Archive pour juillet, 2008

A vous de choisir

Samedi, juillet 26th, 2008

Depuis quelques années, les lundis soirs consacrés au cinéma maintenant sous la dénomination de «Box office» modifient leur formule en période estivale pour offrir au public le choix entre trois films, avec une forme de vote simple, noter sa préférence par un «1», «2» ou «3». Une étude pointue permettrait peut-être de comprendre les raisons des choix de quelques milliers de personnes.

Ce n’est pas ici notre propos. Il s’agit de se demander de quelle manière les programmateurs choisissent semaine après semaine les trois films proposés au public. Mine de rien, c’est ainsi se demander comment, depuis un peu plus de cinquante ans, la télévision généraliste de service public évolue (bien entendu, notre attention se porte sur la TSR). Pendant ces cinquante ans, une priorité aura été donnée à quatre groupes dominants successifs, sommairement caractérisée en période des «auteurs» ( dès les années 1955), suivie de celle des «journalistes» ( années 70), remplacés par les «producteurs» (vers 1985) pour être maintenant dans les mains des «programmateurs» ( depuis le changement de siècle). Ensuite? Ce n’est pas notre propos aujourd’hui.

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Un tournage de “Temps présent” aux environs des années septante. Alain Tanner, auteur, savait aussi faire une excellente télévision de journaliste. Claude Torracinta, journaliste puis producteur, faisait ou faisait faire une télévision sans masquer un regard personnel lors de grandes enquêtes d’investigation. Comme quoi les catégories sont une commodité de vocabulaire !!!

Un film d’auteur pointu d’Alain Tanner ou de Jean-Luc Godard, un téléfilm ambitieux comme le furent souvent ceux de Jean-Jacques Lagrange auraient été présentés en premier rideau (un peu après 20h00) sous l’ère des «auteurs», un peu après 21 heures pendant la phase de prédominance des «journalistes», juste avant minuit par les «producteurs». Reste à se demander si pour les «programmateurs» ces œuvres ont encore une petite place? Eventuellement à deux heures du matin sur TSR2 plus confidentielle que TSR1!

Autre angle d’approche: comment former un trio, sur quel critère fondamental?
«Auteurs»: trois films de trois cinéastes proches les uns des autres ou trois films d’un même cinéaste. Journalistes: trois films traitant le même sujet. Producteurs: trois succès équivalents au box.office ( il est assez révélateur que Spécial cinéma soit devenu Box-office!). «Programmateurs»: puisque les films ont la même durée, la grille est respectée!

Bien sommairement présentés, ce sont là des faits. Mais les mots ne cachent tout de même pas une préférence puisque l’évolution ainsi racontée a quelque chose d’inéluctable!

FYLY

Offres estivales

Samedi, juillet 19th, 2008

 L’été, autour de Noël et des fêtes de l’an, à Pâques et en quelques autres occasions, sportives par exemple, la TSR ( et les autres) s’éloigne des programmes habituels pour mettre en évidence des offres spéciales. La promotion des grands moments sportifs est si abondamment faite qu’elle n’est plus à faire : on les passera donc sous silence. Au niveau des intentions, ce bel effort de la TSR en cet été est à saluer. Une récente communication de son service de presse met en avant une vingtaine de propositions de juin à fin août 2008 qui sortent de l’ordinaire. Le 19 juillet, on est à mi-course.

Emissions unitaires

Passe_moi.jpgParmi les « Unitaires » se trouve le « Premier août » qui se déroulera au Locle. Deux films suisses suivront, programmés presque simultanément, sur TSR 1 le vraiment très populiste film « Les manies font pas dans la dentelle » ( le film non plus !) vers 21h30 et sur TSR 2 une splendide promenade musicale de Stefan Schwietert, « Alphorn », peu après vingt deux heures – faut le faire que d’imposer le choix entre deux films suisses !!!Des émissions régulières annuelles subissent ainsi un traitement spécial estival, comme « Par monts et vaux » (mercredis) qui permet un survol de quinze ans de « Paju » ( « Passe-moi les jumelles ») dont l’esprit continue de plaire. « A bon entendeur roule tout l’été »(mardis) avec en prime « Décologie » rubrique dite bricolo-écolo. Le « 19 :00 » fait place au « Journal de l’été » (lundis aux vendredis) qui invite un ou une notable en un lieu de son choix pour toute la durée de l’émission, de quoi découvrir l’invité sous un jour inhabituel.

Séries en diverses déclinaisons

On ne m’en voudra pas de consacrer quelques paragraphes à des propositions qui possèdent un certain aspect de nouveauté. Difficile de couvrir cette dizaine de manière exhaustive. On peut au moins formuler des remarques sur quelques-unes.

Le sujet « NIFFF & TUCK » a ainsi déjà permis de saluer l’intérêt de « Tapage nocturne «  (jeudis / voir texte ci-dessous). Un produit de la DRS, « Sauvetage en haute montagne » (lundis) séduit plus par son contenu que sa forme traditionnelle sans surprise. Les mercredis de TSR2 rendent hommage à « Lino Ventura », mais le plaisir est grand de le retrouver dans « L’armée des ombres », un film d’un immense metteur en scène qui sait utiliser le talent de ses acteurs, Jean- Pierre Melville (16.07.08).

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Ambiance de plateau

Le nouveau jeu du samedi, « Identités », se déroule dans un commissariat sans commissaire. On cherche à résoudre une énigme qui n’a rien de policier : il s’agit de deviner la profession de neuf personnes différentes. La construction est habile. Un suspens un peu artificiel précède la réponse en « vrai » ou « faux ». Certains parmi ceux qui incarnent un métier paraissent bien trop crispés pendant le temps d’attente. Le concurrent unique peut gagner de l’argent, entre zéro et quelques dizaines de milliers de francs, mais le suspens fonctionne aussi avec une par de hasard.

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La francophonie avec “Les hauts et les bas
de Sophie Paquin”

Découvrir d’autres francophones et leur manière de traiter la fiction avec réalisme, reste toujours une plaisante aventure savoureuse pour qui aime la musicalité du français du Québec et l’inventivité du sens de certains mots de son vocabulaire. Repéré récemment un monsieur qui masse une dame qui continue de bavarder avec une amie dans « Les hauts et les bas de Sophie Paquin » et quinze minutes plus tard une dame qui continue de masser un monsieur qui parle avec une amie de « Vice caché » ! Ces « Ecrans québecois » ( mardis sur TSR 2) sont une bonne contribution à la francophonie.

Il faut encore aller voir à l’occasion une série de fiction peut-être un peu déjantée comme le furent les « Carabines » d’hier intitulée « Fitness senteur » ( samedis), le sérieux des découvertes de « Puissante planète » ( dimanches),les faces multiples de « L’incroyable histoire du rock » ( dimanches) et l’émotion qui subsiste après des années de vie commune dans « A nos amours » (vendredis).

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Ambiance graphique pour “Fitness senteur”

PS: le service de presse de la TSR, en plus d’un communiqué, a édité en format carte postale seize documents, d’un côté avec images, de l’autre avec textes descriptifs et informations. Dix images concernent le contenu des émissions. Six mettent en avant la présentatrice ou le présentateur (deux dames et six messieurs). La place attribuée aux « tronches » des animateurs est assez importante : une partie de la télévision d’aujourd’hui est ainsi placée sous le signe du présentateur et pas du sujet ou du créateur. C’est une attitude pipeulisante de la télévision de « programmateur ».

FYLY

NIFFF et TUCK

Vendredi, juillet 11th, 2008

Le NIFFF aux “actus”

crochet.jpgFini, le 8e NIFFF de Neuchâtel, avec trois mille entrées de plus que l’année précédente, seuil des vingt mille atteint pour du cinéma de « genre » qui devrait s’ouvrir le chemin du grand public. Intéressant apport d’une salle de plus, au théâtre du Passage, précieuse extension, ne serait-ce que pour des conférences de presse plus agréables qu’hier sous tente.

La TSR, sponsor important, avec un prix du public et une réception gourmande sans tapis rouge le vendredi soir, se devait de faire place correcte au NIFFF sur ses canaux, au « 12 :45 » et au « 19 :30 », le tout pendant six minutes environ. Durant la même période, repéré à la RSR douze minutes au moins de contacts avec le NIFFF, avec des organisateurs plutôt que des invités. Sur le site de la TSR, des textes apportent plus d’informations qu’à l’antenne. C’est modeste pour ce cinéma de genre célébré dans un festival dans une « niche » éloignée de Genève !

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Le NIFFF à “Tapage Nocturne”

Parmi les émissions qui manquent actuellement sur la TSR, il en est une au moins à déplorer : celle qui apporterait une dimension de réflexion critique autant qu’informative sur le cinéma et la télévision elle-même. La présence du NIFFF au soir du jeudi 3 juillet 2008 vers 22h30 dans « Tapage nocturne » ( TSR 1) mérite d’être signalée. Cette émission hebdomadaire estivale, donc provisoire, dispose d’une matière rare et précieuse: le temps d’antenne !

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“Tapage nocturne” est un magazine d’une quarantaine de minutes comprenant une présentation en direct par Pascal Rebetez et Miruna Coca-Cozma ( image ci-dessus), des directs différés, un ou deux rubriques tenues par Claude-Inga Barbey et Ariane Ferrier (voir image ci-dessous, mais qui a le dessus ?), des entretiens enregistrés, le tout enrobé dans d’assez nombreux extraits de films. Il n’est pourtant pas nécessaire que le présentateur donne forcément dans l’humour détendu en se laissant aller un peu trop vers le cabotinage certes gentiment badin. On peut aussi se demander si le “Portrait du boucher de Neuchâtel” y avait vraiment sa place, mais l’”acteur” occasionnel s’en est fort bien tiré. Fort intéressant l’entretien en plusieurs interventions avec Michel Vust. Tout autant les entretiens avec Ruggero Deodato (autour d’un désormais “film-culte”, l’ancien “Cannibal Holocaust”), Christian Lorenz Scheurer, un suisse qui a réussi à Hollywood ou Matthieu Béguelin dans un rôle nouveau, celui du réalisateur neuchâtelois avec un film qui n’aura coûté que six cents francs effectifs. Présence particulièrement intéressante de Joe Dante, pas seulement pour ses anciens et célèbres “Gremlins”, mais aussi pour une formule relative au cinéma d’aujourd’hui qui lui apparaît souvent comme un montage de bandes annonces !

Heureusement, certains extraits de films, insérés dans l’émission, étaient pour une fois assez étendus pour éviter l’esprit de la bande annonce, qu’il ne faut pas rejeter quand elle parvient à donner une idée d’un film, pas seulement un aperçu de ses actions à grande vitesse. On aurait pourtant souhaité que les extraits soit mieux situés dans l’ensemble du film avant leur diffusion.

Une plutôt bonne surprise que ce “Tapage nocturne” !

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La dimension fantastique de “NIP/TUCK”

03.jpgLa télévision fait place à diverses formes de fantastique depuis longtemps déjà, avec des séries comme « Twin Peaks » de David Lynch, « X files » ou le « Nip/Tuck » actuellement sur le petit écran romand qui en sa cinquième saison. L’installation de Sean Mcnamara et Christian Troy à Los Angeles est un peu indécise, en faisant beaucoup de places aux problèmes individuels et sexuels du duo et de ses proches. Dans chaque numéro de la série interviennent une ou deux opérations avec du rouge sang sur un accompagnement musical délicatement étrange. Dans un récent numéro ( celui du lundi 7 juillet 2008), apparut une belle galerie de visages mal en point, d’une certaine Emi avec défaut de jeunesse, d’un méchant critique de théâtre boutonneux réparé qui prendra du vitriol en pleine tronche, d’une israélienne qui s’en va retourner dans son pays, de Julia aimablement soignée avec du thé empoisonné au mercure offert par la fille de sa maîtresse. Les excès opératoires du feuilleton dans la série jouée par Sean abondent avec humour dans« Cœurs et scalpel »! Les amateurs du fantastique existent à la tv et ses amoureux se réunissent à Neuchâtel une fois l’an.

FYLY

 

Pour en finir avec le foot!

Vendredi, juillet 4th, 2008

buffon.jpgIl a fini par s’imposer, l’ Eurofoot: j’ai craqué pour deux douzaines de rencontres, dont quelques-unes entrelardées de «Sudoku» catégorie «expert» (terminologie «Le Monde»). Avec plaisir, en général!

En utilisant l’appréciation chiffrée, cela donne un petit quatre scolaire de moyenne pour les vingt-quatre matchs de la phase d’ouverture à quatre groupes pour grimper à presque cinq pour les sept derniers à élimination directe. Les meilleurs? Allemagne-Espagne avec Pays-Bas-Russie et Pays-Bas contre la France et l’Italie de la première phase. Donc pour l’art de séduire, les Pays-Bas suivis de près par la Russie et l’Espagne. On a vu du beau foot! Et aussi du water-polo (Suisse-Turquie)!

Le foot reste le plus fascinant des spectacles sportifs. Confirmation à l’audimat! Pour une raison simple: chaque joueur à onze solutions pour une passe, à commencer par un dribble. La passe suivante offre la même possibilité. Donc pour deux passes consécutives, il y a onze fois onze solutions. Et ainsi de suite. Apparaît l’exponentielle qui tend vers l’infini. Impossible qu’une partie ressemble à une autre!

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Le travail du fournisseur d’images, autrement dit l’UEFA? En cours de route un clair coup de gueule du patron de SSR-Idée suisse, Armin Walpen, a soulevé un vrai problème. Le cut final permet à son détenteur de faire ce qu’il veut. Cela peut déplaire! La TSR avec ses commentateurs, ses invités a fait du bon travail. Mais attention à l’insistance parfois démagogique sur l’erreur d’arbitrage. Le téléspectateur voit plus de choses que l’arbitre et le spectateur.

Autour du foot, beaucoup d’émissions avant, à la mi-temps, après la rencontre, avec certaines phases de jeu souvent revues. Comment le téléspectateur réagirait-il si, à l’occasion de la projection de «Lost» on revenait plusieurs fois commenter l’image de Kate pendant son futur procès. Il y a une tentation de se répéter pendant et autour du foot en direct.

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Potos Keystone

Plus loin dans le temps, le foot inspira l’ironie dans le parfois mordant «Futurofoot» et pas grand chose lors d’une édition spéciale de la Revue de Genève esprit Naftule permettant à Marie-Thérèse de placer une sentence du genre: «Sans Kaka (le joueur brésilien ), c’est de la merde» (sic!). C’est pas gentil de terminer ce texte par du «déplorable»!

FYLY