Archive pour mars, 2009

Actrices connues et petits écrans

Vendredi, mars 27th, 2009

Les différences entre cinéma et télévision, dans la fiction, tendent à se réduire. L’importance des interprètes reste grande dans les deux secteurs. Que se passe-t-il donc pour que des actrices fort connues ou même célèbres acceptent le rôle principal dans certaines séries ou film?

La journée de la jupe – Isabelle Adjani

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L’affiche du film de Jean-Paul Lilienfeld avec Isabelle Adjani.
Livre dans une main, arme dans l’autre: Sonia Bergerac pratique une bien curieuse pédagogie!

Isabelle Adjani se fait rare. La voici pourtant dans le rôle d’une enseignante de français qui «pète les plombs» devant ses élèves chahuteurs insupportables. Elle s’empare d’une arme tombée d’un sac et finit par maîtriser sa classe dans une salle insonorisée. Une fable bien conduite avec du suspens logique!

Dans certaines publications françaises consacrées à ce film au titre mystérieux, les compliments fusent. ARTE, qui a présenté ce film trois fois ces derniers jours, se réjouit d’une audience atteinte en France, un record pour elle: près de deux millions et demi de téléspectateurs, un dix pourcent de part de marché. La TSR, partenaire avec son pré-achat sur scénario et dossier de production, connaîtra peut-être semblable succès. A moins que la sortie du film dans des salles de France dès le mercredi 25 mars 2009 devienne un succès qui, au départ, n’est pas certain.

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Livre dans une main, arme dans l’autre: presque la même image. On pourrait jouer au jeu des différences !
Sonia Bergerac (Isabelle Adjani) pratique une pédagogie curieuse.

Passer sur petit écran immédiatement avant une sortie en salles est une forme de diffusion aussi rare qu’originale. Isabelle Adjani est-elle seule LE moteur de ce succès ?

«Damages» - Glenn Close et «Saving grace» - Holly Hunter

Inutile d’être grande actrice et de se «compromettre» sur le petit écran avec des rôles anodins. Déjà dans «Damages» (la première saison intrigante vient de se terminer sur TSR1 ) brille le cynisme souriant mais peut-être fragile de Glenn Close.

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Glenn Close ( “Damages”) et son vague sourire inquiétant

La série qui lui succède, «Saving grace» (première saison dès le 23 mars 2009, les dimanches soirs) est aussi portée par une actrice assez connue, Holly Hunter. Deux grandes dames l’une après l’autre dans des séries américaines: un petit événement! A une chaste et brillante avocate qui ne supporte pas l’échec et ne recule pas sur les moyens pour réussir succède une femme policière qui boit, fume, s’envoie en l’air avec une parfaite inconscience tout en exerçant avec efficacité son métier.

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Holly Hunter (”Saving grace”) devant une ligne
électrique aux poteaux en forme de croix, vague rappel de ses
affrontements imaginaires avec un ange bizarrement “protecteur”

Semaine des médias 2009

Vendredi, mars 20th, 2009

La «Convergence», notion dont on parle beaucoup depuis des semaines, alors que la communication officielle à son propos ne semble pas avoir été très dense, fait donc grand bruit avec la perspective de fusions ou de rapprochements entre radio et télévision. «Rien n’est vraiment décidé» affirme-t-on à la SSR, mais il va certainement se passer beaucoup de choses. On aura l’occasion de suivre cet imposant dossier. Restons-en aujourd’hui à un programme.

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Enquête d’investigation en Romandie : Sarah, treize ans, songeuse, papier en main…

La «semaine des médias» organisée par Christian Georges, responsable «médias» auprès de la CIIP (Conférence Intercantonale de l’Instruction Publique) s’est achevée le vendredi 20 mars 2009. Il est absolument normal que le «média» TV ait proposé une mini-série à disposition de centaines de classes de suisse romande qui viennent d’y participer. Cinq modules de dix minutes environ ont été présentés trois fois chaque matin sur TSR 2 à 07 :50, 08 :50 et 12 :20 pour survoler des sujets comme «Les gratuits, les rubriques people». Il s’agit là d’une forme de télévision modestement efficace, mais disposant d’un bon atout, la présence d’une adolescente de treize ans, Sarah, très à l’aise au point de reconnaître tranquillement qu’elle «n’a pas la langue dans sa poche». ; exact ! Son globe-trotter de rêve qui court le monde entier pour faire de l’information d’investigation et le journaliste de la réalité quotidienne noyés sous la quantité des informations venues de partout, il y a une place pour un difficile atterrissage comme celui d’Icare..

Deux principes au moins devraient être appliqués par tout journaliste où qu’il soit, transmettre la vérité (en respectant la vie privée) et vérifier ses sources. Il est intéressant de s’arrêter à un aspect de l’information apportée par la «mini-série»
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Sarah, treize ans, souriante, caméra à l’épaule: un avenir ?

Le «Matin bleu», qui va se fondre prochainement dans «20 minutes», fut choisi comme exemple de la presse la plus lue de Suisse romande. Il était naturel que l’on y aborde la place des nombreuses brèves consacrées à des personnes que l’on nomme les «peoples» ( Parfait «modèle»: Paris Hilton). De la bouche de la journaliste Stéphanie Billeter sortit une Vérité inattendue: ces nouvelles sont là pour «tourner en bourrique» les «peoples» cités dans ce genre de presse gratuite. Pour ma part, je suis abasourdi par cette révélation!

Un vrai scoop !

“Damages” après les “Sopranos”

Vendredi, mars 13th, 2009

En France, « Canal+ » en fit un lancement comme s’il s’agissait d’un « Blockbuster » cinématographique. Certes, Glenn Close ( Patty Hewes) est une ample vedette. Mais cela n’explique pas tout. Il faut beaucoup plus de temps devant le petit écran que le grand pour emmagasiner la même quantité d’informations et de moments d’émotion. Les séries les plus habiles exploitent de mieux en mieux la durée qui crée une attente, pour autant que le diffuseur ne brûle bêtement trois cartouches et souvent deux le même soir.

La première saison de la série de Todd A. Kessler et Glen Kessler se termine ce dimanche 15 mars 2009 (TSR1). Bien sûr, par quelques surprises ! Les deux « auteurs » peuvent être satisfaits de leur travail qui confirme les qualités d’une autre de leurs prestations, «Les Sopranos ».

Pour les treize épisodes de la première saison, on a pu lire dans les génériques les noms de douze réalisateurs. Il n’y a pas douze styles différents de mise en scène. A l’écriture, vingt-six participations sont signalées, neuf fois celle de Todd A.Kessler, huit de Glen Kessler, quatre encore de Mark Fish. Le véritable auteur de cette série est le duo Kessler qui la conçoit et dirige les équipes qui écrivent. Entre les travaux d’un même groupe, il devient intéressant d’observer cohérences ou différences.

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Riche image, bon reflet de la série ! Noirs et bleus. Appuyée sur une table qui joue les miroirs, Glenn Glose semble dominer, même de dos, New-York ! Un léger sourire vaguement cyniqueet ironique permanent s’inscrit sur sa bouche pincée. Une dominatrice en pleine lumière. Son reflet sombre ? Presque elle, devant New-York inversé, pas les mêmes cheveux, pas les mêmes lèvres, pas le même regard. Son double, une autre elle-même, Rose Byrne. Une manière d’annoncer la deuxième saison ?

Les personnages des « Sopranos » étaient souvent de parfaits voyous, mais insérés dans l’apparence d’une société bourgeoise conformiste. On croit d’emblée savoir qui sont ceux de « Damages », Patty souriante, dominatrice et intrigante, Eilen Parsons (Rose Byrne) ambitieuse et droite, Arthur Frosbicher (Ted Danson), criminel en col blanc et bon mari. Peu à peu nuances et contradictions apparaissent. La durée de projection d’une saison – une dizaine d’heures au moins – permet aisément de mettre en scène le temps : le « temps » zéro est situé au moment où Eilen, habits déchirés, ensanglantée, court dans une rue en pleine nuit.

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Rose Byrne, dans une image fort proche d’un épisode de la série. Eilen Parsons apparait calme, sage, innocente, ambitieuse. Mais son double reflet esquissé, difficile à comprendre techniquement, ouvre un bien bizarre horizon à son propos. Serait-elle non seulement double, mais triple ? On le devine déjà. On en saura davantage peut-être durant la deuxième saison.

Certains événements sont alors clairement annoncés comme se déroulant mois ou semaines plus tôt ». On retrouvera même des événements qui se sont déroulés plusieurs années auparavant. Mais Eilen se trouve en prison après son apparition en victime, accusée du meurtre de son fiancé : jeu subtil sur le temps ! Exemple de la richesse aussi des structures de cette série.

Hommage à Alexandre Burger

Vendredi, mars 13th, 2009

1920 - 2009

Il fut des premiers dès les débuts de la TSR, comme « pigiste » puis collaborateur régulier dès 1958, journaliste créateur d’émissions qui allaient devenir importantes, « Progrès de le médecine » ( 1958), « Continents sans visa » ( 1959), passionné d’aviation, attiré par le direct en ses exploits presque impossibles ( l’ascension du Cervin avec la BBC), respectueux par exemple avec le général Guisan d’une belle voix presque douce et surtout d’un regard direct.

Alexandre Burger

Alexandre Burger (Photo TSR)

L’homme d’antenne fut ensuite transformé en responsable du département de l’information en 1965 et directeur des programmes de 1972 à 1982. Ce n’est pas la carrière qui l’aura le plus passionné, comme vient de le rappeler à l’antenne l’ancien directeur de la TSR, Guillaume Chenevière !

Il appartint donc tout au long de sa carrière à l’ère des journalistes triomphants, puis des producteurs inventifs. Il osa beaucoup, fut un aventurier d’une télévision sans audimat. Devaient alors apparaître à l’écran des émissions comme le téléspectateur le souhaitait vraiment. Une sensibilité, une intuition perspicace répondaient alors à cette demande pas forcément formulée à haute voix.

Ces années- là ( 60/80) furent aussi celles qui virent s’établir des liens étroits entre ceux qui faisaient de la télévision en aimant la faire et quelques-uns de ceux qui l’observaient avec attention. Les conférences de presse d’alors étaient animées, mais aussi prolongées ou préparées dans l’improvisation des rencontres. Nous fîmes alors bonne connaissance sans atteindre l’amitié. Un jour ayant joué du chrono pour mesurer, je ne sais plus quel équilibre, Burger me fit franc reproche de cette attitude d’horloger…neuchâtelois !

Les années 55/75 furent aussi celles où bon nombre de conseillers d’Etat prenaient le téléphone pour secouer les puces des animateurs de télévision soupçonnés d’être trop à gauche. Burger sût défendre ces accusés souvent innocents contre ce genre de pression, sans pourtant devenir pour les attaquants un dangereux « maoïste ».

La télévision de Burger et du temps de Burger? Il fallait tout inventer pour que l’antenne soit nourrie de bonnes, originales, surprenantes émissions. Il fut l’un de ces inventeurs !

Freddy Landry


Archives concernant Alexandre Burger :

– Pilote des Glaciers : Hermann Geiger, Jean-Jacques Lagrange, réalisateur, Alexandre Burger, journaliste, 1958 – 33 minutes – noir/blanc http://archives.tsr.ch/dossier-pilote

Lire aussi le Médiatic 89, en page 8 sur le même sujet : http://www.rtsr.ch/rtsr/mediatic/89.pdf