Le bricolage hâtif n’avait aucune chance

Edito publié dans l’édition du 8 mars de L’Express et de L’Impartial

On s’attendait certes à un refus populaire de la baisse du taux de conversion LPP. Mais c’est son ampleur qui a surpris. Visiblement, les Suisses ont eu peur pour leur caisse de retraite. Et l’implication massive des milieux économiques en faveur du oui n’a servi à rien. C’est rassurant: l’argent déversé à flot ne suffit pas forcément pour gagner une votation! De l’autre côté, la campagne agressive sur le «vol des rentes» des syndicats et des partis de gauche n’a fait qu’amplifier un résultat connu d’avance.

Sous la pression des assureurs, le Conseil fédéral et le Parlement ont voulu prendre une décision bâclée, voire même précipitée. La pilule était trop grosse à avaler pour le souverain. Elle a donc été balayée. Didier Burkhalter, obligé de défendre un projet qu’il savait condamné, devra donc remettre l’ouvrage sur le métier. Une réforme du deuxième pilier est certes indispensable, mais pour qu’elle aboutisse sur une solution pérenne, il faudra mieux qu’un bricolage hâtif comme celui qui était proposé.

C’est une réflexion globale sur la gestion de la vie professionnelle qui doit être menée. On ne peut ainsi augmenter simplement l’âge de la retraite alors que les employeurs, qu’ils soient publics ou privés, souhaitent souvent se séparer de leurs collaborateurs de plus de soixante ans. L’avenir de la prévoyance professionnelle passera par une nécessaire concertation des partenaires sociaux. Les tentatives de passage en force sont condamnés à échouer.

Un commentaire sur “Le bricolage hâtif n’avait aucune chance”

  1. Pierre Tissot dit :

    \"Sous la pression des assureurs, le Conseil fédéral et le Parlement ont voulu prendre une décision bâclée, voire même précipitée. La pilule était trop grosse à avaler pour le souverain.\"

    Ces quelques mots démontrent bien qui dirige le pays et l\’extrême faiblesse de nos politiciens !

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