Archive pour février, 2009

Jeux de balles et de lattes!

Vendredi, février 27th, 2009

Mercredi 25.02.09, Coupe UEFA, quarts de finale: les trois réseaux de l’Helvétie donnent la même rencontre, Chelsea contre la Juve! Imposé par l’UEFA suite à un contrat? Choix des autorités sportives d’«Idée suisse»? Un exemple de la future convergence? Pourquoi faire tous la même chose au lieu de choisir chacun une rencontrer et de suggérer au «client» de pitonner. Seul changerait la langue du commentaire: pas grave!

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Duel entre le brésilien du Real de Madrid Marcelo (en blanc) et Arbeloa de Liverpool (à droite). (Photo Keystone)

Souvent on regrette que les «petits» sports ne trouvent guère de place sur une chaîne généraliste de service public. Audimate oblige! Vu par hasard du handball en France; regardé de temps en temps du basket suisse et autre. Dans ces deux sports, les moments importants se déroulent devant une cage ou sous un panier, tous les joueurs regroupés sur un arc d’ellipse. La bonne partie du terrain ne sert qu’à une course rapide en rares passes. Un demi terrain de transition sans intérêt!

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Nina Crelot (en blanc) tente d’échapper à Polonz Oberc dans le duel féminin en tre Union Neuchâtel et Riva. (photo L’Express-Leuenberger)

Le ski est roi, pour encore quelques jours. L’alpin domine, plus chez les hommes que les femmes, slalom, géant, super géant, descente, combiné, globe de cristal. Supprimez le son: le spectacle reste un peu le même. Autre suppression plus difficile à imaginer: aucun temps, aucune différence verte ou rouge avec le meilleur, pas de vitesse instantanée. Quel intérêt subsisterait quand les écarts descendent sous la seconde? Les répétitions des mêmes passages sous de mêmes angles, d’une chute, de la même branche envahissante d’un mélèze deviennent lassantes. Ces compétitions marquent le triomphe de la chronométrie.

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Ski alpin: Dimitri Cuche a récemment remporté une médaille aux Univertiades en Chine. (photo L’Express-Leuenberger)

Complément le 28.02.09 à 14h00 : Dimitri Cuche a remporté, non pas une, mais deux médailles d’Or en Chine, en slalom géant et en slalom spécial (fy)

On parle presque en continu sur la bande sonore, pour meubler les attentes. On aura entendu souvent évoquer la moustache de William Besse ou le retour aux USA de Bode Miller pour y célébrer le premier anniversaire de sa fille; il en a une! Cela fait démagogie «people». Lors de sa victoire en géant, Cuche avait un nouvel équipement qui lui a réussi. Lequel, en quoi consistait-il? Pourquoi rate-t-on un fartage en ski de fond? Et si l’on tentait de temps en temps d’expliquer comment se produisent les progrès?

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Saut à ski: Simon Amann est le Suisse en forme cette saison. (photo Keystone)

(Complément du 28.02.09 à 14h30 : …mais c’est Küttel, forme revenue au bon moment, qui gagne la médaille d’or au grand tremplin à Liberec. En un seul saut, la médaille est pourtant entière….- Fy)

Une réussite technique indéniable, qui fait comprendre ce que représentent les écarts mêmes minuscules : les images superposées du même parcours de deux coureurs. Magnifique ! Plus souvent ces ballets, moins de mots moustachus !

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Ski alpin: la seule surprise signée Bode Miller cette année vient de l’existence de sa fille. (Photo Keystone)

ARTE à la Suisse: fondue, röstis et polenta!

Vendredi, février 20th, 2009

Avertissement : Les “intellos” “farfelus” auxquels il est fait allusion dans le texte qui suit, à l’invitation de Bernard Cathomas, qui va très prochainement quitter la direction de la “Radio e Televisiun Rumantsch” (RTR), se nomment entre autres Roger de Weck, journaliste, Gilles Petitpierre, juriste et ancien conseiller aux Etats, Hans Stöckli, maire de Bienne, Roger Blum, professeur à l’Université de Berne. Des “pointures” à l’évidence ! C’est Jacques Pilet, ancien collaborateur de la TSR, journaliste, créateur de journaux, qui affirme que la proposition d’une sorte d’ “Arte à la Suisse” aurait mis Armin Walpen, pdg de “SSR-SRG, idée suisse” hors-de-lui ! ( A suivre en romains)

Il sera question ci-dessous d’une notion nouvelle, la “convergence” qui soulève des problèmes de diffusion de l’information sur différentes canaux, sans que l’on évoque le contenu. Or l’exigence de qualité reste importante - mais c’est alors parler d’une très vieille télévision où les créateurs avaient la priorité. Il subsiste quelques restes de cette télévision exigeante, dans le secteur bien précis de la co-production entre la télévision et le cinéma. Cinq images illustrent cinq films dont la télévision peut être fière d’être co-productrice ! (A suivre en italiques)

 

 

 

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Travis Shakespeare et Olga Rosin dans “Big Sur” de Pierre-Adrian Irlé
et Valentin Rotelli : un des cinq “nominés” dans la catégorie court-métrage. Un romand et quatre suisses alémaniques, tourné aux Etats-Unis, en anglais, avec sous-titres français !

Une dizaine de “quartz” seront décernés à Lucerne le 7 mars 2009.

 

 

Un peu plus de cinquante ans de télévision en Suisse et déjà cinq périodes, dominées par les auteurs créatifs, les journalistes investigateurs, les producteurs prudents, les programmateurs pour audimate et les « Touttouttout » : « tout tout de suite tout le temps » déjà remplacé par « tout sur tous canaux en tous temps et en tous lieux ». Un joli schéma : au centre une rédaction qui produit des informations et les distribue vers le petit écran, le poste de radio, l’écran de l’ordinateur et la fenêtre du téléphone portable. On appelle cela la « convergence » qui fait l’objet de la majeure partie d’une nouvelle, luxueuse et intéressante publication trimestrielle de la SSR, « Idée suisse » (01/2009).

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Au café romand - Richard Szotyori - peut être vu sur grand écran puisqu’il est associé à “Un autre homme” de Lionel Baier. Bonne attitude que celle des responsables de la diffusion du long-métrage que de faire une place à un court !

 

 

Mais voilà qu’un groupe d’ « intellos » farfelus se piquent de réfléchir à l’ « Idée suisse » si chère au PDG de la SSR, Armin Walpen. Ils préconisent de créer en Suisse une chaîne qui reprendrait le meilleur des trois centres de production de Lugano, Zürich et Genève, en les sous-titrant, commentant ou doublant dans la langue de chacun, pour que les Suisses apprennent à franchir les barrières de roestis, polenta et autres fondues. Une première estimation s’élève à huit millions, l’un des commentateurs allant même jusqu’à affirmer que c’est cinq fois moins que le coût de la Formule 1 ( 40 millions par année, tel serait le montant ultra-secret de la présence télévisée de ce sport – Reste plus qu’à démentir !!).

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Un autre homme - Lionel Baier : Pas la foule, actuellement, en Suisse romande pour le troisième film du meilleur cinéaste romand des jeunes générations d’après 1968, juste devant Ursula Meier. Mais les films de Baier sont distribués dans une bonne dizaine de pays, chose plutôt rare pour des films suisses. Un succès à l’étranger compense un échec partiel en Suisse !

 

 

Assistant à cette récente rencontre, Armin Walpen se serait mis, selon Jacques Pilet, ( L’HEBDO du 19.02.09) hors de lui en déclarant d’emblée : « Une chaîne culturelle nationale ? Pas question ». Et toc, à un contre cent ? Et il paraît que la SSR, une fois de plus, cherche vingt millions à économiser en 2010. Ailleurs, la foudre pourrait bien tomber sur Billag !

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“La traductrice” d’Elena Hazanov. La TSR vient de faire une nouvelle fois confiance à une bonne cinéaste en acceptant une proposition audacieuse, à partir de “Caprices de Marianne” d’Alfred de Musset: enregistrer le texte dit par les acteurs non pas sur une scène, mais à Carouge, dans de lieux réels et dans les rues. C’est autre chose que du théâtre filmé !

 

 

Dans la publication citée plus haut, Gilles Marchand écrit : « Je suis convaincu qu’un des mandats de la télévision publique est le rayonnement culturel du pays à l’étranger ». Les farfelus réunis par Bernard Cathomen veulent améliorer le rayonnement de chaque région linguistique du pays dans les deux ou trois autres. Extérieur et intérieur ne sont pas incompatibles. Encore faudrait-il tolérer qu’un dialogue puisse s’ouvrir – la SSR n’appartient pas à son PDG. Pourrons-nous nous réjouir un jour de la lente progression d’un « ARTE à la Suisse » ?

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Tout un hiver sans feu- Greg Zglinski - fut une bonne surprise en 2005 : primé àVenise et grand prix du cinéma suisse, avant les “quartz” et les smokings. On souhaiterait bien deux ou trois semblables surprises chaque année. Pierre-Pascal Rossi signait le scénario.

Audience 2008

Vendredi, février 13th, 2009

Au début de chaque année, la TSR accomplit un double rituel: inviter à une conférence de presse un certain nombre de journalistes et publier un document d’une cinquantaine de (belles) pages, relatif à l’ «Audience 2008». Le public trouve des reflets de ces informations sur lesquelles il vaut la peine de s’arrêter puisque la TSR est, comme la RSR, un média de service public financé à septante pourcent par la redevance qui se doit d’être le plus transparent possible.

La conférence de presse reflète en général l’auto-satisfaction justifiée plus que l’angoisse. Les informations numériques reposent sur les millions de renseignements tirés à intervalles réguliers du comportement d’un échantillon scientifiquement solide de la population romande qui fréquente la télévision.

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L’image est belle, dynamique, en mouvement. Une gymnaste chinoise ? Elle aura contribué au bon audimate sportif de la TSR en été 2008 !

 

Deux grands événements sportifs, l’ «Eurofoot» et les «Jeux olympiques d’été» Pékin ont fait le plein de téléspectateurs et permettent à l’audience globale de 2008 d’être très semblable à celle de l’année précédente, un peu plus de trente pourcent «24 heures sur 24» et 36 pourcent en premier rideau, donc entre 18 et 23 heures. Stabilité de l’audience, maintien du premier rôle sur son propre marché : c’est en effet important pour la TSR.

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Daniel Marguerat, professeur à la Faculté protestante de théologie de l’Université de Lausanne. Parmi une quarantaine d’autres spécialistes, il participe à une expérience originale et “pointue”, la série “APOCALYPSE” de Mordillat et Prieur, initiée par Arte.

L’augmentation du nombre de chaînes accessibles par le câble (moyen de réception pour le 80 % des téléspectateurs), entre une quarantaine et parfois la centaine selon les régions, modifie le comportement du téléspectateur. Si la stabilité vaut pour la TSR, un certain affaiblissement des chaînes française généralistes commerciales et de service public est compensé par l’amélioration du groupes de toutes les «autres». Il faut oser se réjouir de la lente progression d’ARTE, qui offre une télévision parfois «pointue» mais très souvent exigeante.

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Une autre forme originale de télévision qui doit bien aussi contribuer à la lente et régulière progression d’ARTE : “La Traviata” interprètée dans la gare de Zürich en octobre 2008, en direct. Une belle réussite de la chaîne franco-allemande associée à la SF DRS. Lors de sa reprise sur le petit écran romand, elle a été suivie par plus de vingt-cinq mille personnes.

Des tableaux donnent les cent meilleures audiences, toutes émissions confondues et dans plusieurs secteurs, obtenues en Suisse romande auprès des spectateurs romands. Les émissions sont presque toutes présentées entre 20 et 22 heures. La TSR a raison d’accorder une certaine attention à des émissions qui font d’elle une des plus grandes scènes romandes, à des heures plus tardives.

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Musset écrit “Les caprices de Marianne” en 1833. Jean Liermier les met en scène en 2009. Elena Hazanov lui propose de quitter le scène pour les rues de Carrouge. Et tourne Point/prod pour une TSR audacieuse un film théatral de septante-cinq minutes qui attire, le 30 décembre 2008, plus de vingt-cinq mille spectateurs à 22h00. Il est des audiences modestes qui sont aussi importantes que les centaines de milliers qui se trouvent chaque soir devant le “19:30″. Pour une “autre” télévision ! (Anne-Lise Piéri - Marianne face à Bastien Semenzato - Octave )

«Audience 2008» comme les précédentes mesure le comportement des habitants de Suisse romande sur la TSR qui n’est pas le même face à l’offre télévisée globale.

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David Caruso (Horatio) dans “Les Experts - Miami” contribue au succès de cette série qui apparaît plusieurs fois, en 2008, parmi les cent émissions les plus vues par les habitants de Romandie sur la TSR. Mais si on prend en compte le nombre de romands qui suivent la même série sur TF1, le classement sera bousculé. Encore faudrait-il que le comportement des romands face à l’ensemble des chaînes intéresse aussi la TSR !

Temps présent: diplomate pris au piége en Colombie?

Vendredi, février 6th, 2009

 Un journal conquiert des lecteurs par l’habileté de sa manchette. Un film ou une émission de télévision doit séduire par sa BdL (bande de lancement). La télévision qui dispose d’un scope confie à son service le presse le soin d’assurer une plus large promotion tous médias voisins confondus, mais rarement pour une investigation rigoureuse.

C’est un « Temps présent » ambitieux qui vient d’en bénéficier, « Diplomate suisse dans un piège colombien ». Marie-Laure Widmer Baggiolini et Anne-Frédérique Widmann se sont souvenues des exigences qui valaient pour les sujets d’investigation d’une heure. Le rythme est bon, les entretiens contradictoires, l’angle choisi solide.

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Tournage dans les rues de Bogota

Pour la première fois, le négociateur suisse Jean-Pierre Gontard, homme de diplomatie discrète entre Farc et officiels colombiens, a accepté de parler. A la suite d’un enlèvement de deux de ses cadres en 2001, Novartis accepta de verser aux FARC une rançon de deux millions et demi de dollars, deux avant leur libération et le solde après. Ce solde se fit attendre. Gontard accepta de le transmettre sans mentionner leur origine, ce qui devait servir à « protéger » une grande entreprise suisse. Les explications et autres preuves à l’appui rendent cette thèse parfaitement crédible. Ce maladresse reconnue par l’intéressé permit au gouvernement colombien d’accuser Gontard d’avoir aidé le FARC !

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Jean-Pierre Gontard, un suisse entre les FARC, le gouvernement colombien, le DFAE et Novartis: pas facile!

Sur le fond de l’attitude officielle du gouvernement Uribe, aucune surprise, du moins pour ceux qui ont découvert, il y a quelques mois, le film de Juan José Lozano, « Témoin indésirable ». Hollman Morris, journaliste, producteur indépendant avait bien fait comprendre les choix politiques du gouvernement de son pays, lutter seul pour mettre fin à l’opposition FARC. Il a fourni des images inédites à TP et peut-être bien d’utiles conseils.

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L’émission hebdomadaire d’Hollman Morris, «Contravia, » passe vers minuit sur une chaîne publique de Colombie. Cette fenêtre de diffusion coûte à son producteur mille cinq cents dollars pour une demi-heure – oui, là-bas, on doit acheter son espace de diffusion! De tels frais augmentent le coùt de production. Cette information a été recueillie durant l’entretien de «Tard pour bar” (Photo agora-Films)

Sur le plan formel, deux remarques. Recouvrir des images de deux couleurs horizontales différentes ( du bleu et du rouge) quand les témoignages se contredisent offre-t-il vraiment de l’intérêt ? Détourer des personnages ou des décors comme lors des introductions à la météo, donnant l’impression d’un tableau peint à l’huile devenant dessin animé risque de faire croire à la « fictionnalisation » de l’information.

Satisfaction que de retrouver un « Temps présent » comme il en apparaissait souvent dans les vingt premières années de l’émission !