Hors normes(II): de «L’Apocalypse» à «La vie moderne»
Mercredi, décembre 31st, 2008La télévision rassure quand une émission bien au chaud dans sa case ressemble aux autres du même lit. C’est lassant, souvent sans surprise. Quelques émissions osent parfois le « hors normes » de forme ou de propos. Elles méritent d’être mises en valeur. Ce fut chose faite récemment avec la scène d’un théâtre quittée pour une « Traviata » en gare de Zürich et des « Caprices de Marianne » dans les rues de Carouge.

Une partie de l’affiche de “L’Apocalypse” : mais a-t-on vu cette image dans la série?
Pour aujourd’hui, un autre duo, « L’Apocalypse » de Mordillat et Prieur qui vient d’occuper six soirées en décembre sur ARTE et « La vie moderne » de Raymond Depardon, un film dont la sortie est proche sur des grands écrans de Suisse romande. Points communs ? Formellement, la rigueur des plans s’impose dans le cadre sans craindre la durée, à l’opposé de la télévision d’esprit « clip », en évitant la noyade dans une musique de distraction ( quelques sublimes moments empruntés à Fauré chez Depardon ). Porté par des visages d’intellectuels qui s’expriment dans une langue parfaite (Mordillat et Prieur) ou par les amis paysans de Depardon souvent aussi expressifs par leurs silences, le Verbe trouve une puissance de conviction ou d’émotion trop souvent oubliées.

“La vie moderne”, dans sa rigueur, adopte le format large d’un très beau cinémascope, qui convient même à la présentation d’une famille”.
De longs mouvements chez Depardon dans des paysages des Cévennes rudes et beaux en toute saison, sur d’étroites routes aboutissent à une ferme isolée : le contemplatif retrouve sa grandeur. De rares images de pièces de monnaie et de pages de manuscrits anciens parfois illustrés (et datés) rappellent aussi que les informations sur les premiers siècles du christianisme ne reposent pas sur l’iconographie, mais bien sur des textes.
Ainsi, la rigueur des plans, leur rareté, les bruits sans sauce musicale, la force rendue au Verbe permettent de questionner, d’apporter des réponses, de renforcer des doutes, de comprendre les élans de la vie ou le mouvement de l’histoire, de voyager dans le passé ou d’observer le présent rude sans nostalgie. Ici, une forme de télévision et le regard d’un cinéaste, si proches, sont assurément hors-normes.

“ROME” : la minutie de la reconstitution d’une rue
Un troisième exemple sera prochainement abordé, qui mettra en évidence deux séries américaines splendides, « Rome » et « Deadwood », qui prennent le contre-pied du « péplum » bagarreur et coquin ou du « western » conquérant sur le dos des indiens par une reconstitution plausible de passé.

“DEADWOOD” (1) : la foule à l’arrivée du futur shérif qui va s’installer comme quincaillier d’abord




Voici le texte de la TSR qui accompagnait, en octobre 2007, l’arrivée à l’antenne de “TOUTES TAXES COMPRISES”









