau à la bouche à maintes reprises. A table, l’hôte du jour est malheureusement absent, ce qui joue au détriment de la convivialité. En guise d’épices : quelques remarques en isoloir des uns et des autres.

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Un geste devenu rare à la ferme

Favoriser la vente des produits du terroir

Cet éloge aux produits du terroir aurait-il favorisé les ventes directes de la ferme sans que la promotion devienne gênante pour les fournisseurs? Les observateurs attentifs des équilibres régionaux peuvent être contents. La présence à l’écran n’est pas proportionnelle au nombre d’habitants ou à celui des domaines agricoles. Un par canton plus la partie francophone de Berne: pour une fois, l’arc jurassien est sur-représenté, ce qui contribue à l’équilibre à long terme.

 

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Tous réunis pour la 8ème et dernière: un peu décevante

Amicale complicité

Entre les sept participants semble bien s’être installée une réelle complicité amicale. Certes, on peut obtenir cet effet pas d’habiles choix au montage qui aurait omis d’éventuels moments de tension. Tous les participants ont certainement été promus au rang de vedette locale,cantonale ou romande durant quelques jours ou semaines. Parmi eux, un seul vrai «personnage» caractérisé par ses «tip-top» mais plus encore lors d’un grand moment de télévision, lorsqu’il fit l’éloge de la beauté du silence de la nature!

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La caméra cache le caméraman mais ni la  cave, ni Béatrice Barton.

Coup de chapeau à Béatrice Barton

On ne sent presque apte à oublier une série restée prise dans certaines gorges, les regrettables «Super seniors» qui dérapèrent. Chargée depuis quelques années de ces mini-séries estivales qui sont clairement inscrites dans une «téléréalité» presque toujours sans démagogie, la productrice Béatrice Barton peut être fière de sa cuvée 2009, peut-être encore meilleure que «Le mayen 1903».

FYLY