Archive pour juin, 2008

L O S T: pour aborder la saison 4, se souvenir (un peu) des saisons 1, 2 et 3

Vendredi, juin 27th, 2008

Avertissement : ce texte est illustré avecdeux images de groupe ( saisons 2 et 4)où l’on reconnaît Terry O’Quinn (deux images de John Locke- saisons 1 et 3)) et Jorge Garcia (trois images de Hugo «Hurley» Reyes – saisons 1, 2 et 4)

Une manière aussi de se souvenir de certains personnages!


Retour, les mardis soirs deux par deux durant sept semaines, d’une série américaine à succès, «Lost», en sa quatrième saison, déjà plus de huitante épisodes de quarante minutes, près de cinquante cinq heures. La fiction reste essentielle dans les programmes des chaînes généralistes de service public.

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Saison 2

 

Trois saisons, donc, près de trente personnages principaux, et beaucoup plus de secondaires. Résumer cet ensemble en un peu plus de deux mille signes? Impossible! Rafraîchir la mémoire? Oui! Première saison: un avion s’écrase sur une île déserte, tout contact perdu: les quarante premiers jours de l’organisation de la survie. Des séquences présentent le passé d’un personnage par épisode. Pour le spectateur, ils apparaissent souvent différents, bien éloignés de ce qu’ils semblent être sur l’île. Saison deux, apparition d’un élément nouveau, le centre scientifique sous terre, mais dans les mains de qui?

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Saison 4

Hypothèses ouvertes: suite des portraits de personnages.. Saison 3, l’apparition pressentie dès la fin de la saison précédente de ceux que l’on appellera «Les Autres». Mais qui servent-ils? Poursuite des informations sur le passé des personnages.La quatrième saison vient de débuter le mardi 24 juin 2008. Les naufragés de la première heure se retrouvent séparés en formant des sous – groupes qui s’opposent. Le bateau est-il le libérateur espéré? Ce n’est pas certain! Et quel rôle joue l’équipe de l’hélicoptère? Forcément, les points d’interrogation s’imposent, comme ils s’imposent à la fin de chaque épisode pour provoquer l’attente parfois même angoissée du suivant. Une nouvelle mesure dans la construction dramatique, des «flashs forward»: au lieu d’explorer le passé d’un personnage, le voici projeté dans son avenir, le présent sur l’île devenant ainsi le passé de son futur. Quatorze épisodes sont terminés: ce petit nombre est un effet de la grève des scénaristes de Hollywood qui s’est longuement déroulée l’an dernier.

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Saison 1

Comment fonctionne la mémoire

Rares sont les séries qui se poursuivent une année entière avec régularité, par exemple la fort intéressante «Plus belle la vie», grand succès qui persiste de France 3. Le plus souvent, surtout quand les numéros sont en duos, si ce n’est pas en trios qui deviennent accablants (un peu plus de deux heures, avec deux coupes publicitaires entre les épisodes), une année se réduit à quelques mois, parfois quelques semaines. «Lost no 4» en 2008 va faire sept ou huit petits tours, durant deux mois, en principe les mardis. On sait que la mémoire audiovisuelle est particulièrement volatile, ne serait-ce que par sa difficulté à s’imposer par la taille des images ou un environnement sonore envahit par les sons de la réalité. Certes, le fanatique d’une série dispose de DVD, sait où la trouver sur internet, peut donc s’en imprégner d’elle où il le veut, quand il le veut . Il n’est pas lié au moment de la diffusion sur une chaîne, moyen de consommation du petit écran qui reste majoritaire et le restera probablement encore longtemps, malgré la diversité de plus en plus riche des offres d’aujourd’hui sur différents supports.

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Saison 3

Sur la TSR, chaque saison débuta en juin, par trios d’épisodes en 2007, la diffusion allant jusqu’à mi-août. Puis plus rien pendant près de neuf mois, de quoi tout de même oublier des éléments de l’action, les affrontements du présent, le passé de personnages.

Quelques personnages

Il arrive même de ne plus reconnaître certains de ces personnages puisqu’ils se comptent par dizaines. On peut aimer cette série sans lui vouer un culte de fanatique. Dès lors, il peut être utile de décrire brièvement quelques-uns de ces personnages pour pouvoir suivre d’emblée la quatrième saison sans se poser trop de questions.

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Saison 1

Voici donc de retour Jack, médecin, «chef» des survivants, Kate, femme forte mystérieuse au passé trouble, John Locke, le chasseur chauve, Sayed, le soldat irakien, Claire qui a donné naissance à Aaron, Charlie, qui fut musicien, Hurley à la forte corpulence, Shannon et son faux demi-frère Boone, Jim le coréen et Sue son épouse, Ben, le meneur cruel des «Autres», Juliet qui s’oppose à Ben, etc.

La nouvelle saison

Des téléphones portables dernier cri permettent d’établir de nouvelles communications, mais avec qui? Sur mer un navire, peut-être venu au secours des naufragés, représente un espoir. Dans le ciel un hélicoptère pourrait bien avoir une mission différente de celle du navire. Dans la jungle de l’île, le groupe armé sous la direction d’un Locke méfiant, celui réuni autour de Jack et Kate qui espèrent pouvoir quitter leur «prison» risquent de s’affronter. Cela fonctionne assez bien d’emblée, dans le sillage des qualités des trois saisons précédentes.

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Saison 2

La structure nouvelle apparaît d’emblée, à travers le personnage d’Hurley dont l’esprit commence à chavirer sur l’île, quand il hésite entre les deux groupes désormais antagonistes. Le voici soudain dans une ville américaine moderne où il est pris de panique, croyant avoir croisé un mort qui était parmi les naufragés. La police le fait interner dans un établissement psychiatrique, ce qui le réconforte. Fort mal en point, il reçoit dans ce centre un étrange visiteur au nom d’une compagnie d’assurance dont il refuse l’offre. Plus tard, en revoyant son interlocuteur, on comprend qu’il avait raison de se méfier.

Ainsi que se trouvent intégrées des visions du futur dans le temps du récit qui se déroule sur l’île. «Demain», la presse annonce que la carcasse de l’avion disparu a été retrouvée, qu’une enquête est ouverte. Et Jack rendra visite à Hurley. Habile astuce des scénaristes sous la direction de J.J.Adams, le créateur de la série : le lien entre le présent sur l’île et le futur du retour de certains naufragés à la vie «normale» manque. Son absence va donc créer un nouveau climat de curiosité. A noter que le passé ne disparaît pas complètement: on retrouve dans la mer une partie de l’avion accidenté. Et Hurley voit Charlie qui se noie dans le sous-marin.

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Saison 4

Enfin, on peut aussi écouter la musique présente en de nombreuses séquences, qui raconte à sa manière l’ambiance de certaines actions, souligne les sentiments qui étreignent des personnes. Il faut se demander pourquoi cette musique ne donne pourtant pas l’impression du pléonasme sonore. Il faudrait se poser encore d’autres questions sur la mise en scène de bon niveau due à des réalisateurs différents.

P.S.
Il y a deux ans, au début de la 2e saison de Lost, en juin 2006, je me livrais déjà à quelques considérations sur cette série diaboliquement construite. Relecture faite, on peut reprendre ces textes sans faire de changements. Voilà qui enrichit les considérations de juin 2008 d’un «flahs-back». (cliquez ici)

Parlons foot (2): le téléspectateur s’éloigne du spectateur

Vendredi, juin 20th, 2008

Le football est et reste un spectacle. Il est vu par des spectateurs autour d’un terrain et par des téléspectateurs devant un écran. La radio tente de faire vivre par le mot ce que voit le spectateur. Devant un grand écran hors des stades, le téléspectateur reste téléspectateur s’il peut revivre les élans des spectateurs. Le journaliste propose une réflexion parfois critique après le spectacle.

Le spectateur voit et entend à une distance visuelle et sonore constante. Il vibre ou proteste avec le public. Souvent, il se sent plus doué que l’entraîneur, plus habile que certains joueurs, plus lucide que l’arbitre. Parfois, il admire le beau jeu, même celui de l’adversaire.

Le téléspectateur est sous la coupe du réalisateur et de la technique. Pour cet Eurofoot 2008, une trentaine de caméras sont posées autour du terrain, à hauteur d’homme, plus haut en contre-plongée légère qui permet de saisir des plans d’ensemble ou en inutiles et parfois laides contre-plongées verticales. Le son, fait des mots des commentateurs et des bruits dominants de la foule ne fait presque jamais entendre les bruits du ballon frappé ou cris, conseils et reproches entre joueurs. L’oreille du téléspectateur est sous la coupe des techniciens de la prise de son.

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Un plan d’assez grand ensemble à moitié figé. Deux fois onze joueurs accompagnés ( par les gagnants d’un concours organisé par un sponsor?), un trio arbitral (mais où est le quatrième arbitre ?), trois figurants, probablement à l’écoute d’un hymne national d’ouverture. En face, à bonne distance, la meute des médias de l’image dans un certain désordre et une probable inattention auditive. (Keystone)

Que fait un réalisateur généralement anonyme qui doit choisir, parmi une ou deux dizaines d’images, celles qu’il va diffuser en direct? Par de (trop) nombreux gros plans , il transforme de football sport collectif en compétition individuelle. Le gros plan, certes spectaculaire, trahit le jeu collectif. Il ne convient pas à une belle phase de jeu, sinon à des dribbles réussis. Il met en évidence les fautes, celles qui parfois échappent à l’arbitre et aux spectateurs, les tirages de maillots, les poussettes, les chutes simulées. On montre souvent longuement les défenseurs qui jouent à la baballe dans leur camp alors que la raison de cet attentisme, l’occupation des espaces dans le camp de l’équipe qui va se défendre, explique cet attentisme ennuyeux. Il amoindrit la qualité du spectacle d’ensemble.

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Le gros plan télévisé n’est pas différent d’une photographie. En football, il est l’équivalent de l’incident de course ou de l’acccident si porteurs d’émotion, en descente à ski il rappelle la chute d’autant plus “efficace” qu’elle est spectaculaire. (Keystone)

La télévision est cruelle à l’égard d’un arbitre quand il se trompe. Des ralentis, des angles différents décortiquent la faute qui lui a échappé. Des milliers de spectateurs voient mieux que lui et des millions de téléspectateurs bénéficient de reprises, de ralentis sous plus angles qui apportent la “preuve” de l’erreur. Ce match-là est injustement inégal. Pour l’arbitre, il y a des angles morts. Il aura fallu un hockeyeur, Gil Montandon, pour le rappeler un soir dans “Le club de l’Euro 2008″. Le commentateur devrait s’interroger sur la faute dite d’arbitrage. L’arbitre, assurément, ne voit pas tout. Plus les moyens techniques s’améliorent, plus il est dit et répété que l’arbitrage laisse à désirer. C’est facile et souvent injuste ! Mais dire que l’arbitre est mauvais, c’est propager une certaine forme d’émotion. Et parfois donner dans la démagogie ! Une certaine assistance visuelle en direct ne serait pas forcément inutile !!!

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Le geste d’un arbitre qui semble bien accompagner presque souriant une de ses décisions. Celui de la rencontre Allemagne-Portugal n’aura pas vu Ballack pousser des deux mains son adversaire s’ouvrant ainsi le champ pour le troisième but entaché d’une faute non sifflée. Le résultant final, même cette faute sifflée, n’aurait de toutes manières pas été deux à deux, mais pas forcément trois à deux. (Keystone)

Denis Müller

Vendredi, juin 20th, 2008

100146.jpgJe savais depuis longtemps que Denis Müller Professeur d’éthique à la Faculté de théologie et de sciences des religions à l’Université de Lausanne était un passionné de football.. et de cinéma (entre autres).

Lui ne connaissait pas mon vrai plaisir à suivre le foot sur le petit écran, en guise de divertissement, ni mes dix ans de pratique assidue de ce sport, entre quinze et vingt-cinq ans, certes, dans les ligues inférieures. On vient donc de se retrouver à l’occasion de la sortie de son livre

LE FOOTBALL, SES DIEUX ET SES DEMONS
Menaces et atouts d’un jeu déréglé
Le Champ éthique, no 49
Une collection dirigée par lui-même
Editions LABOR ET FIDES.

Et oui, le directeur de collection n’a pas perdu le nord en sortant cet ouvrage quelques jours avant l’Eurofoot, pieds ainsi bien sur terre dans le choix du moment pour une bonne promotion.

C’est un texte dense, avec beaucoup de renvois très universitaires de bas de page, gages de sérieux. Mais il y a aussi dans des pages, pour le moment découvertes en picorant ici et là, des lignes de passion à peine encore un peu contrôlée. Il faudra, picorement terminé, revenir sur cette publication.

Autour de l’Eurofoot 2008, Denis Müller tient une chronique de l’Hebdo, deux blogs sur l’Hebdo (Suisse) et sur Réforme (France)

Voici d’utiles références

http://herosfoot.typepad.com/my_weblog
http://www.reforme.net/denismuller

Fyly / Neuchâtel, 19.06.08

Parlons «fooot»… et censure!

Vendredi, juin 13th, 2008

On en parle beaucoup, mais parlons-en tout de même en allant regarder ailleurs, dans les marges! En cette fin de semaine, on a vu toutes les équipes: chacun peut faire son pronostic. Un dernier carré avec la Hollande, le Portugal, la Croatie et x ( x = Espagne ) ne manquerait pas de charme. Et tant pis si ce n’est pas cela.

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Des Hollandais contents. (photoKeystone)

Alors, parlons marge, à l’occasion du bouquin de l’ami Denis M. et sa séance de signature : un autre regard sur le foot, à travers une passion envahissante. Un regard amical qui sait avoir la rudesse de l’acier.

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Club de l’Euro 2008

Bien filmé ce foot, en général, par les multiples caméras des huit stades sous la responsabilité de l’UEFA qui détient le «cut final»! Mais celle qui se promène au plafond montre les présentations d’avant les rencontres en des cercles tordus par l’insuffisance des répétitions. Un premier coup de chapeau à la TSR avec le «Club de l’Euro 2008» (toute le semaine sur TSR 2 vers 23 :00), tardif comme une série «pointue» américaine, au ton décalé, avec un humoriste en cage, qui aboie sans mordre. La réussite tient pour beaucoup au fait d’ouvrir l’éventail des invités, qui sont choisis ailleurs que parmi les notables spécialistes du foot.

(( Le paragraphe ci-dessous a été mis en ligne le 14 juin 2008 à 16:00))

Vendredi 13 juin 2008

Encore faut-il que ceux-ci jouent le jeu du jeu que devrait rester le foot. Au soir du vendredi 13 juin 2008, Frédéric Maire, qui passera de Locarno à la cinémathéque prochainement, entra dans les vues de la puissance invitante, d’autant plus que l’invité annoncé, Pierre Naftule, était paraît-il pris dans les embouteillages de Genève, chose qui arrive fréquemment à ceux qui ne connaissent pas cette ville. Ne restaient en renfort externe plus qu’une invité de marque, Marie-Thérèse Porchet née Bertholet. Exhibitionniste, la dame, qui parla surtout elle-même, insistant avec lourdeur sur ses prochains spectacles, son humour manquant de légèreté, alors que Klopfenstein restait presque muet dans sa cage. Comme quoi une erreur de “casting” peut diminuer la portée d’une bonne idée

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(( Les trois paragraphes ci-dessous ont été mis en ligne dimanche 15 juin vers 18 :00))

La première impression favorable donnée par « Le club de l’Euro 2008 » fut formée de bribes d’émission en début de semaine dernière. Il fallait dès lors confirmer ce sentiment positif par le visionnement d’une émission en entier. Ce qui fut fait le vendredi 13 ! Manque de pot : la grave erreur de « casting » provoquée par la présence de Joseph Gorgoni déguisé en Marie-Thérèse conduit à de fortes réserves.

Samedi 14 juin 2008

Il fallait remettre çà : ce qui fut fait samedi 14. Excellente émission, cette fois, toujours sous la direction de Laurent Bastardoz, avec Jean-Philippe Rapp, le caricaturiste Hermann, le hockeyeur à casquette Gil Montandon et en cage Meury. Rapp dit pourquoi il aime le football, Hermann explique qu’il n’est pas facile de caricaturer le jeu alors que cette caricature fonctionne bien quand le sujet est tiré de l’entourage. Gil Montandon donne une explication sur l’énergie des dernières minutes d’une rencontre qui peut faire basculer un match (et même un quart de finale de hockey-sur-glace quand le neuchâtelois inscrivit un but qualificateur de demi-finale contre le CP Berne il y a quelques mois ! - Il me semble pas tellement apprécier qu’on le lui rappelle constamment!).

On continue d’ouvrir des rubriques, de lancer des sujets préparés, Bastardoz interroge les uns et les autres sur leurs occupations actuelles, hors-football : compléments intéressants ! Mais surtout une remarque riche de développements possibles formulée par Gil Montandon. L’arbitrage laisse à désirer en cet Eurofoot 2008, semble-t-il plus encore que ces dernières années ! Et chacun d’y aller d’un exemple récent au moins. Et voilà que, fort calmement, Gil M. demande si l’arbitre a vraiment vu une main qui pourrait bien avoir été placée dans son angle mort de vision. Il a parfaitement raison de poser ce problème. L’arbitre tout puissant ne peut pas tout voir. Des milliers de spectateurs et peut-être parfois un milliard de téléspectateurs en voient beaucoup plus que le seul arbitre, les angles morts différents autour du stade et presque annulés par les trente caméras placés sur un stade en 2008 avec le direct augmenté de différé. Un sujet qui mérite d’être développé, qui met en cause la télévision qui n’a rien à voir avec le regard de l’arbitre et diffère par la variation des distances de ce que les spectateurs d’un stade voient à distance constante.

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F U T U R O F O O T

Et voici une opération a un petit peu moins de un million, nommée «Futurofoot», dix fois six minutes plus environ chaque jour une de génériques – ce qui met la minute à douze mille de nos helvétiques balles – beaucoup de monde, à lire le générique de fin… que personne ne lit… parce qu’il est illisible. Un arrêt sur image à l’aide du DVD permet d’arriver à une centaine de noms divers! Programmation: pas chaque jour, sur la chaîne maîtresse de la TSR (la 1, bien sûr) juste après la météo, entre deux rencontres, avec reprise après minuit (!).

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Chang Shihyl, l’assistante du professeur Blokker et
Pierre Mifsud, un des bons joueurs de l’équipe CERFA

Directeur du Centre Européen de Recherches pour un Football d’Avenir (CERFA, tiens, ce truc qui finit et FA, on l’a déjà vu ailleurs) le professeur Blotter (Jean-Luc Bideau), qui porte un drôle de nom venu du Haut-Valais, avec ce «a» changé en «o») dit avec le plus grand sérieux en croyant délicieusement à ce qu’il dit un assez bel assemblage d’énormités sur le foot. Un sujet par jour, quatre ou cinq sous-titres pour des thèmes différents: souvent excellents quand la réalité se profile en arrière-plan, pas forcément crédibles dans les excès de délire. Des images d’actualités plus ou moins anciennes alternent de manière souvent très fluide avec celles de l’équipe de la Crefa mise en scène dans la grand stade de Genève. Derrière Bideau au premier plan, il se passe plein de choses – que les adeptes de la télévision sur téléphone portable ne verront pas en miniature. Voici un exemple: au premier plan, Bideau parle, à sa droite, son assistante suit l’entraînement du meilleur joueur en jeu de tête, le ballon bondissant dans un tube de verre; tout au fond, une image en mouvement sur un écran de contrôle.

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Un exemple, avec le pénalty. On imprime au ballon une trajectoire encore plus compliquée que la balle de plomb qui tua Kennedy en 1966. Le ballon se dirige vers le gardien, s’envole, fait des loopings, joue au boomerang et jette au sol de tireur. Ce fut écrit avant 2008 et la série tournée au début de l’année. Savait-on à ce moment que le ballon officiel allait suivre des trajectoires parfois bizarres qui donnent des sueurs froides aux gardiens? Le ballon qui s’émancipe est une réalité. Exagérer, en faire donc trop, c’est la solution choisie dans «futurofoot». Y transposer la réalité la déformer à peine, c’est renforcer l’humour par la plausibilité.

Deux versions

(( Ce texte a été mis en ligne le 15 juin 2008 vers 19 :00))
Petits problèmes avec cet «Futurofoot . Pour les numéros, 4, 5 et 10, il existe deux versions, une pour 20h05 en plein premier rideau grand public et une intégrale pour la reprise au milieu de la nuit. A noter que la communication faite par la TSR n’a pas caché l’existence de ces deux versions : les cartes sont sur la table.

Voici du reste un courriel reçu en réponse à une demande d’explication :


Pour la diffusion de prime time (tout public), nous diffusons la version tout public (par exemple, vignettes paninis floutées) et le soir la version sans floutage.

Ceci afin de ne pas “heurter” la sensibilité des enfants qui pourraient se trouver devant la télévision en début de soirée.

Meilleurs messages

Mathilde Boillat
Chargée de communication Fiction, Multimédia et Audience
Franche confirmation, donc, de la clarté des explications !

Plus encore : le DVD mis à notre disposition par le service de presse parle de « version censurée ». On ne va donc pas renoncer à ce mot « censure ».

Il aura tout de même fallu quelques dizaines de minutes pour noter exactement les suppressions ou modification. Les voici :

No 4 : partie intitulée « L’art contemporain »

Deux plans de vignettes qui rappellent, bien entendu sans mention directe, les fameuses Panini. Version premier rideau : la feuille de vigne de silhouettes nues est ici remplacée par des étoiles colorées bien visibles. Version nocturne : les deux mêmes plans montrent de messieurs debout complètement nus. Une affaire de zizis, plus visibles cachés que nus !

No 5 : partie intitulée « Les déjections »

Il arrive qu’un crachat d’un joueur finisse sa course sur un autre joueur, généralement de l’équipe adverses. Ici le crachat est remplacé par un abondant liquide blanc dont l’adversaire reste imprégné, et plutôt dégoûté.

Cela vaut pour la version nocturne et est absent de la version 20h00.

No 10 : sujet intitulé la médecine du futur

Plutôt que de caractériser les footballeurs par leur ADN, les chercheurs du CERFA ont mis au point une méthode d’analyse d’urine, la récolte faite par un joueur de dos. L’une des expériences consiste à mouiller d’urine un doigt est à le porter à sa bouche.

Cette méthode originale est portée à la connaissance des téléspectateurs nocturnes, pas à celle du grand public de 20h00.

Pas envie de commenter. L’information est ici donnée avec un sourire plutôt large !

Rappelons que quelque fonctionnaire de l’orgueilleuse et capitaliste UEFA voulait faire interdire la présentation de «Futurofoot» à Genève sur la plaine à succès de Plainpalais. La tentative fit long feu, ridicule évité ! De quelle version s’agissait-il ? De la nocturne, avec son sujet « déjections » d’un bon goût douteux ? Et quelle version y projete-t-on ?

Mais ceci tout de même : pendant cet Eurofoot 2008, on assiste assez souvent à du beau ou passionnant football !!!!

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Le ciel vient de tomber sur la tête des Suisses. (photo Keystone)

 

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(( Le texte ci-dessous a été mis en ligne le samedi 14 juin à 17:00))

 

 

 

L’UEFA comme le Pentagone ?

L’UEFA a gardé la haute main sur tout ce qu’il était possible de surveiller. Une exception : le coût de la sécurité généreusement abandonné à la charge des communautés publiques locales ! Une de ses filiales supervise la retransmission des trente-et-une rencontres, commanditées à des entreprises externes. L’UEFA peut donc contrôler toutes les images officielles des retransmissions en direct.

A Vienne, le dimanche 8 juin 2008, rencontre Croatie-Autriche : la Croatie marque d’emblée. Dans la foule éclatent des fumigènes qui seraient interdits de stades. C’est donc l’amorce d’un désordre ! Le vit-on sur notre petit écran ? Furtivement, paraît-il – je ne l’ai pas remarqué ! Nous n’aurons vu que des images bien sages d’un bon public discipliné. Et cela selon une volonté reconnue par les organisateurs, comme le relatait « Le matin bleu » du 10 juin 2008.

Donc l’UEFA a la possibilité d’écarter toute image qui lui déplait et semble bien n’avoir pas manqué de le faire une fois au moins pour la joie du public croate à Vienne. Anodin ? Peut-être. D’autres diffuseurs peuvent aussi filmer durant les rencontres.

Des précédents

Mais quand même : la communication sportive des rencontres est contrôlées par l’UEFA dans un sens bien précis. Ira-t-on bientôt jusqu’à ne pas montrer de vilains gestes de joueurs ? Et ce contrôle de la communication visuelle et sonore, ne rappelle-t-il rien ?

Il y a quelques semaines, sur le chemin de la flamme olympique, des amis du Tibet firent part de leur réprobation. Le fait que la télévision chinoise n’ait diffusé dans son pays que des images d’un voyage harmonieux sans contestation a provoqué une large réprobation dans le monde entier : cette forme de censure étatique n’annonce rien de bon pour la période des jeux proprement dit.

Il y a quelques années, le Pentagone tint toute la communication sur la deuxième guerre d’Irak sous contrôle. C’était une guerre « propre », efficace, sans douleur ! Et aujourd’hui encore, les Américains n’ont pas de fréquentes occasions de voir arriver en retour au pays les cercueils de leurs morts et leurs blessés. Le maître de la guerre garde en mains sa communication.

L’UEFA avec son Euro 2008 fait la même chose. Qu’importe la marge entre des fumigènes ou des manifestants sur le parcours d’une torche et les morts d’une guerre en Irak, il y a volonté de présenter la réalité dans un sens décidé d’avance, ce qui revient donc à taire tout ce qui ne s’inscrit pas dans cette direction. Le principe reste le même : ce type de choix s’appelle « censure » !