Scènes de crime en Suisse

Vendredi 5 février 2010

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Christophe Hondelatte (Photo France 2)

Supposons qu’il soit possible de pitonner à toute heure et que l’intérêt porte sur le divertissement à base d’enquête policière ou de fonctionnement de la justice. Il y a de fortes chances que l’on tombe sur un film, un téléfilm, une enquête, une série où policiers, témoins, enquêteurs, avocats, victimes d’une part, meurtres, violences, coups de feu, poursuites d’autre part, sont largement présents

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Meurtres entre néo-nazis (15 janvier 2010)
et Carnage au parlement de Zoug  (22 janvier 2010) -  (Photos TSR)

Suivre un «conducteur»

Il est possible actuellement de se poser quelques questions à propos d’une mini-série de sept numéros proposée par la TSR quelques vendredis encore (jusqu’au 26 février) juste après 20h00, «Scènes de crime en Suisse» et profiter de l’occasion pour mentionner l’existence de «Faites entrer l’accusé» présenté par Christophe Hondelatte depuis longtemps sur France 2. Dans les deux cas, chaque numéro semble suivre les directives d’un «conducteur» général. La notion de série supplante un peu partout la présentation d’un numéro unique en vue d’une espérée fidélisation. Audimate quand tu les tiens…

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Le tueur au marteau ( 30 janvier 2010)  - (Photo TSR)

Le «comment» mieux abordé que le «pourquoi»

Reprendre sous forme documentaire une affaire qui a fait souvent grand bruit dans l’opinion publique n’offre pas mille possibilités dans ses structures. Il faut évoquer les faits avec d’anciens documents audiovisuels, interroger des témoins proches ou non de la ou des victimes en faisant appel à leurs souvenirs ou à leur point de vue au présent, revenir avec ou sans eux sur les lieux où se sont déroulés les événements. Généralement, le besoin se fait sentir d’un «guide» pour assurer l’unité du document, par les mots. Il trouve sa réponse dans un commentaire qui peut devenir envahissant ou impose la présence d’un présentateur qui dialogue avec les différents interlocuteurs. On ne prête guère attention à celui qui signe la réalisation. La notion d’auteur qui vaut toujours en cinéma ne se transpose pas facilement sur le petit écran. On attribue souvent une émission à celui qui la présente. En général, le «comment» est mieux abordé que le «pourquoi» d’une action violente.

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Le révolutionnaire des grisons (5 février) - (Photo TSR)

«Faites entrer l’accusé» profite d’un temps d’antenne qui dépasse l’heure et dispose certainement de bons moyens financiers qui permettent de longues enquêtes. Large usage est fait des reprises d’une série qui existe de longue date. Hondelatte assume plutôt bien sa présence à l’antenne.

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La vengeance du fils adoptif  (12 février) - (Photo TSR)

Bonne adaptation française

Réduites à trente minutes et à sept sujets, «Scènes de crime en Suisse» est nettement plus modeste, un brin minimaliste, même si notre pays n’est pas en reste d’affaires graves et sordides. On doit se féliciter que la diversité entre les entreprises de Zürich et de Genève autorise parfois une vraie convergence vers un «produit» commun qui ne reste pas séparé par la Sarine. Produite en Suisse alémanique, la mini-série est pour une fois visible en Suisse romande, avec une plutôt bonne adaptation en français.

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Meurtre d’un enseignant de St-Gall (19 février)
et L’ange de la mort en suisse centrale (26 février) - (Photos TSR)

Le sondeur fessé!

Vendredi 29 janvier 2010

Stupeur assez largement partagée dans l’après-midi du 29 novembre dernier: 57% de ceux qui ont voté disent oui à l’initiative contre les minarets. Leur comportement rappelle l’esprit des «Neinsagers» même en disant «Oui». Une bonne dizaine de jours auparavant, un sondage scientifique de l’Institut GFS dirigé par Claude Longchamp prévoyait un oui à seulement 47 pourcent. Ecart 10%. C’est rare et c’était beaucoup!

Pas de sondage en mars 2010

Pas le temps d’attendre d’en savoir davantage: la TSR dès le premier décembre tourne autour du vote à «infrarouge». Diverses hypothèses sont alors lancées, par exemple revoter, ce qui indigne le démocrate pur sucre qu’est l’abonné à l’émission, Oskar Freysinger. Silence radio ou presque sur l’écart entre le sondage et le résultat. Il faut attendre plus d’un mois avant que les responsables de l’information de la SSR et ses unités d’entreprises trouvent le pelé, le galeux d’où vient tout le mal, l’institut de sondage GFS au bénéfice d’un contrat de longue durée. Punissons le «coupable», disent-ils en chœur: on ne communiquera plus les résultats de son prochain sondage lors de l’étape suivante sur le deuxième pilier, début mars 2010!

Pas de mention à la marge d’erreur

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Le futur patron de l’information de la RTS, Jean-Jacques Roth, bientôt ancien rédacteur en chef du “Temps”

 Le père fouettard donne rarement deux informations importantes liées à tout sondage: la marge d’erreur et les dates des appels téléphoniques. La TSR et d’autres se font une joie d’annoncer qu’un parti politique est en baisse quand après avoir donné un 17,4 pourcent d’intention de votes pour de lointaines élections il ne s’en trouve plus, six moins plus tard, que 17,3. Personne parmi les responsables de l’information pour mettre en garde: l’écart ne signifie rien, puisqu’il entre clairement dans la marge calculée d’erreur.

Pas d’explication sur le dix pourcent de différence entre sondage et vote

Ce n’est pas la première fois qu’un vote par OUI ou NON peut prendre différentes significations, même contradictoires. Une récente analyse après vote affirme que l’électorat ne s’est pas prononcé sur les minarets mais s’est sur autre chose. Ce travail repose sur un nouveau sondage de l’Institut GFS, celui-là même qui vient de recevoir la fessée pour l’erreur de 10% en novembre.

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 Patrick Nussbaum, adjoint du  futur patron de l’info à la RTS, reste en charge de l’information à la RSR.

Différences de comportement lors du vote de novembre 2009 

Le vote serait devenu une mise en garde contre un islam envahissant. Un peu court, peut-être, mais intéressant: les partis de gauche disaient non et le non de leurs adhérents a suivi, la droite UDC disait oui et le oui à suivi. Le centre Radical/Libéral et le PDC recommandaient un non que leur électorat a transformé en oui. Des comportements différents existent aussi entre romands et alémaniques, entre villes et campagnes. Un Evêque a dit sa surprise que le non recommandé par la hiérarchie suisse de l’Eglise catholique soit devenu un oui des fidèles.

Ceci n’explique pas complètement l’écart de dix pourcent Les instituts de sondage procèdent à des adaptations de résultats en tenant compte parfois des imprécisions et autres cachotteries de ceux qu’ils interpellent. En France par exemple, certains masquaient leur appartenance ou leur accord avec l’attitude du FN et les soudages se retrouvaient inférieurs à la réalité. Alors, on fit des corrections de résultats avec discrétion sans en parler trop. On ne sait pas non plus, comme l’a fait remarquer Moritz Leuenberger, si l’échantillon de ceux qui sont accessibles par poste de téléphone fixe, souvent encore utilisé, est le même que celui des propriétaires de portables.

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Bernard Rappaz, adjoint du futur patron de l’info à la RTS,  reste en charge de l’information à la TSR.

Drôles de démarches après un vote inattendu

Voici une petite histoire livrée à la sagacité du lecteur. Cela se passe dans le législatif d’une localité de quelques milliers d’habitants, composé de quarante et un membres qui votent au bulletin secret. Pour deux sièges dans un groupe de travail, il y a trois candidats, A, B et C. Il semble que C soit le mieux préparé pour occuper l’un des deux sièges. Résultat du vote: A obtient 16, B 14 et C 10. Il y a une abstention. C se retire. A et B son élus tacitement.

Après le vote, souvent de manière très discrète, C est abordé par douze personnes qui toutes lui disent combien il est regrettable qu’il ne soit pas élu. Cela fait au moins deux hypocrites qui n’ont pas voté pour lui mais se disent attristés par sa défaite. Et si une partie du peuple suisse s’était comportée comme deux au moins des membres de ce conseil d’une autorité politique publique?

«Dans mon cinéma» et «Cinémas»: mentions «bien»!

Vendredi 22 janvier 2010

Aussitôt vus, certains films sont oubliés. D’autres s’imposent dès la première vision: ils ne bougeront pas. Les plus excitants sont ceux qui vont, dans bien des mémoires, subir des changements, monter en puissance.

Cinémas de Serge Moati

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Brigitte Bardot et Serge Gainsbourg - les personnages du passé
des années soixante/septante

Ainsi en va-t-il de ce «Gainsbourg (vie héroïque)» de Joann Sfar avec cette volonté non pas d’imiter ni de caricaturer les vrais personnages, mais bien de les incarner. Succès mérité, largement, pour le presque inconnu Eric Elmosnino en Gainsbourg «tête de chou» accompagné de «La gueule» au long nez et aux oreilles décollées. Peine à croire, d’abord, qu’il soit possible d’incarner Brigitte Bardot. Tombé, samedi dernier ( 17 janvier) dans le «Cinémas» de Serge Moati (France 5) qui, après un vibrant hommage rendu à Eric Rohmer, reçoit Laetitia Casta. L’invitée explique son travail de conquête du personnage, du reste encouragée à le faire par BB elle-même. Avec ce qu’elle dit et des extraits à l’appui, la réserve s’efface. Leatitia/Bardot, cela se tient sensuellement très bien.

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Laeticia Casta et Eric Elmosnino, les acteurs
dans “Gainsbourg (vie héroïque)”

En apprendre plus sur la démarche créatrice d’un film est chose précieuse, à laquelle une émission comme «Cinémas» contribue largement par sa structure même. Une information permet de prendre acte de l’imagination du réalisateur et de la dignité de sa démarche. Dans un premier temps, Charlotte Gainsbourg a été sollicitée pour interpréter le rôle de son propre père. L’idée était belle, mais l’actrice s’est sentie finalement mal à l’aise. La solution Elmosnino fut alors découverte. «Gainsbourg ( vie héroïque)» est aussi séduisant par ce qu’il est que par ce qu’il aurait pu être: un grand film que France 5 a su mettre en évidence.

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Il serait intéressant de revoir des images de “Et dieu créa la femme”.
Une telle image aurait très pu être tirée du film de Roger Vadim

Voici ainsi trois preuves par l’image qu’il s’agit ni d’une imitation,
ni d’une caricature, mais de réincarnations sans mystique réussies

Un trio pour «Dans mon cinéma»

L’émission de Moati, «Cinémas», s’affirme comme une des meilleures en francophonie depuis longtemps. Il y avait en Suisse romande, un «Spécial-Cinéma» tenu par Defaye, inégal, parfois exaspérant, mais resté sans véritable successeur depuis plus de quinze ans. Une récente exception prometteuse est enfin apparue: la mini-série «Dans mon cinéma» présentée par l’avocat genevois, Dominique Warluzel, produite par B.B (Béatrice Barton) et réalisée par Raymond Vouillamoz, de retour à la réalisation.

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Photo de famille de la dernière de “Spécial-Cinéma” (1993)

Un dispositif simple

La simplicité du dispositif a été mise ainsi au service du dialogue et a donné du poids aux extraits, les raisons des choix fort bien expliquées. Une salle avec des sièges rouges, le présentateur sur un siège, face à l’invité(e) avec d’efficaces champs et contre-champs. L’amorce du passage d’un extrait sur l’écran, le film qui défile, rarement un plan de coupe de celle ou celui qui se regarde, parfois ému, puis le retour à l’entretien sur les visages, avec la force rare qui consiste à laisser glisser des silences. Alain Delon, Claudia Cardinale, Christophe Lambert, Mireille Darc, Nathalie Baye auront ainsi été montrés sous un angle bien différent de l’approche «people» traditionnelle. Du très beau travail, un bel hommage rendu à quelques grands acteurs français qui connaissent bien le cinéma de la deuxième moitié du 20ème. La TSR vient de se faire brillante, pour hélas une mini-série seulement. La récidive serait la bienvenue, pourquoi pas avec des réalisateurs comme Chabrol, Resnais, Rivette et quelques autres. Avec Rohmer et bien sûr Truffaut, c’est trop tard!

Trop tard aussi pour la programmation.

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Dominique Warluzel et Robert Hossein feront, “Dans mon cinéma”,
“leur” cinéma, le mercredi 22 février 2010 à 22:55 ( 6ème et dernier épisode de la remarquable mini-série Warluzel-Barton-Vouillamoz
pour la TSR)

Une surprise tout de même: pourquoi une si tardive programmation, aux environs de 23h00, en fermeture de premier rideau ou en ouverture de second, là où l’on y trouve des émissions «pointues» plutôt réservée à un public minoritaire? Incompréhensible! Et pourquoi pas une reprise à une meilleure heure ou un renvoi sur internet. Mais alors se pose un autre problème: celui d’une meilleure information sur les visions personnelles que l’on peut faire. Pas toujours facile de trouver la bonne niche.

Et bien, nous en resterons maintenant sur le petit écran romand au promotionnel «Cinhebdo» des lundis soirs avec les bandes de lancement aimablement fournies par les distributeurs et de bien courtes phrases en langue souvent de bois. Les BdL sont aussi présentes dans «Cinémas», en une brève rubrique! La réponse à un vœu du «Conseil du public» de la RTSR se fera encore attendre longtemps; probablement!

Deux débats, une colère et deux «docs»

Vendredi 15 janvier 2010
«Tard pour bar» fournit plus souvent l’occasion de s’énerver qu’ «Infrarouge». Mais les débats de ces deux incontournables sont parfois réussis. Même si le premier provoque une nouvelle colère! Deux documents informatifs intéressants font place à la satisfaction en fin de rubrique.

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Florilège d’images presque exclusivement autour d’ «Infrarouge»
du mardi 12 janvier 2009: pour une fois, le service de presse offre un choix suffisant pour illustrer un texte. Alors, allons joyeusement à la pêche. Commençons par remarquer une certaine similitude entre les sourires de la Présidente et de la présentatrice et même un peu plus…

Deux débats qui vite passèrent

«Infrarouge» reçoit (TSR 1 – mardi 12.01.2010) la nouvelle présidente de la Confédération, Mme Doris Leuthard, souriante, maîtrisant assez bien le français, répondant avec précision aux questions, prudente en parlant de nouvelles modalités de fonctionnement du Conseil fédéral. Les dessins de Mix & Remix jouent le rôle de fou du roi. «Tard pour bar» (jeudi 14) s’interroge sur le livre électronique, sans que tout le monde parle en même temps. La qualité de l’échange, le débat contradictoire parfois vif entrent pour beaucoup dans la formation du coefficient de satisfaction. Deux fois la même semaine se dégage un sentiment plutôt rare: «Tiens, c’est déjà fin terminé; dommage»!

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Chacun établira la bijection entre l’ensemble des visages et celui
des noms et titres. Les invités ne sont pour une fois pas oubliés.
Bertrand Piccard, aventurier et président de Solar Impulse.
Patrick Odier, président de l’Association suisse des banquiers
et vice-président d’economiesuisse. Jean Christophe Schwaab, député socialiste vaudois et secrétaire syndical USS. Nicola Thibaudeau, directrice générale de MPS Micro Precision Systems. Jean-Marc Richard, animateur radio et télévision.

Un micro qui fait le trottoir porno-scatologique

Pour introduire le débat sur le livre, caméra et micro de Dujany vont dans la rue faire le trottoir. Il ne rate pas l’occasion de signaler l’éventuelle disparition du livre qui permettait de se «torcher le cul». Et puis, ajoute-t-on: se branler sur un livre électronique, cela évitera que les pages se collent. Mais oui!. Halte à cette rubrique porno-scatologique qui devrait subir le sort des SMS d’«Infrarouge»!

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Un dangereux communiste à «Temps présent»

Qui est donc ce dangereux délinquant et menteur, «Wanted» selon les désirs de républicains américains, de descendants racistes du Ku-Kluk-Klan, de milieux traditionnels religieux, un socialo-communiste à la tête des USA, meilleur pays où monde où la liberté de gagner beaucoup d’argent existe encore? Un certain Barak Obama dont le dernier crime est d’avoir fait un pas vers la couverture santé généralisée, mais pas encore universelle. C’est parfois tellement gros que l’éclairage d’un spécialiste des droites extrêmes américaines s’avère indispensable et assurément utile (Temps présent – 14.01). Mais s’agit-il vraiment d’une nouvelle attitude qui aurait été occultée durant la campagne précédent l’élection proposant des enjeux plus intéressants? A coup sûr, la droite extrême tente de faire peur à la droite modérée. Et aborder aujourd’hui les USA sous cet angle pourrait bien provoquer quelque inquiétude alors que l’on fait un peu partout un bilan qui n’est pas si négatif que cela du progmatisme prudent d’Obama qui a tout de même fait de belles avancées vers une société plus généreuse pour les plus démunis tout en soutenant l’économie et en sauvant des banques dont les dirigeants sont plus attachés aux bonus qu’aux effets de la crise.

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Du sourire éclatant au sérieux… La présidente vient-elle de découvrir des dessins de Mix & Remix? Impossible de savoir laquelle des deux!

La traque d’un violeur en série par une victime

Mais le moment le plus fort de la semaine aura été découvert sur Fr3 le 11 janvier, lors d’une émission intitulée «Victime d’un pédophile: le combat d’une vie» De 8 à 15 ans, Jerôme Nozet aura été violé par Michel Garnier, un maquignon très proche de sa famille, dans une petite bourgade rurale de l’Yonne. Dans la France rurale, difficile de mettre en cause un notable, même un violeur en série qui applique le comportement du coucou en s’installant dans le nid familial. A 31 ans, lors de la mort de sa mère, vingt-deux ans après son premier viol, Jérôme.Nozet décide de rompre le silence et d’attaquer frontalement son ancien bourreau, déclarant clairement qu’il ne veut pas d’argent, seulement que soit reconnue une preuve de la culpabilité de Garnier. Il se heurte à la prescription, 10 ans à partir de la majorité de la victime. Alors il poursuit son combat en cherchant d’autres victimes, qui accepteraient de parler avant que ne tombe le couperet de cette prescription, qui a tout de même passé à vingt ans depuis peu. Il finit par trouver quelqu’un aussi traumatisé que lui qui accepte de parler.

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Jérôme Nozet, victime d’un violeur en série, au travail pour se reconquérir et aider d’autres victimes à sortir de leur silence.

L’ancien gendarme du village désormais à la retraite, avait demandé d’être déchargé d’une enquête de proximité délicate. Il avait essuyé un refus. Son successeur a tout de même entendu une autre victime qui ne subissait pas le couperet de la prescription. Mais une plainte a été égarée au parquet d’Auxerre.

Nozet n’a pas renoncé, à son combat, surtout depuis la fondation d’une association en faveur des victimes de pédophile en série ou récidiviste. Il acquit la certitude qu’un corps d’un noyé retrouvé dans une rivière était celui de Michel Garnier. Il dut insister pour que la preuve par ADN soit faite que c’était bien celui de son bourreau. La police et la justice de cette province française n’ont pas fait preuve d’une bien grande diligence. Plus ou moins au vu et su d’une communauté rurale qui se taisait, Michel Garnier a «assouvi ses pulsions pendant quarante ans sans être inquiété». Non-lieu juridique il y eut après le très probable suicide de Garnier!

Un violeur applique souvent la technique du coucou: il s’installe dans le foyer de ses victimes pour mieux imposer le silence. Garnier avait fini par faire croire à Jerôme qu’il était l’amant de sa mère. Il n’est pas le seul à avoir adopté cette présence proche de sa cible: d’autres anciennes victimes en témoignèrent à la suite du document d’une centaine de minutes. Le pire ennemi d’une victime, c’est le silence qu’il s’impose le conduisant souvent à un inévitable sentiment de culpabilité. La «leçon» d’une telle situation au fort potentiel d’émotion sans démagogie peut-être avec un risque de voyeurisme (écouter parler Garnier de son comportement en caméra et micro cachés, encore que le fait soit reconnu) reste importante: créer autour d’un jeune en désarroi dont on ne sait du reste pas forcément qu’il est victime d’un pédophile un climat qui permettrait de parler, soit dans le cadre familial, soit dans d’autres cadres d’accueil, scolaire ou social par exemple.