
Qui se trouve dans le fauteuil dont on ne voit que le dos ?
Il faut tout de même montrer la table ronde et son conseil des ministres du passé!
Une fois oubliées l’overdose de sports ( tristounet le récent Autriche-Suisse ), une fois saluées les réapparitions d’humoristes ( « Les simpson » sur TSR2, un petit coucou surprise du multiple « François Silvant »), ( Cf Note 1, plus bas )une fois retenu l’intérêt des « Couleurs d’été », c’est pauvre, pas seulement sur la TSR, mais un peu partout : telle est en effet la télé l’été !
Butiner chez le voisin !

Alexandre Astier : un véritable auteur de télévision, et polyvalent !
Rien de bien original à s’en aller butiner chez un grand voisin, M6, (Voir Note , encore plus bas) lors de ses longues soirées du samedi se déroulant de 20h30 à point d’heure après minuit, sa camelote autour du graal due à Alexandre Astier, scénariste, dialoguiste, réalisateur, acteur, co-producteur avec son principal partenaire et complice Jean-Yves Robin. Une bonne partie de ces six saisons présentées en six Livres depuis 2005 a flirté avec TSR 2 et même certaines télés régionales de Romandie.
Cinq heures de suite

Un invité de marque, dit “Quest star” : Monsieur Christian Clavier
Plus de six cent modules de base, d’environ trois minutes et demi chacun, sont à disposition. De deux mille minutes, il est possible de tirer des versions de cent, deux cent minutes bâties autour de thèmes comme les « Guest stars », « Ivain et Gauvain », « Karadoc et Perceval » ou encore « Merlin ». Et toute liberté existe pour ne consommer ces longues soirées de cinq heures que par petites touches : pitonner ne nuit pas au plaisir de suivre quelques modules seulement qui se suffisent à eux-mêmes.

Karadoc et Perceval
Une ressemblance avec le conseil fédéral ?
« Kaamelott » aura donné le plaisir du divertissement populaire d’assez haute qualité, fondé sur un humour qui sent bon l’absurde pourtant enraciné dans la légende du bon roi Arthur entouré de ses chevaliers autour d’une table ronde pour s’en aller conquérir le graal, dont certaines images offertes par wikipédia se retrouvent chez césar, oscar, goya ou autres quartz ! La multiplication des anachronismes, dans le langage, mais aussi les comportements, permet de découvrir les coulisses du pouvoir d’un conseil des ministres ou d’imaginer Guenièvre quittant la royale couche pour s’en aller tourner dans un film sous les ordres de Woody Allen : ainsi peut-on même en rajouter !

Arthur entouré de quatre de ses ministres: un conseil fédéral alors uniquement masculin
Arthur - Sarkozy et Merlin – Fillion ?
Continuons : autant notre conseil fédéral oû chacun joue perso que le gouvernement français qui se contente d’exécuter les décisions de son président à géométrie variable, entre ouverture à gauche, féminine ou grand discours sécuritaire, placé sous les ordres d’un premier ministre dont il ne faut pas trop dire qu’il fait bonne figure dans les sondages, attirent beaucoup l’attention. Les ministres du bon roi Arthur font souvent actions ou réflexions très personnelles, en tous cas pas forcément collégiale. Le bon roi Arthur tient plus du Sarkozy d’ouverture, mais lui pas seulement verbale, que du rigide sécuritaire. Le bon Fillon doit avoir un petit côté Merlin pour plaire à Sarkozy. Après tout, « Kaamelott integraal » permet d’en rajouter en racontant aussi le pouvoir politique moderne et ses servants, mais lui au moins, avec humour, ironie, distance !

Merlin-Fillion : aucune ressemblance physique, certes,
mais dans les rôles ?
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Note 1 : Hommage en passant à notre « Petit Silvant illustré »
Evidemment, avec ses deux mille minutes de courts sujets indépendants les uns des autres, chacun racontant une petite histoire en y insérant plusieurs gags oscillant entre le verbal et le visuel, M6 dispose d’un trésor de guerre, vendable à l’étranger, certes, mais aussi malléable pour ses propres programmes.

François Silvant au festival de Montreux en 2007
La TSR n’a certes pas autant de moyens. Mais avec les multiples personnages de François Silvant, elle dispose d’un confortable capital qui pourrait être utilisé peut-être même en tentant des regroupements autour de plusieurs variations du personnage.
Toujours est-il que devant la richesse de « Kaamelott », de « Petit Silvant illustré », « Tous Ego en été » ne tient pas le coup devant son décor de théâtre avec un couple qui récite un texte plutôt qu’il lui donne vie en se lançant quelques vannes pour en terminer avec une encore en guise de chute. Mais comme l’heure est d’écrire ce qui plait en ces semaines, n’en disons pas plus d’un réel et décevant échec.
Note 2 : Les fenêtres publicitaires de M6 ouvertes sur la Suisse romande
Grâce aux fenêtres publicitaires tendues par M6 vers la Suisse romande, avec la complicité de grands annonceurs de notre pays, y compris de régies où la
Confédération est encore majoritaire, des millions d’euros annuels franchissent la frontière pour Paris. Très indirectement, nous sommes tous co-producteurs de «Kaamelott».

Pas rancunière la TSR : M6 lui pique des recettes publicitaires en faisant entrer par sa fenêtre de fructueuses recettes sans partage. La boutique TSR vend l’intégraale de Kaamelott pour presque 250 balles, bénéfice partagé ?
Attirer les annonceurs suisses avec ce genre de fenêtre, ce qui existe depuis longtemps en Suisse alémanique, n’en revient pas moins à effectuer un prélèvement sur le marché national des investissements publicitaires. Il se pourrait que cela finisse par se compter en millions.
Qui est privé de recettes par cette fenêtre publicitaire qui n’apporte strictement rien au spectateur ? Assurément, la SSR par la RTS, mais aussi les chaînes privées commerciales, ou les radios qui osent accueillir la publicité. Les quotidiens risquent bien aussi de voir ainsi des campagnes générales les oublier.
Or, il n’y a pas grand monde pour s’interroger sur cette forme de concurrence pas très loyale mais assurément très capitaliste. Un seul ou presque a tenté de se battre contre cette pompe à finance, Gilles Marchand, le directeur de la TSR devenu patron de la RTS. Presque pas soutenu, à l’exception de quelques lignes signées de défenseurs de la culture. Un front commun télévisions publiques et privées, de radios privées, de presse écrite quotidienne et à rythme moins fréquent aurait peut-être obtenu gain de cause.