Le Conseil d'Etat doit réfléchir avant d'agir

Nelly Wenger, 1er Août, CPLN, Hôpital neuchâtelois. De toutes ces affaires, révélées dans nos colonnes, ressort le sentiment que les conseillers d’Etat agissent trop souvent dans la précipitation.
On a beaucoup évoqué ces dernières semaines les bisbilles internes qui agitent le gouvernement et l’ambiance de jardin d’enfants qui y règne. Certes. Mais au-delà de ces questions d’ego apparaît surtout le manque cruel de sens politique de nos cinq «sages». Ceux-ci prennent des décisions sans «bétonner» leurs dossiers
Il était évident que la solution Nelly Wenger pour piloter le redressement des finances cantonales n’était pas raisonnable. Tout comme une luxueuse opération berlinoise le 1er Août allait apparaître indécente.
Concernant le CPLN, on peut discuter de l’opportunité d’un tel déplacement. Mais il est sûr que Philippe Gnaegi aurait dû mieux préparer son coup, en particulier avec les principaux intéressés, avant que toute la République ne bruisse de rumeurs sur cette opération. Quant à la nomination du conseil d’administration de l’Hôpital neuchâtelois, le cafouillage gouvernemental dure depuis bien trop longtemps.
Outre l’absence d’expérience politique de la majorité de ses membres, on doit constater que ce gouvernement décide trop souvent avec une vision à courte vue, sans cohérence et, paradoxalement, en pensant constamment à des élections cantonales qui n’auront lieu, rappelons-le, que dans trois ans et demi.
L’image qui en résulte dans l’opinion publique est désastreuse. Une majorité des citoyens de ce canton peuvent aujourd’hui raisonnablement penser qu’ils agiraient mieux au gouvernement que ceux qui y siègent actuellement! Or la démocratie n’a rien à gagner à ce genre de raisonnement.
Bien sûr, il est toujours facile d’avoir la posture de l’observateur extérieur donneur de leçons. Mais l’incapacité de l’actuel Conseil d’Etat à décider sereinement est telle qu’il est difficile de faire autrement. Les cinq ministres neuchâtelois ont donc tout intérêt, pour eux-mêmes mais surtout pour le bien du canton, à réfléchir avant d’agir.

6 commentaires sur “Le Conseil d'Etat doit réfléchir avant d'agir”

  1. Jaccard Florian dit :

    En somme, selon vous, lorsque le conseil d’état prend une décision visant à centraliser dans le bas, il s’agit d’une décision responsable et prouvant une belle vision politique, mais lorsqu’il s’agit d’imaginer une centralisation de certaines activités dans le haut (afin d’économiser plusieurs millions par année), c’est le fait d’amateurs dénués de tout sens politique?
    Je vois les choses autrement : le transfert de certaines formations du CPLN au Locle est une évidence à la fois politique et économique, et le fait d’aller jusqu’au bout malgré les réactions un peu stupides des gens du bas est une belle preuve de courage politique! S’il y a eu un couac au niveau de l’information, c’est aussi parce que votre journal a publié un article y relatif alors que les travaux étaient encore secrets!

  2. Nicolas dit :

    Nous n’avons jamais jugé de la pertinence du choix du Conseil d’Etat dans le dossier CPLN et je trouve personnellement qu’il s’agit d’une décision qui me semble logique. Ce que je trouve par contre par contre plus problématique, ce sont les condition dans lesquelles cette décision a été prise. Il n’y a eu aucune concertation, en particulier avec les principaux intéressés, et si l’on voulait que cette affaire dégénère, on n’aura pas fait autrement. Quant au fait de publier cette information dans nos colonnes, nous l’avons fait car nous avions reçu plusieurs informations qui parlait de cela. Si les discussions avaient vraiment été disons plutôt discrètes, comme cela aurait dû se passer, nous n’en aurions rien su! Enfin, je ne suis pas sûr du tout que le fait de sortir cette information dans nos colonnes ait engendré une réaction plus forte que celle qui aurait de toute façon eu lieu une fois que le Conseil d’Etat eut fait état de sa décision!

  3. RRossi dit :

    Mme NW a, pour mémoire, réussi à couler à elle toute seule un chocolat qui n\’avait jusqu\’à son arrivée, même pas besoin de pub pour se vendre..
    Et notre CE fait appel à elle… Qui a eu cette idée? Hein?

  4. Pierre Tissot dit :

    … »Le Conseil d’Etat doit réfléchir avant d’agir »… Comment gagner des millions ?

    Avez-vous été consultés pour le TransRuine, l’Etat prévoit des dépenses astronomiques sans réfléchir à une solution plus simple, plus efficace ici:

    http://www.flickr.com/photos/40358102@N05/4098455276/

  5. MICHEL RITZI dit :

    Moi qui suis généralement la « grande gueule de service », pour une fois je vais prendre partiellement la défense du Conseil d’Etat.

    Il est évident qu’il est toujours facile de critiquer tous les projets. Il y a généralement autant de solutions possibles à ces projets qu’il y a de citoyens. Un des problèmes majeurs à mon avis est aussi lié au fait que lorsqu’un Conseil d’Etat d’une tendance politique donnée, fait passer au grand Conseil un projet et que ce dernier l’ accepte, avec tout ce que cela implique au niveau du budget et de la réalisation conrête sur le terrain, il arrive un moment où les travaux sont tellement avancés, qu’on ne peut plus reculer.

    Or beaucoup de ces projets ont souvent un temps de réalisation supérieure à 4 ans, c’est à dire le temps d’une législature. Que se passe-t-il, si au moment des élections, le nouveau Conseil d’Etat, voire le Grand Conseil, les nouveaux élus sont d’une autre tendance politique que la précédente. Le projet en cours tant contesté par les élu(e)s nouvellement arrivé(e)s au pouvoir lorsqu’ils étaient minoritaires, doit quand même être terminé parce qu’il a été voté et inscrit dans la loi. Point barre! C’est aussi cela, la démocratie directe.

    Alors il est évident que si Monsieur Dupont fraîchement élu, reprend un dossier avec un chantier déjà commencé, il n’a d’autre choix que de le finir, quitte au besoin, à s’attirer les foudres de ceux qui l’on élu pour son opposition au chantier en question. C’est tout le paradoxe!…

    Le remède « Y’a qu’à », tant prôné par ceux qui ne tiennent pas la barre du bateau existe-t-il? Oui et non!… Pour cela il faudrait d’une part modifier notre constitution cantonale et donner des pouvoirs spéciaux au Conseil d’Etat, et en particuliers au ministre en charge des cordons de la bourse, et d’autre part obliger les entreprises qui acceptent un mandat à ne pas dépasser leur devis, sauf en cas d’imprévu exceptionnel, mais quand je dis exceptionnel, c’est vraiment exceptionnel.

    Si cela avait existé au niveau fédéral, Monsieur Leuenberg ne se serait pas retrouvé avec une facture sur les bras, trois fois plus élevée que les devis initiaux pour le percement du tunnel du Lötschberg.

    Mais revenons à notre canton et aux pouvoirs spéciaux qu’on pourrait accorder à notre Conseil D’Etat. Je veux parler simple d’un droit de veto. Si un projet trop onéreux est proposé à nos autorités, le ministre chargé des finances devrait avoir le droit de s’y opposer en disant stop! Nous n’en n’avons pas les moyens financiers!

    Bien sûr, il devrait formuler et prouver son argumentation. Mais cela éviterait au moins de voir arriver des projets du style Transrun arriver sur le tapis, alors que nous n’avons pas le premier sou de notre part cantonale à payer, pas plus que nous n’avons les moyens d’assurer son entretien. Qu’on ne s’y trompe pas. Tout n’est pas à la charge des CFF et de la Confédération. Le Canton, donc chaque contribuable, devra aussi mettre la main à poche.

    Le transrun, tel qu’il est prévu du premier coup de pioche, jusqu’au premier train inaugural, c’est au minimum 8 ans de travaux, et au bas mot 700 millions, dont nous n’avons pas le premier sou! … Et à condition que ceux qui le perceront ne se trouvent pas tout d’un coup face à une poche d’eau gigantesque sous la vue des Alpes. Plus d’une fois les perceurs de tunnels ont rencontré ce genre de suprise…. D’où retard des travaux et augmentation de la facture!…

    Et huit années de travaux, c’est aussi 2 législatures. Cela signifie aussi que ceux qui votent ce projet aujourd’hui au Grand’Conseil, risquent de ne pas être ceux qui devront en assumer la construction et la responsabilité financière et que ces derniers risquent de ne même pas avoir l’honneur de l’inaugurer!…

    EST-CE NORMAL? Logiquement non! En tout cas je n’aimerais pas être dans la peau des futurs Conseillers d’Etat qui devront en assumer le suivi et la responsabilité devant les citoyens et je leur dis simplement Bonne chance Messieurs et/ou Mesdames les Kamikaze de nos finances cantonales!…

  6. Pierre Tissot dit :

    A ne rien dire et laisser faire, nous arrivons à des situations incohérentes comme la construction d’un Hôpital cantonal à côté d’un stade de football, un Conservatoire de musique le long d’une ligne de chemin de fer ou une Ecole d’ingénieurs parasitée par le passage de 200 trains (vibrations, décharges électriques, champs magnétiques, etc).
    Faire passer le Transrun à Cernier, alors qu’il n’y a même pas la proximité de l’autoroute pour y faire un parking de délestage, c’est un concept que l’on doit rejeter immédiatement sous peine de gaspillage, c’est évident !
    Autre sorte de gaspillage, le projet de contournement du Locle, gadget où l’on peut aussi gagner des millions :

    http://www.flickr.com/photos/40358102@N05/4284601826/

Laisser une réponse

Security Code: