Il n’a pas abattu tous ses atouts

Edito publié dans L’Express et L’Impartial du 3 février

Au lendemain de son élection au Conseil fédéral le 16 septembre dernier, nous relevions dans ces colonnes que Didier Burkhalter risquait «bien d’en surprendre plus d’un». A l’heure de tirer un premier bilan de l’action du nouveau conseiller fédéral, les commentateurs politiques ne manquent pas de lui tresser des louanges, évoquant son sens du dialogue, de l’écoute, du compromis…

Evidemment! Le Neuchâtelois applique à la tête du Département fédéral de l’intérieur les recettes qui ont fait son succès tant à l’exécutif communal de Neuchâtel qu’au Conseil des Etats. Ce n’est donc pas une surprise. Ce qui est par contre plus étonnant c’est qu’on met aujourd’hui à son crédit ce qu’on lui reprochait presque lors de sa candidature: le refus de la polémique, la recherche des solutions consensuelles.

Dans le domaine des assurances sociales, une telle attitude, aux antipodes de celle de son prédécesseur, est pourtant la plus sensée et la plus efficace. Les rodomontades de Pascal Couchepin n’ont pas vraiment fait avancer les choses. Didier Burkhalter en a pris le contrepied.

Jusqu’à présent, il remplit sa mission. Et on ne doute pas que le jour où il faudra trancher, le Neuchâtelois saura le faire. Car, sur le plan plus politique, Didier Burkhalter a aussi montré le 15 janvier à l’Albisguetli qu’il n’avait pas peur d’aller dans la fosse aux lions. Le conseiller fédéral n’est de loin pas un novice en politique et il n’a pas encore abattu tous ses atouts.

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