«Plus belle la vie»: mieux qu’«Heidi»
Samedi, mars 29th, 2008Les moyens de France 3, en argent disponible pour «Plus belle la vie» sont assez comparables à ceux de l’association France 2 / TSR pour «Heidi», dans une fourchette de sept à neuf mille francs la minute. Certes, «Heidi» est plus souvent réalisée en extérieurs que «Plus belle la vie». En principe, un tournage en extérieurs est plus délicat qu’en intérieurs ou en studio.
Il y aura vingt-six épisodes d’ «Heidi». «Plus belle la vie» arrivera en 2010 à sa sixième saison, avec nettement plus de mille épisodes, donc une plus grande expérience. Dans des décors immuables, extérieurs et intérieurs, des personnages disparaissent, d’autres apparaissent. Il arrive parfois que six millions de français soient devant leur petit écran de France 3 à 20h20, du lundi au vendredi! C’est beaucoup. Un succès à l’audimat couronne parfois de bonnes émissions quotidiennes de fiction dépassant le simple divertissement. Il y a donc quelques raisons valables pour faire des comparaisons.
On fit bel accueil en Suisse romande aux débuts d’«Heidi», avec l’espoir que les progrès se confirment d’un épisode à l’autre. Dans un texte que l’on trouve sur le Blog Rétines (accessible ici) nous nous demandions s’il était possible de comparer «Heidi» à «Plus belle la vie». La réponse d’aujourd’hui est affirmative.
«Heidi», gentiment conformiste
France 2 voulait faire d’«Heidi» une série pour les ados. La TSR pensait plutôt aux adultes pour le premier rideau. Les réparateurs de scénarios se mirent d’accord sur la version adulte. D’une série à l’autre, la TSR semblait progresser après la première demi-douzaine de numéros. Mais une série doit non seulement séduire en ses débuts, elle doit convaincre sur la durée. Et le critique peut aussi se laisser guider par son «instinct» de téléspectateur. Peu à peu, l’ennui s’est installé, au point d’oublier sans se sentir coupable le rendez-vous du samedi soir.

Une image du tournage d’«Heidi» … pour le paysage
Les personnages d’«Heidi» semblent maintenant bien légers, sans surprise, balançant avec plus ou moins de bonheur dans la diction, bon nombre d’idées reçues. Une situation peut se retourner sans la moindre nuance. On sombre dans une exquise gentillesse bien conformiste. Dommage ! Il reste au moins de beaux paysages de montagne!
La société multiculturelle de «Plus belle la vie»
Les personnages de la série de France 3 forment un large éventail d’âge allant de l’adolescence au troisième âge, des apprentis aux retraités en passant par les actifs et les inactifs volontaires ou obligés. Les niveaux différents de formation peuvent provoquer des heurts qui virent parfois à l’harmonie entre sensibilités et origines d’un peu partout. Le grouillement de ce petit monde dans des lieux différents fait sourire, touche, intéresse, attire la sympathie, énerve. Les personnages évoluent, pas forcément vers le conformisme. On y croit, à ces petites histoires qui deviennent parfois grandes, donc à l’histoire de la société multiculturelle de Marseille sur le voie de l’assimilation pas toujours aisée.

Une partie de la «famille» des personnages de «Plus belle la vie»
Sur un chantier, trois femmes se trouvent aux postes de responsabilité, la cliente, l’architecte, la responsable des travaux : une allusion par le dialogue permet de le signaler. Ne pas savoir lire peut compliquer une relation amoureuse en provocant complexe ou révolte. L’architecte se transforme durant quelques heures en livreur alors que sa compagne aide un chef de cuisine à préparer le poisson. Une statuette égyptienne pourrait, sait-on jamais, contribuer à interpréter le sens du comportement d’un homme accusé, probablement à tort, d’avoir tué sa femme. Mais le juge qui avait accordé au fils de l’accusé un droit de visite doit y renoncer, sur ordre de sa hiérarchie
Travailler le lundi de Pâques!
La collaboratrice d’un architecte signale qu’elle est obligée de travailler un « lundi de pâques » : or elle le dit dans le numéro qui passe 24 mars 2008. Même un détail de ce genre permet de montrer la richesse de l’écriture. Faute d’avoir suivi tous les épisodes les plus récents, impossible de savoir si certains personnages sont allés voter pour les municipales à Marseille ! Evidemment, on ne peut pas demander aux dialoguistes de faire une allusion aux manifestations de tibétains au départ de la flamme olympique. « Plus belle la vie » est ainsi, même anecdotiquement, en prise avec l’actualité au jour le jour.

Pour «preuve» du succès de «Plus belle la vie»,
les comédiens entourés du public lors
d’un Salon de la télévision (Paris, 16.06.07)
L’ensemble est vif, bien rythmé par des scènes assez nombreuses (chaque jour le même nombre?), dans l’ensemble bien interprété avec léger accent méridional, ancré dans le temps présent parfois conflictuel.
Pourquoi donc «Heidi» n’est-il pas au même niveau que «Plus belle la vie»?
Le petit «miracle», ce serait donc le feuilleton marseillais de France 3 , avec sa bienvenue sur la Canebière?
FYLY
«Vous aimez cette série? N’attendez plus…»: cette formule qui concerne la «boutique tv» secoue régulièrement les oreilles du téléspectateur amateur d’une série généralement américaine qui passe en deuxième partie de premier rideau ou en nocturne. Elle ne concerne pas «La semaine des médias 2008 – Ma classe communique», présentée sur TSR 2 trois fois dans la journée mais irrégulièrement du 10 au 14 mars.
Sur sept minutes, une et demie est consacrée à résumer la précédente et à introduire la suivante. L’existence d’un journal interne d’un collège occupe donc un peu plus de cinq minutes par jour; de quoi apporter d’intéressantes informations. Les tournages se sont étendus sur près de trois mois. Ils permettent d’aborder une discussion sur l’ancien numéro et le choix des sujets du prochain (1), la préparation des interviews(2), des reportages sur le terrain (3), une rencontre de hockey professeurs -élèves (4), le bouclage final (5). On suit donc ainsi un exemple de ces Activités Complémentaires à Options (ACO), qui font actuellement parler d’elles. L’information sur la vie d’un groupe de treize élèves entre 13 et 15 ans est bien structurée, avec une dose correcte de commentaires explicatifs qui complètent l’image et le son enregistré.






