Archive pour juin, 2009

Belle volée de bois vert, sur notre chère SSR!

Vendredi, juin 26th, 2009

(Est en ligne depuis le 29.06.09 à 14:45 au bas de cette “volée” un texte intitulé

CONVERGENCE, EFFICIENCE, REDEVANCE, FINANCES ( CERF)

en bonne partie consacré à TV 5 )

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Un unique alexandrin comme titre ! Il y eut déjà un sondage sérieux de « L’hebdo », la population plus encore que les leaders rejetant la fusion radio-télévision. Et voilà que la SSR annonce qu’elle doit et veut économiser cent millions par année de 2010 à 2014.

Belle volée de bois vert, piquée parmi les éditoriaux de la presse romande du mercredi 24 juin 2009! Quelques titres: «Service public ou public au service de la SSR», «La SSR, un mammouth à dégraisser», «La stratégie de la patate chaude», «Armin Walpen se retire en pleine tempête», «La SSR doit se serrer la ceinture». Il y a des éditorialistes qui n’aiment pas la SSR!

On a beaucoup parlé de «Convergence» ces dernières semaines, un peu moins d’«Efficience», presque pas de «Redevance». Et l’étouffoir aura été posé sur le déficit de 79 millions engrangé en 2008! Il fallait bien que ce déficit refasse surface.

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Armin Walpen, en 2002, fort belle photo de Sabine Papilloud ( photo TSR). Le seigneur des anneaux ou enfermé dans des cercles concentriques ?

Dans un texte paru dans «Le Temps» du 20 mai 2009, Armin Walpen abordant d’une part la convergence, de l’autre les finances, qui devait tout de même savoir ce qui se tramait au conseil d’administration de la SRG-SSR, se demandait si le coût de l’exonération des retraités AVS et AI au bénéfice des prestations complémentaires devait être mis à la charge des payeurs de redevance. Il ajoutait: «Est-il juste que celui qui s’acquitte de la redevance contribue à des prestations qui ne lui sont pas destinées comme Swissinfo ou TV5». Habile ballon d’essai ou maladresse de «comm» due à celui qui se savait démissionnaire pour fin 2010?

Habile ballon d’essai ?

A peine ces petites questions posées que la charge commençait contre «Swissinfo» prié d’économiser sept millions (dont la moitié pour la Confédération). L’exonération se voit mise en cause. Pour TV 5 et 3Sat, on attendra quelques années: rien à voir avec la convergence! Avec TV5, ce serait toucher à une précieuse diffusion mondiale!

On évoque au passage une augmentation de la redevance de quatre pourcent en 2011. A faire croire que la redevance fonctionne comme les primes d’assurance maladie; du quoi s’inquiéter! Pas bonne, la «comm»: ce quatre pourcent représente un peu plus de UN FRANC PAS MOIS? Et cela rapporterait plus de trente millions par année. Pourquoi diable déteste-t-on tant la SSR alors que souvent on apprécie la TSR et/ou la RSR?

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CONVERGENCE, EFFICIENCE, REDEVANCE, FINANCES ( CERF)


« SRG-SSR Idée suisse » n’arrête pas d’ouvrir des chantiers de réflexion et de réorganisation. Certes, l’avenir de l’audiovisuel sur ses différentes supports, télévision, radio, internet et dans une moindre mesure sur le portable est en jeu. Les événements récents mettent plein feu sur les Finances dans un premier temps, la Redevance un jour ou l’autre. Entre ces quatre chantiers du « C E R F » les interférences existent., plus ou moins nombreuses. Dans un autre langage, on dirait que les intersections prises deux à deux ou trois à trois ne sont pas vides. Au point de s’y embrouiller !

L’exemple de TV 5

Méa culpa ! Jolie « plantée » personnelle entraîné dans le raccourci d’un titre récemment : « Convergence : TV 5 en danger » ! Certes, un texte d’Armin Walpen m’y a poussé. Dans « Le temps » du 20 juin 2009, le patron de SSR-SSR répond à de multiples questions sur la Convergence. Un second sujet, consacré aux Finances, complète la page,. Il y soulève sous forme interrogative quelques moyens d’économie, en mentionnant entre autres TV 5, autour d’une participation d’un peu moins de dix millions, moitié à charge de la Confédération, moitié à celle de la SRG-SSR.

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Armin Walpen et Gilles Marchand en 2008, lors d’une conférence de presse à Lausanne pour préparer la semaine de l’intégration. Sont-ils attentifs à une forme de “Convergence”? Gilles Marchand appuie-t-il du geste sa foi en l’avenir? ( Photp TSR)


Exonération

L’exonération du paiement de la redevance par les retraités de l’AVS et AI au bénéfice des prestations complémentaires était affublée d’un point d’interrogation « walpénien ». Quinze jours plus tard, le point d’interrogation a disparu. L’exonération biffée figure dans une liste d’économies ! La SSR a-t-elle le pouvoir de renoncer à cette exonération ? Il y a des juristes pour y répondre. Si oui, tant mieux pour la SSR !Mais une aide sociale parfaitement justifiée devrait être mise à la charge de la Confédération, donc plus du tout, même en partie, à celle des payeurs de redevance.

Swissinfo

Le point d’interrogation pour « Swissinfo » a aussi disparu depuis peu. Mandat a été confié à la direction de « Swissinfo », au directeur de la TSR et à celui de la Radio DRS de faire sept millions d’économies, profitant aussi moitié à la Confédération et moitié à la SRG-SSR, sur un budget de plus de vingt-cinq millions. Cela concerne aussi le duo Convergence/Efficience, avec l’introduction éventuelle de SwissInfo dans le ou les grands pools d’information à créer en Suisse romande et Outre-Sarine.

Autour de TV 5 ?

Deux points d’interrogation supprimés en peu de temps. A quand le tour du troisième qui vaut pour 3sat en allemand et tv5 en français ? L’inquiétude subsiste, pour une autre raison ?

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Gilles Marchand, sauf erreur en 2005. Déjà des soucis à propos de TV 5? ( photo TSR)


Il y a plus d’un an, le directeur de la TSR s’est battu avec efficacité pour « sauver » TV5 de l’appétit « sarkozien » voulant mettre dans un même sac tous les médias de France orientés vers l’étranger. Des engagements ont été signés pour quelques années. On imagine mal SRG-SSR ne pas soutenir dans la TSR dans ce secteur. Un blocage prolongé de la redevance pourrait-il tout de même,à terme, mettre en danger cette participation à TV 5 ? Il faut rester attentif à ce risque ! Renoncer pour quelques millions au formidable support de diffusion qu’est devenu TV 5 avec ses multiples canaux serait se tirer génialement une balle dans le pied !

La TSR sur TV 5

Dans les années quatre-vingt, aux débuts de TV 5, l’enthousiasme romand n’était pas général. On y craignait parfois de ne pas pouvoir vendre à l’étranger certaines émissions si elles étaient « données » à TV 5. L’engagement alors d’un Jean-Claude Chanel a été décisif pour faire comprendre l’intérêt de la TSR pour ces fenêtres ouvertes sur le monde francophone et certaines chaînes hôtelières mondiales. Le public potentiel à l’étranger- pas loin aujourd’hui de deux cents millions – est plus vaste que celui de Suisse romande avec un million trois quarts de téléspectateurs. Et le un pour mille à l’audimat mondial, qui n’existe du reste pas en tant que tel, représente potentiellement déjà deux cent mille téléspectateurs !

Avec la présence quotidienne de « Zig-zag café », du TJ et d’autres émissions TSR de premier rideau, la vitrine romande sur TV 5 était bien garnie. Un entrée prochaine du « Pardonnez-moi » serait chose précieuse pour commencer de remplacer l’émission de J.Ph.Rapp.

La simple interrogation de M.Walpen sur TV 5 est ainsi un assez bon exemple de ce qui peut se passer quand le dossier Finance se met à déployer ses ailes sur Redevance. Et les économies espérées de Convergence et Efficience pourraient bien être absorbées par les Finances priées d’éliminer les déficits qui tendent à devenir structurels.

A table: bon appétit et bons points!

Vendredi, juin 19th, 2009

TSR1: depuis le 12 juin 2009, pendant environ quarante minutes peu après vingt heures, durant cinq semaines encore, «Dîner à la ferme»! M6 : depuis des mois, pendant à peu près une heure, dès 17h50, «Un dîner presque parfait» déjà devenu «UDPP»! La même émission?

Un conflit TSR/M6

«UDPP» est à l’antenne depuis près d’un an alors que le «Dîner à la ferme» commençait à peine ses préparatifs hors antenne. «DALF» doit-elle son origine à «UDPP»? Ou les producteurs sont-ils allés chercher modèle et éventuellement droits ailleurs? C’est là une cuisine dans laquelle on n’entre que rarement. Mais les ressemblances dans le principe entre les deux émissions sont nombreuses, au point de pouvoir se demander si elles n’ont pas le même modèle. Serait-il imaginable que l’éventuel propriétaire des droits les aient vendus pour le marché romand à deux “clients” différents ? Un conflit juridique (pour le moment à l’avantage de la TSR, mais des recours suivent), met en cause la fenêtre publicitaire de M6 ouverte vers la Suisse sans avantage programmatique pour cette “clientèle”. TSR et M6 servent, dans le marché romand, un peu le même plat.

affiche

L’affiche de DALF

Ce soir, c’est deux en ambiance !

Une expérience estivale sur la TSR, conduite par Béatrice Barton, doit décliner sa «télé-réalité» avec la dignité qui convient au service public généraliste, en premier rideau. Sur M6, servant d’accès au premier rideau, voici une télé-réalité dont le succès monte en dépassant, signe évident de réussite, TF 1! Au point qu’un repas avec sujets qui fâchent vaut à une maman une péremptoire remarque d’ado: «Ce soir, c’est deux en ambiance», joli titre utilisé par le Nouvel Obs dans son édition du 18 juin 2009! Mais il apparaît que la version TSR de concours du meilleur repas rencontre aussi un large public en Suisse romande.

famille

Chez les Javet / Fribourg (12 juin 2009)

Sans le couperet de l’élimination

Même principe: on mange chez chaque invité, par groupe hebdomadaire de cinq sur M6 et en un groupe unique de six à la TSR, selon le critère géographique partiellement cantonal en passant par Fribourg, Vaud, Jura, Genève, Neuchâtel, Jura bernois et Valais. Chaque organisateur de repas reçoit des notes de tous les autres, selon trois critères en M6, repas, décoration, ambiance et deux en TSR, accueil, repas. M6 amorce une inflation de notations, TSR reste discret. Abondance de moyens contre modestie? La télévision commerciale passe déjà à la vente de produits dérivés. Mais le principe du concours est signe clair de téléréalité. Toutefois, le couperet de l’élimination manque, ce qui évite de mettre en avant le souvent démagogique spectacle du suspens.

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Chez les Devaud / Vaud (19 juin 2009)

Cinq fois plus chez M6

“UDPP”, sur M6, parfois annoncé comme un “jeu”, occupe cinq jours en semaine entre 17:50 et 18:50. En otant les génériques de début et de fin, les longues plages publicitaires avec fenêtre ouverte sur la Suisse, indispensables pour une chaîne commerciale mais profondément ennuyeuses pour le téléspectateur, il reste environ quarante-cinq minutes d’émission effective qui se déroule entre cuisine et salle à manger décorée, avec quelques rares sorties et rencontres de la famille de l’invitant.

Le “DALF” de la TSR dure, mais seulement une fois par semaine, environ quarente minutes. Certes, on y entre aussi en cuisine, on y mange en commun dans une salle elle aussi décorée. Mais on participe à l’accueil dans le village par l’agriculteur hôte d’un jour, on assiste à quelques contacts avec les fournisseurs de produits du pays. Pendant que se prépare le repas, on découvre la ferme et ses principales activités.

Dans les deux cas subsiste un coin qui rappelle le “confessionnal” parfois d’assez sinistre mémoire de la téléréalité genre “Love story”. Rien de bien intéressant.

M6 propose donc cinq fois plus de temps d’émission en une semaine que la TSR. Mais faire l’expérience de consacrer une heure par jour à ce type d’émission n’est guère tentant. Deux par semaine, le même vendredi, cela suffit !

Faire connaissance

Chaque lundi, sur M6, il faut faire connaissance. On se voit chez les uns et les autres sans trop avoir le temps de se découvrir. La nervosité de qui procède aux achats et prépare le repas frôle parfois l’inquiétude. Sur la TSR, on fait peu à peu connaissance, de manière calme, tout en découvrant les hôtes les uns après les autres, même si le tournage n’a pas forcément duré sept semaines.

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Chez les Sauser / Jura (26 juin 2009)

Le montage chez M6 est rapide, avec de nombreux plans, à ressembler parfois à une sorte de clip promotionnel qui doit montrer le plus de choses possibles en peu de temps. On est bombardé d’effets visuels et sonores. Sur la TSR, on sent la volonté de dépasser le jeu pour faire connaissance avec des agriculteurs de toute la suisse romande, pas seulement à table, mais dans leur vie partiellement sociale et surtout économique.

La comparaison entre une des cinq émission de M6 et la rencontre hendomadaire de la TSR est assez nettement à l’avantage de la chaîne généraliste de service public. Consacrer cinq heures à un jeu divertissant et spectaculaire demande une patience que je ne possède pas. Et puis, il semble bien que le plaisir d’être à table ensemble soit plus grand entre agriculteurs romands qu’entre quintet d’Outre-Jura.

“Un village français” : enfin une série qui promet!

Vendredi, juin 12th, 2009

Avertissement : ce texte est long. Mais on peut se contenter de regarder les images et leurs légendes. Et chaque partie intertitrée est indépendante des autres. Pour un survol, voir tout en bas “L’évolution de personnages”.

Les séries ambitieuses qui répondent aux désirs des spectateurs exigeants saison après saison sont, pour le moment, américaines. Un imposant projet, «Un village français», fait de brillants débuts sur FR 3. Est-ce enfin le réveil du service public généraliste de France ? Peut-être !


Pas sur la TSR…

Depuis de nombreuses années, la TSR a su, en particulier sous l’impulsion de Raymond Vouillamoz, établir des liens étroits avec chaînes et producteurs français, sous diverses formes. Des co-productions permettaient de réaliser en Suisse un numéro sur les six à dix d’une série ( par exemple “L’instit”). Des préachats sur scénario assuraient une priorité de passage, la diffusion sur la TSR, faiblement présente en France, précédant celle de la chaîne partenaire d’Outre-Jura.

Or ce n’est pas le cas avec cette nouvelle série, “Un village français”, considérable succès en France, modeste à l’audimat mesuré en Suisse. Le téléspectateur romand est peut- être plus séduit par une avant-première que par la possibilité de voir une émission sur une chaîne française. Les acheteurs romands n’ont-ils pas pu ou su, bercés par une lourde sieste, se joindre à ce train qui aura cinquante wagons. Des séries européennes de bonne qualité nous échappent ( ces temps un remarquable “Berlin, brigade criminelle” sur Arte - vendredis soirs). Une fois de plus en fiction, c’est l’Amérique avant l’Europe!

Une image par numéro

Dans le texte qui suit sont insérées six images, une par numéro de la demi-série, avec titre de l’épisode, nature et date de l’événement

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1/ Le débarquement - L’arrivée des Allemands - 12 juin 1940

Vaste projet de soixante heures

Des lectures dans une presse prenant au sérieux la télévision, comme «Télérama», «Le Monde télévision» ou encore «TéléObsCiné» avaient déjà mis l’eau à la bouche. Il s’agit de construire soixante épisodes de cinquante-deux minutes en cinq saisons, de juin 1940 à la fin de la guerre, pour évoquer la vie d’un village du Jura, Villeneuve, (tourné dans le limousin) sous l’Occupation, d’un point de vue assez rare dans la fiction d’Outre-Jura, celui des 90% des français qui voulaient et devaient survivre. Chaque épisode se déroule en vingt-quatre heures. La première demi saison se termine en novembre 1940. La seconde, déjà tournée, passera à l’automne. La décision définitive de construire les cinq saisons dépend du succès de la première. Cela semble acquis dès le 4 juin 2009: plus de cinq millions et demi de téléspectateurs et la meilleure part de marché. France 3 a fait un triomphe; mérité!

“Un village français” n’est pas la première série du genre. Il faut alors citer quelques précédents. En 1970, pour l’ORTF, sur un scénario de René Wheeler, Maurice Pialat signe “La maison des Bois” , une série de sept fois cinquante minutes : un garde-forestier recueille des réfugiés, gosses venus de Paris qui s’intégrent à la vie d’un village. L’allemand Edgar Reitz s’intéresse à l’histoire de 1919 à 1982 dans un film, “Heimat”, d’une quinzaine d’heures diffusé sur petit écran en une dizaine d’épisodes. Cette première série fut suivie d’un “Heimat 2″ de vingt-cinq heures en 1992 et d’un numéro 3 de onze heures en 2004. Et le “Shoah” de Lanzmann est peut-être resté dans les mémoires avec ses dix heures de témoignages en 1985.

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2/ Chaos - Des réfugiés dans un église - 24 juin 1940

L’esprit de la série et ses refus

En octobre 1940, le Vichy du Maréchal prononce des restrictions à l’égard des gens d’origine juive, même français. La directrice de l’école de Villeneuve apprend sa mise à pied. Personne, à ce moment là, ne savait que les camps d’extermination allaient exister et conduire à l’holocauste. Les spectateurs, aujourd’hui, le savent, à part quelques négationnistes. La femme du maire qui apprend la nouvelle alors qu’elle câline un enfant dans son bain pose tranquillement une question : “Elle était juive, Madame Morange ?” Cela correspond bien à l’ambiance de l’automne 1940.

Lors de l’épisode 2 - journée du 24 juin - on aurait pu, par une astuce de scénario, au moins faire allusion à l’appel du général de Gaulle diffusé le 18 juin à une seule reprise par la BBC. La radio était alors un moyen de communication fort écouté. Mais évoquer l’Appel appartient à une fiction qui privilégie Résistants ou Collaborateurs, donc pas la grande majorité d’où viennent les personnages de “Un village français”. Renoncer à évoquer cet appel est un choix au sens clair : les réfugiés dans une église lors de l’exode, le 24 juin 1940, avaient d’autres préoccupations!

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3/ Passer la ligne - Franchir la ligne de démarcation - 30 septembre 1940

Creuser les zones grises

Le scénariste Frédéric Krivine assume la responsabilité de l’ensemble de la série en étroite liaison avec l’historien Jean-Pierre Azèma, auteur de «La France des années noires». Des groupes de scénaristes sont déjà au travail pour la deuxième saison

. Dans le premier épisode, avec leur institutrice, des gosses partent dans la nature pour “herboriser”. Un avion allemand attaque leur groupe : morts et blessés. Dramatisation excessive ? Liberté fut ainsi prise d’inventer une séquence qui n’aurait guère eu de chance de se produire.

Le scénariste affirme : A l’époque, les gens écoutaient beaucoup la radio, il est peu probable qu’ils aient laissé des enfants partir en picnic ce jour-là. Mais cela permet d’esquisser le portrait de l’avant-guerre et de mettre en scéne le traumatisme qui va marquer toute une communauté (Frédéric Krivine - TéléObs). Priorité à l’émotion avec une amorce de dramatisation nullement gratuite!

L’historien Jean-Pierre Azéma a suggéré de placer Villeneuve dans le Jura et pas en Bretagne, non loin de l’Alsace et la Lorraine, de la Suisse, de la ligne de démarcation, de Lyon qui deviendra la capitale de la Résistance. Le Jura est pour lui une terre de passeurs. Sa suggestion a été suivie. Mais elle a conduit à certaines mises au point : J’ai réclamé moins de communistes et plus de catholiques ! Le parti communiste, c’est la marotte de Frédéric Krivine. Mais à l’époque, le Jura était très catholique et les signes de foi beaucoup plus visibles qu’aujourd’hui. Je voulais plus de curés, de gens qui s’agenouillent en public et récitent le Pater..(TéléObs).

Pourquoi tout cela ? En 1940, on ne sait pas ce que sera l’Occupation, c’est seulement la vie de tout un chacun; on ne sait pas non plus ce que sera le sort des Juifs , on s’aperçoit juste que l’institutrice vient d’être révoquée, et tout à l’avenant. ( Frédéric Krivine - Le Monde, télévisions.) Ou encore : Loin de Tous des héros et du tous des salauds, on voulait creuser les zones grises (Jean-Pierre Azéma, même source)

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4/ Sur la terre comme au ciel - Un parachutiste anglais accidenté - 15 0ctobre 1940

Souvenirs personnels

Le long de la frontière, dans le Jura, entre la Suisse et la France, l’exode de 1940 fut aussi l’accueil parfois à de courtes distances de voisins français installés chez l’habitant suisse pour quelques jours. Le Jura, c’est un pays de passeurs, en effet. En marge de la série me sont revenus des souvenirs assez personnels, la rentrée tardive un soir de mon grand-père qui s’était rendu pour son travail de l’autre côté de la frontière, ma professeure de piano qui habitait Pontarlier. Ce sera pour une autre fois.

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5/ Marchés noirs - Petits trafics - 5 novembre 1940

L’évolution de personnages

(à suivre)

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6/ Coups de froid - 11 novembre 1940

Conclusion provisoire

Admiration pour le projet, confirmation de la réussite avec les quatre premiers épisodes, accueil magnifique du public en France: quelques raisons de signaler en urgence une série française de cinq saisons qui prend un excellent et prometteur départ (Episodes 5 et 6 – 18.06.09 vers 20:30 – FR3 ).

«Guerre froide à la TSR»… en 1971

Vendredi, juin 5th, 2009

Trois  propositions intéressantes sur le petit écran en chaînes francophones en ce début de juin 2009. Il fallait choisir. C’est fait !

D’abord une page d’histoire désormais lointaine, «Un village français», six épisodes de cinquante minutes, présentés deux par deux (jeudis 4, 11 et 18 juin 2009 – France 3); le présent et l’avenir écologique de la planète, «Home», en multimédia réunissant plus de cent pays, autour de documents du photographe Arthus-Bertrand (un peu partout, soirée du vendredi 05.06.09); un regard pertinent sur l’Histoire de la télévision, en 1971, «Guerre froide à la TSR» ( TSR 2 – Histoire vivante – 20h30 – dimanche 07.06.09)

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Cinq des six expulsés de 1971, de haut en bas Marlène Bélilos,
Pierre-Henri Zoller, Pierre Nicole, Jean-Claude Deschamps,
Michel Boujut.

“Tard pour Bar” salue “Guerre froide..”

D’une émission de la TSR, «Tard pour bar» fait son sujet de discussion principal (Jeudi 04.06.09 – 22 :45). Pour bien suivre le débat, il faut avoir vu l’émission ce qui n’était pas possible! Assez intéressant. Mais de quoi s’agit-il? A l’automne 1971, six collaborateurs de la TSR sont abruptement congédiés, accusés – en gros – de subversion gauchiste. Avant cette décision brutale, des incidents mettent en cause le «Canal 18-25» de Nathalie Nath qui profite d’une réelle liberté souvent en direct. Certaines émissions (dont on ne retrouve plus de trace dans les archives d’aujourd’hui) sont interdites. Frapper fort a alors ramené le «calme» mais divisé les esprits.

Qui aujourd’hui a plus de cinquante ans peut avoir en mémoire l’une ou l’autre des émissions de “Canal 18-25″. Pour les plus jeunes, l’émission de Nathalie Nath appartient à la mémoire de la télévision. Il n’en reste pas moins qu’une discussion de ce genre avec un “acteur”, Pierre Nicole, un témoin plus ou moins engagé, Francis Reusser, Eric Burnand, le journaliste qui signe le document avec le réalisateur Frédéric Zimmermann pose des questions intéressantes. Personne, semble-t-il, ne sait ce que sont devenues des émissions interdites d’antenne qui ne sont pas dans les archives. Des documents non publiés restent des éléments précieux d’information sur un état d’esprit. L’audace de l’époque fut heureusement prise en compte dans le mini-débat, limites rapidement atteintes. A peine Nicole fait-il allusion à un certain “talk-show” de la TSR où tout le monde parle parfois en même temps laissant le téléspectateur dans la confusion que Michel Zendali préfère passer à autre chose plutôt que d’avoir l’audace de lui demander à quoi il fait allusion.

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Nathalie Nath, l’animatrice durant quelques années de «CANAL 18-25», une émission souvent en direct qui ne manquait pas d’audace.
Jetée comme les cinq autres, elle fit plus tard son retour à la TSR,
en partie grâce à Raymond Vouilllamoz.

Le jeune de service, journaliste à la TSR, François Roulet, qui n’était pas né en 1971, est appelé à parler de l’ « audace ». Certes, cette notion est élastique : elle l’est pas rapport à la société, ses limites et son degré de tolérance à chaque époque. Il affirme tranquillement qu’il y a autant d’audace aujourd’hui qu’hier. Mais on dévie alors sur internet où tout peut se passer ; encore s’agit-il de trouver ce qui prend parfois beaucoup de temps. A cet instant du débat, il serait intéressant, même pas audacieux, de demander à son invité de citer des exemples d’audace d’aujoud’hui. Point ne fut fait. Et Reusser d’ironiser en rappelant que l’audace, ce n’est en tous cas pas “votre journaliste” qui termine son « micro- trottoir » fièrement d’un « J’en ai plein le cul »! Et vive l’ « audace » esprit 2009 issue d’une caméra qu’on traîne dans la rue en collant un micro devant des gens chargés de dire si possible de grosses bêtises, au premier degré

“Guerre froide..” : excellente “Histoire vivante”

Le document, signé Eric Burnand et Frédéric Zimmermann, est fort bien fait, dans un subtil mélange de sources différentes. A signaler la simplicité des entretiens récents, sur fond sombre, avec matériel de prises de vue et de son dans le champ et des bulles jaunes délicieusement criardes pour y enfermer d’anciennes citations. L’information proposée par «Histoire vivante», quarante ans plus tard, est d’un grand intérêt. Les incidents de 1971 se produisent à une époque où les autorités politiques sont promptes à s’indigner et à agir, parfois en coulisses. Des suisses en voulaient à d’autres suisses dans un climat digne de la guerre froide. Ils n’avaient déjà par tellement apprécié les frasques de « Gulliver » lors de l’Expo de 1964 et souhaitaient voir revenir l’ordre après les élans de la fin des années soixante dans maints pays, pas seulement le « mai 1968 » de France.

1971

Mais oui, des «veinards» qui travaillaient pour la TVR osérent,
en Suisse, en 1971, faire grève, ce qui était, par interprétation simplifiée de la «paix du travail» par une partie de la droite bien pensante, chose autant interdite que scandaleuse! Le suffrage féminin au plan fédéral venait à peine d’être accepté par le peuple le 7 février 1971. Micheline L.Béguin présidait le conseil général de la commune des Verrières tout en signant des textes consacrés à la télévision.

Problèmes internes tendus, diffusion de documents, grève inattendue, manifestations gauchistes dans la rue, mises en garde, contacts avec la direction générale à Berne, avec un puis deux conseillers fédéraux, avec la police genevoise et fédérale : tout ce mécanisme en partie inconnu est fort bien décrit. Certains témoignages reflètent aussi des inquiétudes qui se faisaient grandes dans quelques cantons. Ici ou là, directement ou non, l’autorité cantonale était prête à intervenir. Discrètes allusions y sont faites.

Il est bon de rappeler qu’au début des années septante, une série de « portraits » consacrés à chacun des cantons suisse, « 25 fois la Suisse » avait créé de sérieux remous à Neuchâtel. Le choix des films à mettre à l’antenne était limité : il suffisait qu’il soit interdit dans un canton pour que son passage sur le petit écran devienne impossible. Et en Valais, on interdisait souvent

Le rôle de “René Schenker

Il y avait, en 1971, beaucoup d’audace dans le travail de l’équipe de jeunes autour de « Canal 18-25 ». Insupportable, pour les dirigeants d’alors de la TSR ? Mais leurs réactions furent en partie provoquées par des pressions politiques venues de l’extérieur, d’un avocat valaisan à un conseiller fédéral. Les faits sont évoqués dans le document qui peut, en principe, être consulté sur le site de la TSR. Par contre, il est intéressant de s’interroger sur les limites atteintes par les informations données. Pour les jeunes, difficile de faire le tri entre ce qui se savait ou était pressenti en 1971 et ce qui ne l’était pas. Car il y a maintes informations nouvelles obtenues dans des conditions qui seront évoquées ci-dessous. Appel fut fait par le directeur d’alors de la TSR, René Schenker, à la direction générale de la SSR qui n’était pas encore une idée suisse et même à certains conseillers fédéraux. Il fallait bien obtenir un feu vert au moins officieux pour que la police fédérale ainsi que les unités de la police genevoise enquêtent sur ces dangereux conspirateurs prêts à faire sauter les installations de la Dôle! Cinq des six expulsés, le cas de Nathalie Nath étant resté à part, déposèrent plainte, se retrouvèrent devant un tribunal qui les acquitta faute de preuve : impossible alors de citer en justice des enquêteurs des polices “politiques” et des écouteurs de conservations téléphoniques.

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Réné Schenker, partiellement «saltimbanque» venu de la musique, dirigeait la télévision quand furent jetés aux orties six collaborateurs.
Il surprit par son attitude une partie de ceux qui voyaient en lui, souvent à juste titre, un homme ouvert.

La direction de la télévision d’alors était-elle seule responsable de toute l’opération ou aurait-elle été débordée par des détenteurs plus haut placés de pouvoir ? Le document ne tranche pas sur la responsabilité finale. En 1971, René Schenker venait, par exemple, d’ouvrir une porte en modifiant les liens entre la télévision et des cinéastes aux tempéraments assurément créatifs, les Alain Tanner, Claude Goretta, Michel Soutter, Jean-Louis Roy, Jean-Jacques Lagrange ensuite remplacé par Yves Yersin. Le « Groupe des cinq » aura alors contribué largement à faire connaître le cinéma suisse à l’étranger. Et ces réalisateurs apportèrent de remarquables contributions entre autres à « Temps Présent ». René Schenker fut-il à la fois docteur Jekyll et Mister Love ?


Ouvrir les archives

C’était il y a près de quarante ans. L’équipe qui signe « Guerre froide à la TSR » a eu accès à des archives qui n’étaient pas publiques – où, à la TSR, à Berne à la direction de la SSR, ailleurs encore ? Toujours est-il qu’elles ont été ouvertes, ce qui est bien. On peut même évoquer à ce propos une certaine audace.

Des témoins ou acteurs des événements ont été interrogés. Ils répondent entre très franchement ou un petit peu d’embarras. Un risque alors de les mettre tous dans le panier de ceux qui expulsèrent. Mais entre l’attitude souriante du policier qui mena des enquêtes trouvant que les « accusés » n’étaient vraiment pas très dangereux et des les réserves qui furent alors exprimées à propos de l’attitude d’un Claude Torracinta, les nuances manquent. Torracinta, pour les radicaux de Zürich et de Berne, passait pour un dangereux complice des gauchistes alors que nombre de ces derniers voyaient eu lieu un social traitre ! La guerre froide est époque de confusion.

lequipe

Aux commandes de «Canal18-25», Gérald Mury et NathalieNath, souvent en vrai direct pour des sujets habillés de tabous.

Du passé, tout cela ? Oui, certes, mais ! Une émission terminée, qui ne provoque pas de discussion sur sa qualité, et qui est placée sur une étagère pour des raisons politiques, c’est assurément de la censure. Un « Temps présent » vient d`être récemment interdit d’antenne qui avait en partie pour sujet l’accès relativement facile aux drogues sans certains types d’établissement. Il fallait assurément couper court à une polémique de presse qui allait révéler qu’un caméraman s’était fait une ligne pendant le tournage. Ce qui fut fait avec habileté. A quel prix ? Au refus de présenter l’émission, là où il suffisait de parler d’un renvoi à des temps moins troublés. La censure reste la censure. On reviendra peut-être sur cet incident dans vingt ans !

Encore un peu d’audace

Dans ces années 60/70, l’audace se glissait un peu partout, puisque la télévision était faite par des réalisateurs et des journalistes qui croyaient même parfois contribuer à changer les monde. Puis est venue la télévision des producteurs et celles des programmateurs. Et l’audace créative a disparu peu à peu ! Deux ennemis sur son chemin : l’audimat qui mesure la présence du plus grand nombre à suivre sans le reconnaître, surtout utile pour vendre et facturer les espaces publicitaires et la téléréalité l’esprit se glisse franchement ou insidieusement partout, même dans les chaînes généralistes de service public, mais pesante que chez les commerciales, certes. Alors l’audace croire de solides concurrences.

Mais de l’audace, il en reste parfois un peu : dans le choix des sujets et l’ouverture des fournisseurs de la documentation ; dans les séries pointues pour le moment d’origine surtout américaine mais dont la programmation est tardive. Audace aussi dans des émissions particulières, parfois même pour leur forme. Mais la télévision « moderne » des chronométreurs a trop d’exigences de formatage ! L’audace est malade !