TTC: c’est presque tout bon!
Vendredi, septembre 26th, 2008TTC («Toutes Taxes Comprises» – TSR1 – lundis soirs peu après vingt heures) est une excellente émission sur et autour de l’argent, remarquablement animée par son présentateur inamovible, Patrick Fischer, qui a remplacé une fort bonne émission, «Classe ECO» , depuis assez longtemps déjà. «TTC» va son chemin tranquillement, avec une bonne audience, dans sa construction assez rigide, la structure étant presque la même d’une émission à l’autre.

Patrick Fischer (photo tsr)
Mais pour une chose curieuse, il me manque l’explication. De «Mise au Point» (dimanche soirs), assez souvent se dégage l’impression que le sujet commence à devenir vraiment intéressant quand il se termine. Cela se produit rarement dans «TTC». Une bonne appréciation de l’importance du sujet par rapport à la durée qui lui convient l’explique en partie ; probablement.
Les collaborateurs invités
Attitude particulièrement intéressante: invitation est assez souvent faite au réalisateur(trice) ou à un(e) journaliste de venir s’exprimer en direct (ou faux direct) parfois pour faire le lien entre angles différents d’approche. Cela enrichit l’information ou permet d’actualiser la présentation des documents enregistrés au jour même de la diffusion. Dans le domaine de la finance, la situation est particulièrement mouvante depuis quelques mois. Danger, pas danger, crise maîtrisée ou lendemains qui déchantent? Séances de rattrapage à coup de milliards de dollars, énormes pertes du fleuron de la banque suisse, cette UBS où l’on ne parle plus de «cacahouètes»!
Charles-Edouard? Ouais!
Un regret: «Charles-Edouard» prend la peine d’expliquer des notions délicates. Mais le ton adopté par l’acteur, assez proche de celui de Gondran qui était le compagnon un peu bébête de Marie-Chantal qui était très snobe, impose de s’interroger sur l’humour mis ainsi au service de l’information qui finit par la transformer en gag. Mais il faut laisser à chacun le droit de faire des choix discutables.


Lionel Rudaz, à gauche l’interprète qui arrive au studio
à droite, le même, acteur après maquillage et sous perruque. (photos tsr)
Jouer au «monopoly» boursier
Une réserve importante: l’existence même du «monopoly boursier» introduit récemment. Certes, il s’agit d’un jeu. Depuis le début de l’année 2008, «TTC» propose de suivre l’évolution de la bourse après avoir constitué sur conseils de spécialistes un panier de titres plus ou moins représentatifs. Perte à ce jour : à peu près le tiers de la valeur initiale. Mais l’équipe de «TTC» vient d’ouvrir un concours auquel se sont inscrits deux mille cinq cents volontaires : chacun gère à sa manière le même panier de base, dans la fiction, pas dans la réalité. D’emblée le premier rang est occupé par un détenteur de plus de treize mille francs potentiels suivis de quelques autres au-dessus de dix mille. Ils ont su faire travailler l’argent pour qu’il rapporte de l’argent. Y a-t-il parmi eux un futur Soros?
La valeur initiale mise en jeu par des deux mille cinq cents participants vaut donc vingt cinq millions. Combien vaut le portefeuille des deux mille cinq cents après une semaine, deux semaines un mois et ainsi de suite? C’est cela qui serait vraiment intéressant – plus ou moins que les vingt-cinq millions? Comme l’ensemble des indices boursiers, en hausse ou en baisse?
S’intéresser seulement à ceux qui gagnent, c’est se mettre à genoux devant les boursicoteurs qui réussissent. Et parmi eux aurait peut-être pu se trouver en un autre temps ce spéculateur de je ne sais plus quelle grande banque française qui avait joué des milliards pour toucher des bonus avant de les paumer faute d’être surveillé. Et un Ospel, le grand vainqueur de la nouvelle UBS sur les marchés américains avec les spéculations sur la propriété foncière, (les compliquées subprimes) aurait certainement du apparaître parmi ceux qui font grossir le pécule de départ. On sait ce qui vient d’advenir de ces petit et grands génie de la finance. Le second a peut-être même touché ses bonus soumis au fisc dans une bourgade du canton de Schwytz!
Mais j’oublie: «TTC» ne propose qu’un jeu!!!

Le trio magique de TTC: Goujon, Fischer et Mione. (photo tsr)
Bravo quand même!!!
«TTC» navigue grâce à un trio animé par Patrick Fischer dont la présence à l’antenne garantit la fidélité aux structures choisies et à la ligne générale adoptée.











