Interactivité superficielle
Vendredi, avril 24th, 2009(1) Des micros qui font le trottoir
Lundi 20 avril 2009, dès 20h10 sur TSR 2: débat sur les élections cantonales neuchâteloises, avec les six candidat(e)s au conseil d’Etat. Introduction des responsables éditoriaux à la partie sur les transports publics, le RUN en particulier, la formation et la santé.
Ce petit ensemble de représentant(e)s du public est composé de trois sous-ensembles sollicités au Locle, à la Chaux-de-Fonds et à Neuchâtel. Le sujet de Neuchâtel concerne le «RUN»! Sont-ce là les réponses des seules personnes rencontrées? Est-ce le résultat d’un choix au montage? Autrement dit, est-ce là le reflet de que la télévision estime nécessaire pour lancer le débat: Madame et Messieurs les invités, les gens ne savent rien de votre RUN! Il faut dire que cette méconnaissance aura été prolongée par un candidat affirmant qu’on ne sait pas d’où partira ce RUN, certes de Neuchâtel, mais dans quel coin et où il arrivera, certes à la Chaux-de-Fonds mais où? Il s’est fait reprendre vertement par un autre candidat. Mais écrire partir de Neuchâtel et non pas de La Chaux-de-Fonds est-ce creuser un peu plus le fossé entre Bas et Haut? Les deux autres sujets étaient du même tabac.
Ces peu supportables micros tendus sur un quai de gare ou ailleurs sur des sujets qui reflètent le volonté éditoriale sont donc confiés à des monteurs qui effectuent des choix orientés comme cela se fait entre prises différentes en fiction. Il est au moins un autre micro-trottoir tout autant détestable, qui nous vient de la radio appelée au secours de «Tard pour bar». Une très petite équipe interroge, en principe dans le bassin lémanique, des gens sur le sujet du principal débat du soir. Au montage, il ne reste que des remarques bêtes, ignorantes ou parfois, mais rarement drôles. Ce petit jeu de réponses à côté de la plaque sert de faire-valoir au narcissique questionneur présent dans l’image.
La jolie Eilen Ichters, que Zendali caresse du regard à “Infrarouge”,
du radiophonique “Couleurs 3″, s’occupe du tapis…sonore
sans s’occuper de l’équipe du trottoir
Les responsables des programmes de la télévision (et certainement aussi de la radio) pensent-ils, avec de tels sujets de montage orientés dans le sens des vœux de l’équipe responsable de l’émission qu’ils tiennent là un bon moyen d’interactivité pour faire semblant d’ouvrir un dialogue entre «le» public et … oui, diable, mais qui d’autre ?
(2) Des SMS ignorés des invités
Mardi 21 avril vers 23h00, à «Infrarouge», l’émission qui écrase toutes les autres quand l’actualité se fait sentir. Elle remplace même un «Temps présent» pour occuper le premier rideau, y compris certains mercredis soirs – le 29 avril 2009 avant la prochaine votation fédérale, ce sera en présence de Mme Widmer-Schlumpff.
Elle dispose aussi d’une exclusivité, la liberté de passer les SMS de n’importe qui, anonymes de l’écran, transmis en direct pendant la diffusion d’une émission enregistrée quelques heures auparavant. Les SMS que les téléspectateurs lisent en perdant parfois le fil ne sont donc pas connus de ceux qui participent au débat. Mais quand Barak Obama se fait traiter de chien, il y a peu de chances qu’il s’en offusque, même si l’auteur appartient à une culture dans laquelle «chien» est une injure.
Dans un précédent numéro, Esther Mamarbachi portait du noir d’une
part, du blanc de l’autre. La voici en rouge, pour enrichir la
collection, même sourire, presque mêmes mèches sur front!
L’interactivité selon les responsables éditoriaux passe donc par les SMS. Elle est complétée sur le site d’«Infrarouge» par de nombreuses interventions courtes. Mais vous n’y trouverez pas un texte comme celui-ci! Le nouvelle équipe n’a pas osé s’interroger à propos du «chéri» des anciennes.
Elisabeth Logean, complice discrète d’Esther Mamarbachi, en violet
pour compléter la gamme des couleurs.
Plus de trente images, le 23 avril 2009, pour “Infrarouge”,
Mamarbachi en tête avec 13 citations, suivie de Logean avec 9.
Viennent ensuite Zendali (6), Lorenzi (2) et Romaine Jean (1). Mais
ces nombres ressemblent à une forme de micro-trottoir…
La vraie interactivité est ailleurs: il y avait mardi dernier des états généraux de la santé en une table ronde urgente convoquée par le conseiller fédéral Couchepin sur la santé alors que les primes de 2010 risquent d’exploser. Quelques-uns des principaux participants à cette table ronde officielle se retrouvaient, bien sûr, à «Infrarouge», majoritairement composé d’une nouvelles classe sociale, un actuel conseiller d’Etat vaudois et d’anciens promus à de hautes destinées.
De la table ronde fédérale, on aura surtout entendu parler avec de sérieuses réserves sur le coût du coup des trente francs par consultation, six fois l’an – projet qui revient donc, pour une partie des assurés, à faire passer la franchise de base de trois cent à presque cinq cents francs.

Et pour vous, lectrices : Massimo (Lorrenzi) était animateur
d’”Infrarouge” quand il fut nommé chef du service des sports, mains
dans les poches et sourire stade et ballon rond.
De tous les invités à cette table ouverte plus un moins ronde, un seul – à ma connaissance – a émis par ailleurs quelques doutes au sujet des SMS, le conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard. Bien fait pour lui: l’autre soir, un SMS le mettant en cause a défilé sur l’écran durant une de ses interventions! Précieux hasard de la méthode à la base de cette interactivité: la contestation et parfois l’injure, sous le couvert de l’anonymat, reste à sens unique! Est-ce ainsi de bonne éthique?












