L O S T: pour aborder la saison 4, se souvenir (un peu) des saisons 1, 2 et 3
Vendredi, juin 27th, 2008Avertissement : ce texte est illustré avecdeux images de groupe ( saisons 2 et 4)où l’on reconnaît Terry O’Quinn (deux images de John Locke- saisons 1 et 3)) et Jorge Garcia (trois images de Hugo «Hurley» Reyes – saisons 1, 2 et 4)
Une manière aussi de se souvenir de certains personnages!
Retour, les mardis soirs deux par deux durant sept semaines, d’une série américaine à succès, «Lost», en sa quatrième saison, déjà plus de huitante épisodes de quarante minutes, près de cinquante cinq heures. La fiction reste essentielle dans les programmes des chaînes généralistes de service public.

Saison 2
Trois saisons, donc, près de trente personnages principaux, et beaucoup plus de secondaires. Résumer cet ensemble en un peu plus de deux mille signes? Impossible! Rafraîchir la mémoire? Oui! Première saison: un avion s’écrase sur une île déserte, tout contact perdu: les quarante premiers jours de l’organisation de la survie. Des séquences présentent le passé d’un personnage par épisode. Pour le spectateur, ils apparaissent souvent différents, bien éloignés de ce qu’ils semblent être sur l’île. Saison deux, apparition d’un élément nouveau, le centre scientifique sous terre, mais dans les mains de qui?

Saison 4
Hypothèses ouvertes: suite des portraits de personnages.. Saison 3, l’apparition pressentie dès la fin de la saison précédente de ceux que l’on appellera «Les Autres». Mais qui servent-ils? Poursuite des informations sur le passé des personnages.La quatrième saison vient de débuter le mardi 24 juin 2008. Les naufragés de la première heure se retrouvent séparés en formant des sous – groupes qui s’opposent. Le bateau est-il le libérateur espéré? Ce n’est pas certain! Et quel rôle joue l’équipe de l’hélicoptère? Forcément, les points d’interrogation s’imposent, comme ils s’imposent à la fin de chaque épisode pour provoquer l’attente parfois même angoissée du suivant. Une nouvelle mesure dans la construction dramatique, des «flashs forward»: au lieu d’explorer le passé d’un personnage, le voici projeté dans son avenir, le présent sur l’île devenant ainsi le passé de son futur. Quatorze épisodes sont terminés: ce petit nombre est un effet de la grève des scénaristes de Hollywood qui s’est longuement déroulée l’an dernier.

Saison 1
Comment fonctionne la mémoire
Rares sont les séries qui se poursuivent une année entière avec régularité, par exemple la fort intéressante «Plus belle la vie», grand succès qui persiste de France 3. Le plus souvent, surtout quand les numéros sont en duos, si ce n’est pas en trios qui deviennent accablants (un peu plus de deux heures, avec deux coupes publicitaires entre les épisodes), une année se réduit à quelques mois, parfois quelques semaines. «Lost no 4» en 2008 va faire sept ou huit petits tours, durant deux mois, en principe les mardis. On sait que la mémoire audiovisuelle est particulièrement volatile, ne serait-ce que par sa difficulté à s’imposer par la taille des images ou un environnement sonore envahit par les sons de la réalité. Certes, le fanatique d’une série dispose de DVD, sait où la trouver sur internet, peut donc s’en imprégner d’elle où il le veut, quand il le veut . Il n’est pas lié au moment de la diffusion sur une chaîne, moyen de consommation du petit écran qui reste majoritaire et le restera probablement encore longtemps, malgré la diversité de plus en plus riche des offres d’aujourd’hui sur différents supports.

Saison 3
Sur la TSR, chaque saison débuta en juin, par trios d’épisodes en 2007, la diffusion allant jusqu’à mi-août. Puis plus rien pendant près de neuf mois, de quoi tout de même oublier des éléments de l’action, les affrontements du présent, le passé de personnages.
Quelques personnages
Il arrive même de ne plus reconnaître certains de ces personnages puisqu’ils se comptent par dizaines. On peut aimer cette série sans lui vouer un culte de fanatique. Dès lors, il peut être utile de décrire brièvement quelques-uns de ces personnages pour pouvoir suivre d’emblée la quatrième saison sans se poser trop de questions.

Saison 1
Voici donc de retour Jack, médecin, «chef» des survivants, Kate, femme forte mystérieuse au passé trouble, John Locke, le chasseur chauve, Sayed, le soldat irakien, Claire qui a donné naissance à Aaron, Charlie, qui fut musicien, Hurley à la forte corpulence, Shannon et son faux demi-frère Boone, Jim le coréen et Sue son épouse, Ben, le meneur cruel des «Autres», Juliet qui s’oppose à Ben, etc.
La nouvelle saison
Des téléphones portables dernier cri permettent d’établir de nouvelles communications, mais avec qui? Sur mer un navire, peut-être venu au secours des naufragés, représente un espoir. Dans le ciel un hélicoptère pourrait bien avoir une mission différente de celle du navire. Dans la jungle de l’île, le groupe armé sous la direction d’un Locke méfiant, celui réuni autour de Jack et Kate qui espèrent pouvoir quitter leur «prison» risquent de s’affronter. Cela fonctionne assez bien d’emblée, dans le sillage des qualités des trois saisons précédentes.

Saison 2
La structure nouvelle apparaît d’emblée, à travers le personnage d’Hurley dont l’esprit commence à chavirer sur l’île, quand il hésite entre les deux groupes désormais antagonistes. Le voici soudain dans une ville américaine moderne où il est pris de panique, croyant avoir croisé un mort qui était parmi les naufragés. La police le fait interner dans un établissement psychiatrique, ce qui le réconforte. Fort mal en point, il reçoit dans ce centre un étrange visiteur au nom d’une compagnie d’assurance dont il refuse l’offre. Plus tard, en revoyant son interlocuteur, on comprend qu’il avait raison de se méfier.
Ainsi que se trouvent intégrées des visions du futur dans le temps du récit qui se déroule sur l’île. «Demain», la presse annonce que la carcasse de l’avion disparu a été retrouvée, qu’une enquête est ouverte. Et Jack rendra visite à Hurley. Habile astuce des scénaristes sous la direction de J.J.Adams, le créateur de la série : le lien entre le présent sur l’île et le futur du retour de certains naufragés à la vie «normale» manque. Son absence va donc créer un nouveau climat de curiosité. A noter que le passé ne disparaît pas complètement: on retrouve dans la mer une partie de l’avion accidenté. Et Hurley voit Charlie qui se noie dans le sous-marin.

Saison 4
Enfin, on peut aussi écouter la musique présente en de nombreuses séquences, qui raconte à sa manière l’ambiance de certaines actions, souligne les sentiments qui étreignent des personnes. Il faut se demander pourquoi cette musique ne donne pourtant pas l’impression du pléonasme sonore. Il faudrait se poser encore d’autres questions sur la mise en scène de bon niveau due à des réalisateurs différents.
P.S.
Il y a deux ans, au début de la 2e saison de Lost, en juin 2006, je me livrais déjà à quelques considérations sur cette série diaboliquement construite. Relecture faite, on peut reprendre ces textes sans faire de changements. Voilà qui enrichit les considérations de juin 2008 d’un «flahs-back». (cliquez ici)



Je savais depuis longtemps que Denis Müller Professeur d’éthique à la Faculté de théologie et de sciences des religions à l’Université de Lausanne était un passionné de football.. et de cinéma (entre autres).




