JO d’hiver: bilans dorés

Vendredi 5 mars 2010

Les remarques qui suivent sont une amorce de synthèse après quinze jours de multiples pitonnages, expression du Québec qui remplace zapping, entre «Eurosports», «France 3» et «TSR2» qui disposent, en direct ou différé, des mêmes images des compétitions.

Un excellent travail sur l’image

D’année en année, les images de «grands» sports s’améliorent. Ces progrès bénéficient aussi aux «petits» sports. Mais faire sentir le pourcentage de la pente en ski alpin reste chose difficile. Il faut avoir sacré bon œil pour suivre la «rondelle» du hockey sur glace. Les niveaux sonores qui accompagnent le direct ou le direct en différé ne donnent qu’une impression atténuée de l’ambiance sonore racontée par les commentateurs. Certains sports qui se jouent à la seconde ou même à son centième ( épreuves de ski alpin, bob), un par un, perdraient tout intérêt sans l’affichage des temps. On doit parfois se demander si cet affichage n’est pas trop petit pour être vraiment lisible. Quelles différences de l’un à l’autre sans la différence avec le mieux classé qui apparaît en deux couleurs ? Reste alors l’accident ou la chute, en «bonus».

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Avec deux médailles d’or, Simon Amann porte son total
à quatre médailles d’or dans sa carrière. (Photo Keystone)

Le rôle des commentateurs

Le rôle de ces derniers reste important. Ce sont eux qui alimentent la «fierté» nationale qui confine parfois au chauvinisme, certes sous-jacent parmi les téléspectateurs. Ils font comme si le «client» était à leur écoute en permanence, ce qui évidemment n’est pas le cas. Au point que, dans un autre genre, le football pendant tout l’année est arbitré par des milliers de spécialistes. Songent-ils souvent à ceux qui découvrent un sport? Avec cette version 2010, j’ai enfin compris les subtilités du curling qui dépasse de loin la glissade d’une lourde marmite sur la glace. La précision au centimètre des lancers, le rôle des balayeurs qui modifient les trajectoires, le côté stratégie comme aux échecs adossé sur des probabilités en font la substantifique moelle.

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Le curling: un sport tout en finesse. (Photo Keystone)

Le contraire du rêve de Coubertin

Seule compte la participation disait le fondateur des jeux, ce Baron qui prônait l’amateurisme de ceux qui avaient des moyens financiers. Tout pour l’Or d’un jour, répètent et écrivent les uns et les autres, qui ne parlent pas beaucoup des gros billets qui occupent le vrai trône. Mais une médaille de Bronze vaut de l’Or quand il s’agit du curling masculin! C’est commencer d’être condescendant en citant l’Argent et le Bronze. Au pied du podium, le quatrième devient «Chocolat», ce qui n’est pas très gentil pour cet excellent produit. Qui oserait s’intéresser à l’humble papier recyclé des diplômes allant de quatre à huit? Au moins ceux de La Chaux-de-Fonds qui ont reçu en même temps leur bronzée de dernière heure et leur papetière qui aurait du être dorée après ses brillantes qualifications.

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Mellie Francon et Olivia Nobs fêtées à La Chaux-de-Fonds. (Phot Keystone)

Les millions argentés ou en papiers? A peine Vancouver est-il terminé que l’on parle des prochains JO de 2014 en bordure de mer Noire à Sotchi. Quel Canada y verra-t-on? Le vainqueur de 2010 contre les adversaires, mais pourtant collègues et amis américains, autrement les plus grands professionnels de la NHL et autres. Pas certain! Les compétitions habituelles pourraient ne pas être interrompues, d’autant plus que le décalage horaire entre l’Est de l’Europe et les USA rendraient difficiles le direct en soirée. Alors on discute ferme, les enjeux estimés par millions. L’argent alors n’a rien à voir avec la médaille.

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La joie du Canada qui remporte l’or face aux USA. (Photo Keystone)

Cent mille préservatifs: anecdote?

Lu quelque part que plus de cent mille préservatifs auraient été distribués, gratuitement semble-t-il, dans des lieux où passent les deux mille athlètes et les quatre/cinq mille journalistes, techniciens des médias, accompagnants, membres des organisations sportives et leurs proches… Pour un public potentiel de dix mille personnes, cela fait presque un préservatif par jour. Un grand foutoir, les JO d’hiver?  Mais ce fut une lecture unique; manque donc la vérification de cette anecdote, un peu semblable à une rumeur qui avait aussi touché Pékin. Une explication trouvée, elle aussi unique: ce serait un ruée vers le caoutchouc pour le plaisir…  de compléter collection.

Classement sur l’Or prioritaire

Et tout va, dans nos latitudes, vers cet Or magnifié. Le seul palmarès qui apparaît un peu partout est fondé sur un bien curieux critère, le nombre de médailles d’Or. En cas d’égalité, le nombre de médailles d’Argent permet d’affiner le classement. Et d’appliquer la même procédure avec le Bronze. Reste-t-il encore quelqu’un qui en Suisse ignorerait que jamais notre pays n’avait touché six fois l’Or magique de la notoriété. Six athlètes et quelques-uns autour d’eux le méritent bien. Mais vous et moi?

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Didier Défago a remporté la médaille d’Or de la descente. (Photo Keystone)

Autres classements possibles

A l’Or prioritaire, la Suisse aux JO se classe un peu moins bien que la Banque Nationale qui vient de sortir un beau bénéfice en argent-monnaie avec son or métallique. Elle est sixième. En se bornant à compter les médailles, elle n’occupe que le 11e rang. En attribuant trois points à l’Or, deux à l’Argent et un au Bronze, le 10e rang est sauvé.

A l’Or seul, le Canada est en tête et les USA troisième. Au nombre de médailles, les USA mènent devant l’Allemagne et le Canada. Avec la pondération, même classement.

Il faudrait inventer un assemblage de critères permettant à chaque pays d’être classé premier, ou à tout le moins deuxième et troisième.

Cette ruée vers l’Or est une manière de trahir le sport et d’attribuer les succès d’un seul à tout un pays!

Incontournable «Infrarouge»

Vendredi 26 février 2010

Curieux paradoxe: «Infrarouge», tout comme «Tard pour bar», offre généreusement de nombreuses occasions de s’énerver, en général en fin de premier rideau, ce qui ne favorise pas un paisible sommeil. Et pourtant, ces deux émissions attirent le chaland avec une force régulièrement incontournable sans atteindre les sommets olympiques audimatiques!

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Les dessins de Mix&Remix qui illustrent ce texte sont relatifs
à l’émission du 17 février, “Baisse du deuxième pilier:
pillage ou nécessité”

Le vote par correspondance est-il compatible avec la programmation?

Parmi une vingtaine d’émissions repérées depuis le premier septembre dernier, une bonne dizaine touche des sujets actuels, futurs ou récents liés à des votations par oui ou non, un autre quart portant sur des problèmes suisses, le solde consacré des personnalités ou des faits de société. Donc la participation à la vie civique nationale est importante. Une première question se pose : le vote par correspondance est de plus en plus largement pratiqué. «Infrarouge» devrait donc s’adresser à ceux qui sont décidés à voter ou à en inciter d’autres à le faire. Mais quand l’émission tombe une semaine avant la votation, quelle est la proportion des téléspectateurs qui n’ont pas encore voté? Intéressant sujet pour «Mise au point» qui pourrait enquêter sur l’évolution dans le temps du pourcentage de ceux qui votent par correspondance.

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Mais l’émission est-elle faite pour fournir des éléments qui permettent de décider le sens de son vote ou pour offrir une heure d’échanges, si possible vifs, d’arguments lancés par les uns sans écouter les autres ? Parmi les participants à ces débats, on attend toujours un oiseau rare qui déclarerait avoir changé d’idée après une heure de ce «spectacle». Car spectacle il y a en tenant compte de la fréquence d’apparition d’invités devenus abonnés, Freysinger en tête, qui finira par connaître un succès à la Louis de Funès, y compris dans le domaine de la protection des animaux, largement dépassé par un groupe, celui des avocats genevois. Il faudra fonder un jour un groupe d’action, nommé FAIM (Freysinger, Accès Interdit chez Mamarbachi) ou imposer un quota maximal d’avocats genevois (un par mois!).

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La mise sous l’étouffoir

Un débat commence à déraper quand au moins deux personnes parlent ensemble, trois même si l’animatrice tente de calmer les esprits. Cela arrive puisque l’on privilégie le «spectacle». Un moyen pour reprendre le dessus consiste à se souvenir qu’il y a d’autres invités qui n’ont pas encore été récompensés d’un temps parole même bref ou de lancer un petit sujet préparé à l’avance. Le calme revient assez souvent. Dans beaucoup de débats, on lance des informations numériques, par exemple en faisant quelques allusions à des tables de mortalité autour du problème du deuxième pilier. Dire oui au fameux 6,4 minimal, c’est accepter une table de mortalité des fonctionnaires du canton de Zürich. Mais une bonne partie de la campagne s’est constituée autour de la notion du vol, vol des rentes futures, vol des générations futures selon un camp ou l’autre. On aura assez peu parlé de ces tables de mortalité qui sont au centre de la conviction qu’il faut prévoir et faire vite (voter OUI) ou admettre que cette hâte est regrettable (voter NON).

Mais, et pas seulement à «Infrarouge», un argument de type étouffoir revient très souvent: «trop de chiffres» qui est parfois suivi d’un «vous m’aviez promis, cher invité, de ne pas entrer dans des détails techniques». Ce que les téléspectateurs veulent savoir d’un tel débat, c’est ce que deviendra leur rente quant l’âge du deuxième pilier sera atteint». Et comme la réponse repose sur des hypothèses différentes, l’emploi des tables de mortalité est mis sous étouffoir.

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Un entretien avec le «général» Keckeis

Dans «l’Hebdo» (no 8 – 25.02.2010) plusieurs pages sont consacrées à une vive attaque contre le conseiller fédéral Ueli Maurer traité de «fossoyeur de l’armée suisse». Sur deux pages, Christophe Keckeis, ancien «général», ne mâche pas ses mots. La question n’est pas, ici, de se prononcer sur le fond soulevé par le dossier, mais de se demander si un entretien équivalent avec M.Keckeis pourrait avoir lieu sur le petit écran, ou même à la radio, sans entendre simultanément le contraire de cette opinion. A «Pardonnez-moi» peut-être; au «Téléjournal» ou à «Infrarouge», non!

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JO au jour le jour - suite

Mardi 23 février 2010

Content, pas fier

Un peu trop souvent utilisé le mot « fierté », samedi 20.12.10 , dans le « Rétines » sur papier. Pas assez bien fait sentir le brin d’ironie caché derrière le mot.. En vérité, suivre le parcours d’un(e) athlète ou équipe de compatriotes offre un petit intérêt supplémentaire dont il convient tout de même d’un peu se méfier ! Et prendre du recul ne tue pas le plaisir de voir un suisse ou une suissesse bien s’en tirer.

La nuance est-elle sensible ? C o n t e n t va mieux que f i e r

Les limites de direct

Et dire que parmi les plans de désespoir d’Armin Walpen, PDG de la SSR-Idée suisse, devant l’insuffisance financière il y aurait au pire la suppression d’un deuxième canal dans chaque région. Les sports, en une période de gloire olympique, mondiale ou européenne, envahiraient-il l’unique chaîne durant plus de la moitié du temps d’antenne, même nocturne ? Ce serait impossible !

Occuper largement celui d’un second canal frôle déjà l’indigestion. Le vrai direct, plus encore que le différé sans montage, se met assez rapidement à ennuyer. D’un mouvement à l’autre, il y a des temps morts. La marmite du curling démarre, suit son chemin, obéit aux coups de balais, en bouscule une autre ou s’installe là où il le faut, près du plein centre : un vrai suspens lié à la précision de la glissade de presque vingt kilogrammes. Mais ensuite, on voit les gens discuter entre eux, entourer leur « coach », faire quelques gestes. Pas très intéressant ; même pas du tout. Le direct direct tout comme le direct différé sans montage, avec ces discussions auxquelles on ne comprend rien, c’est lassant.
A qui s’adressent les commentaires ?

Oui, dans la mesure du possible, mieux vaut que le(la) commentateur ( trice) officiel(le) de la TSR soit accompagné€ d’un(e) expert(e). Au moins deux voix, et quelques bribes d’entretiens avec de concurrents verbalement peu originaux mais parfois pleins de vitalité, comme Ammann et son exhubérance, offrent le mérite de la variété lorsque le direct traîne en longueur.

Mais diable à qui s’adressent les commentateurs ? Probablement, peut-être même inconsciemment à un téléspectateur passionné par la spécialité qu’il commente, sachant tout ou presque sur l’enjeu d’une compétition. Comme si le téléspectateur passait son temps à suivre de bout en bout toute les épreuves pendant toute la durée de JO, d’hiver, d’été, etc

Pendant longtemps, j’ai été fasciné par les marmites qui glissent avec une incroyable précision sur la glace, amusé par l’énergie des balayeurs réagissant à des cris venus parfois d’on ne sait où. Il était dès lors évident que ce balayage avait une raison d’être. J’ai enfin entendu une explication sur la température de la glace qui ainsi change permettant à la marmite de se frayer un chemin autre que la pure ligne droite. Et dans un quotidien, je viens de lire que les porteur(euse)s de balais avaient une chaussure glissante et une autre qui empêche de déraper. Intéressantes ces informations trop rares pour les novices que nous sommes, parfois nombreux devant un petit écran olympique !

Mardi 23 février 2010 - 14h37 - fyly

Belles audiences pour les JO

Vendredi 19 février 2010

Fiers, à juste titre: mais serions–nous seuls au monde? Fière aussi, la TSR annonce de très belles audiences depuis le début de ces JO d’hiver. Elles concernent surtout les compétitions où la joie nationale risque de pouvoir s’exprimer.

Dans les meilleures audiences de l’année se trouve la finale du championnat du monde de football des moins de 17 ans, ces «jeunets» devenus vedettes à l’aune des grands qui s’en iront en Afrique du Sud. Ces «jeunets» signent de jolis contrats, car l’important n’est plus seulement de participer. Dans chaque pays, on aime voir gagner un des siens. Et qu’importe si les segundos sont majoritaires!

Un peuple inquiet a-t-il besoin d’être rassuré par des exploits sportifs, comme si tout un chacun y était pour quelque chose? Peut-être! Mais un mouvement de gloire par procuration peut servir à camoufler des situations dont il n’y a pas forcément lieu d’être fier. Il y a cette longue histoire avec la Lybie. L’absence d’un réalisateur lors de la présentation de son film dans un festival est parfois due à son emprisonnement dans son pays au régime autoritaire pour des raisons politiques. «The Ghoswriter» aura été présenté à Berlin sans son réalisateur, Roman Polanski, gardé à l’œil dans son chalet de Gstaad pour d’autres raisons. La Suisse se trouve ainsi en fort mauvaise compagnie!

Le sujet annoncé par le titre ne concerne-t-il pas les JO? Nous sommes en plein dedans: la Suisse aime être fière. Les occasions manquent, mais pas dans les sports. Alors, merci Federer, merci Cuche, merci Lambiel en tous temps, merci Defago, merci Ammann, merci Cologna, merci Nobs de nous permettre d’être fiers par procuration. Et le point glané par l’équipe de hockey contre le Canada est plus précieux que le demi-point qui manque à Lambiel !

Ces exploits, mais pas eux seulement, sont donc énumérés dans ce «Journal au jour le jour des JO d’hiver» et seront complétés ces prochains jours. Chaque sport finit par offrir une sorte de divertissement de qualité, comme le millième épisode d’un feuilleton, la huitante-septième présence des «coups de cœur d’Alain Morisod», la défense des animaux par Brigitte Bardot et Lolita Morena. A chacun sa préférence pour son divertissement léger, même nocturne. A titre personnel, je confie actuellement cette mission aux JO.