Archive pour janvier, 2009

«Temps présent» 40 ans

Vendredi, janvier 30th, 2009

Occuper durant quarante ans une heure d’antenne, en début de premier rideau (vers 20h00), avec une information nationale et internationale pointue, rigoureuse, souvent orientée vers l’investigation, correctement dotée en moyens financiers, donc en possibilités techniques et en personnel avec bonne dotation de temps, est chose rare, pas seulement à la TSR.

C’est l’exploit accompli par les équipes successives de «Temps présent» depuis 1969. Rappeler cet exploit à l’antenne est donc chose juste, avec des reprises bien choisies (TSR 2, lundis, en milieu de soirée - le premier rideau d’hier devient un milieu ou un fin de rideau aujourd’hui!).

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Claude Torracinta prend la responsabilité de “Temps Présent” dès sa création en 1969. Il a conduit “TP” avec autorité, sensibilité, imagination, en grand professionnel, à la fois journaliste et producteur.

Durant les vingt premières années, «Temps présent» fut l’émission phare qui même quand l’audimat n’existait pas devait rassembler un large public de curieux, à en juger par les réactions alors nombreuses dans la presse écrite devenues bien rares aujourd’hui. En effet, la réflexion critique y est souvent remplacée la promotion ou l’approche «people». Les conversations souvent passionnées du vendredi existent-elles encore? TP a perdu son enviable position d’hier au profit de «Mise au point», en général fort bonne émission.

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André Gazut, cameraman, puis réalisateur avant de co-produire “Temps Présent”. Il a donné beaucoup à “Temps Présent”. Grand formateur, il doit être considéré comme un véritable “auteur” de télévision de documentation et d’investigation.

Le téléspectateur apprécierait-il moins que le présent soit offert durant un temps d’antenne d’une heure sur le même sujet? Préfère-t-il picorer dans un cadre aux structures fixes? La télévision des auteurs, celle des journalistes comme celle des producteurs privilégiait le sujet et sa forme. Celle des programmateurs responsables de la diffusion a pour mission la fidélisation du téléspectateur, vérifiée par la part de marché. La forme du récipient importe plus que la saveur du liquide! On doit se demander ce qu’il va advenir de la rigueur encore parfois recherchée dans un TP quand les «multimédiatistes» auront pris vraiment le pouvoir en «dispatchant» un rare sujet d’une heure en extraits sur le portable, résumé dans la bande de lancement, allusion au «téléjournal», possibilité de choisir individuellement à son heure, partie ou totalité sur un site, avec bonus en compléments, reprises à l’antenne accompagnées de textes. La nouvelle télévision se prépare à être celle des «multirécidivistes». La banquet sera remplacé par une consommation sur le pouce au coin des écrans! «Temps présent» aura-t-il 50 ans?

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Claude Torracinta & André Gazut lors des cinquante ans de la TSR à Nyon, pendant le festival “Visions du réel”. Le temps s’inscrit mieux sur le visage du premier que sur celui du second. La raison en est simple : l’image ci-dessus de Claude Torracinta date de 1969 et celle d’André Gazut de 2000 !

 

Les illustrations choisies pour illustrer ce “Temps présent : 40 ans” ne sont pas innocentes. J’aurai suivi assez régulièrement “Temps Présent” durant ces quarante ans. Avoir beaucoup à écrit à ce propos conduisit à un véritable dialogue entre ceux qui faisaient la télévision et celui qui en rendait compte sans complaisance. Peu à peu, une réelle amitié s’est forgée avec Torracinta, Gazut, Rapp et Chanel qui explique le choix des images illustrant ce texte qui sera complété au fur et à mesure des reprises d’émissions de “TP”.

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Jean-Philippe Rapp & Jean-Claude Chanel, le premier journaliste, le second opérateur puis réalisateur: en 1978, ils sont co-producteurs de “Temps présent” alors que les émissions étaient régulièrement d’un haut niveau.

 

 

Soleure: où sont les films ?

Vendredi, janvier 23rd, 2009

Au soir du dimanche 25 janvier 2008, les 44èmes journées de Soleure seront achevées. Il y avait trois cent films au programme. Que sont-ils devenus, après lectures, écoutes, visionnements? Rares. En lieu et place, nous eûmes doit à une de ces belles polémiques helvétiques dont la cible, comme d’habitude, est la section du cinéma du département fédéral de l’intérieur, et tout particulièrement son chef Nicolas Bideau, dont certains souhaitent le départ. Réponse très claire JE ne partirai pas, avec emplois répétés de la première personne sous toutes ses formes, selon une tradition bien établie. Cet aspect sémantique contribue largement à personnaliser la politique du chef de section. Cela lui retombe actuellement dessus. Pour le bien du cinéma suisse? Ces polémiques enverront-elles au moins quelques spectateurs pour voir actuellement en Suisse romande «Un autre homme» ou «Luft Business». Même pas sûr.

Dans la presse écrite, des photos de Bideau. A la radio et à la télévision, des entretiens avec Bideau! Apportons une bien modeste contribution au cinéma suisse.

Voici deux images de films, la première extraite d’«Un autre homme» de Lionel Baier, la seconde de «Luftbusiness» de Dominique de Rivaz.

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En un très beau noir et blanc : trois fois le visage d’un autre homme, François
En couleurs douces, les trois sdf de “Luftbusiness” ..

Promesse est faite d’une large ouverture prochaine entre la section et les professions du cinéma. En évoquant un seul point ci-dessous, impossible de penser que cela donnera lieu à un dialogue. Sous l’ère Bideau, on entend souvent évoquer l’existence de « blockbuster ». Dans Le matin ( jeudi 22.01.09, en page 30), mention est faite par Nicolas Bideau de trois exemples, « Vitus », « Grounding » ou «Eugen», trois films suisses populaires et de qualité ayant coûté quelques petits millions de nos solides francs.

D’où vient ce mot étrange de « blockbuster » ? De Hollywood, où il est employé pour la réalisation et la promotion de films ayant coûté des dizaines au moins de millions de dollars, en un seul film plusieurs fois l’investissement annuel de la confédération dans la production. Il faudra donc, dans les futures discussions, commencer par expliquer le sens des termes. C’est un souhait récemment exprimé par Christian Zehnder, un des prédécesseurs de Bideau à Berne, dans « Le temps ». Pour dialoguer, il faut parler de la même chose !

Cette remarque n’est qu’un début. Et « populaire de qualité », c’est quoi ? Et le cinéma d’auteur des années soixante, c’est qui ? etc…

Fyly

PS : promesse tenue. Nous annoncions la semaine dernière un développement de «24 heures chrono» dans le texte intitulé «Hors-Normes (III)». C’est chose faite.

Hors-normes (III)

Vendredi, janvier 16th, 2009

Quand une chaîne américaine commerciale ou à péage décide de jouer gros pour le divertissement, notamment avec une série de prestige, elle y met les moyens. Cent millions de dollars furent engagés par HBO et la BBC, pour réaliser une vingtaine d’épisodes de cinquante-deux minutes de «Rome». Cela fait cinq millions par épisode, mais une partie des investissements sert pour toute la série : costumes, décors, accessoires, etc. Avec ces cent millions, on pourrait faire quinze «blockbuster», cinéma suisse selon Bideau et en tous cas dix fois «Heidi» de vingt-six numéros.

Quand des Américains s’engagent (s’engageaient?) avec leur force financière, ils osent faire grand, intelligent, historiquement juste, sans nécessairement suivre le cinéma de divertissement. De genres auxquels ils se rattachent, ils prennent parfois tranquillement le contre-pied, non pour s’opposer, mais pour innover. Le «hors-normes» règne! Le scénariste et son groupe sont les vrais auteurs, plutôt que les réalisateurs interchangeables

«Rome», l’anti-péplum

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“Finesse dans les costumes, précision dans le décor: un aspect de la réussite de “Rome”

Le péplum traditionnel est fait de combats en arènes ou entre légions ennemies. Les femmes dansent et séduisent les hommes pour lesquels elles ne sont que des objets. Les esclaves sont maltraités, la réalité historique souvent mal prise en compte. Dans «Rome», pas de grands combats, ni de combattants par milliers. Des femmes osent s’affirmer et partager le plaisir avec les hommes. On découvre les personnages dans leur vie quotidienne. Un décor, un costume, un geste sont aussi importants sinon plus qu’une action, un silence ou un regard qu’une diatribe.

«Deadwood», l’anti-western

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Le shériff “protecteur” traverse la rue animée de “Deadwood”

Le western traditionnel se déroule dans de grands espaces. Les éleveurs installent leur bétail surveillé par des gardiens à cheval. Les chevauchées se succèdent les unes aux autres. Les Indiens, sauvages coupeurs de têtes, s’opposent aux pionniers en train de créer l’Amérique des richesses futures. Dans « Deadwood », l’arme, le couteau ou le poing servent de loi. L’action reste cantonnée dans la rue d’un village qui grandit, à l’intérieur d’un saloon, d’un hôtel, d’un bordel. Des femmes osent affronter les hommes. Pas d’indiens, mais des Chinois. Un langage à la verdeur répétitive reflète les mœurs brutales. L’affrontement éclate dans des groupes restreints. La violence du mépris surgit dans l’intimité.

«24 heures chrono»: sans équivalent au cinéma

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Bauer en mauvaise posture? Mais trois minutes plus tard, il aura
repris le dessus sur son invisible adversaire!

Une série peut-elle avoir contribué, même indirectement, dans une minime mesure, à l’élection de Barak Hussein Obama, à la présidence des USA? Personnages de fiction, les deux frères Palmer, David et Wayne appuyés par Sandra sont de bons présidents.

La fin de la sixième saison de «24 heures chrono» est arrivée. Les surprises concoctées par les scénaristes continuent de surprendre assez souvent : que ceux qui ne sont plus jamais surpris fassent leurs offres de service à la TSR! Cette 6e aura aussi joué du grand spectacle tirs, incendies, poursuites, explosions comme n’importe quel «blockbuster» hollywoodien. Un peu de lassitude devant ces exploits répétés!

La torture est pratiquée à l’intérieur de la cellule ou par Jack Bauer, même sur son frère. Il faut faire parler à tout prix un coupable avant qu’il ne soit trop tard : un engin nucléaire risque d’exploser sur une ville américaine. Evidemment, quand on présente une fiction censée de dérouler en vingt-quatre heures alors qu’un récit semblable s’étendrait sur plusieurs mois, on finit par utiliser la torture car le temps presse. Cela ne pose aucun problème moral au héros désabusé qu’est le co-producteur et efficace acteur Kiefer Sutherland, ni aux scénaristes, ni au diffuseur: la fin justifie les moyens.

La partie la plus intéressante de cette 6e? La politique au sommet de l’Etat. Qui donc va disposer du détonateur, un traître américain, le papa de Bauer après son frère, le gouvernement russe, de généraux dissidents, des arabes alcaïdesques ou des chinois? Le vice-président blanc s’en va joyeusement vers une guerre nucléaire contre un pays arabe. Autour de lui, les intrigues se multiplient, comme les coups tordus. ? Ce vice-président fait penser à l’ex-président qui vient de s’envoler vers son Texas et dont le seul mérite aura été d’empêcher tout attentat sur le territoire des USA après septembre 2001. La fiction et la réalité se confondent; un peu!

«Weeds», la fumette généralisée

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“Six savoureux complices autour d’attirantes patisseries… dans
“Weeds”.

( Prochaine mise en ligne du texte)