Edito publié le 24 août dans L’Express et L’Impartial
La page Frédéric Hainard étant presque complètement tournée, pensons d’ores et déjà à son remplacement. Ce départ, tout le monde s’accorde aujourd’hui à le reconnaître, doit permettre d’amener au Conseil d’Etat un homme ou une femme d’envergure. Et pas seulement pour apporter du sang neuf dans un gouvernement qui, quinze mois après son installation, en a déjà bien besoin! Il faut surtout une personnalité qui ait à la fois une expérience incontestée dans la conduite opérationnelle, une capacité de synthèse et de définition des priorités ainsi qu’une vision stratégique. Des qualités indispensables pour participer à la relance des grands projets que le canton attend avec impatience: modernisation de la structure hospitalière, mise en place d’un réseau de transports publics digne du 21e siècle autour du Transrun et réforme de la fiscalité.
Sans oublier bien sûr, puisqu’on est dans une élection populaire, la nécessité d’avoir un certain charisme et des réseaux de connaissances dans les différentes régions du canton Enfin, un ancrage plus ou moins fort dans le Haut du canton serait un atout non négligeable.
Bien sûr, un tel candidat – ou une telle candidate – ne court pas les rues. Alors qu’on parle déjà d’une gauche désireuse de reconquérir sa majorité au Conseil d’Etat et d’une droite qui ne souhaite pas l’abandonner, souhaitons que ces considérations politiciennes ne constituent pas le seul axe de réflexion des partis politiques dans leurs cogitations. A droite comme à gauche, il existe des prétendants proches du profil souhaité.
Nous pensons ainsi, à droite, à des chefs d’entreprise pour qui la notion d’engagement citoyen n’est pas un gros mot: un Raymond Stauffer, par exemple, qui, s’il ne s’est jamais lancé en politique, a réussi à redresser Tornos à Moutier et préside l’Association industrielle et patronale; ou une Manuela Surdez, cheffe d’entreprise et ancienne députée.
A gauche, deux conseillers communaux semblent avoir des qualités pour compléter intelligemment celles du vacillant roi Jean: Jean-Nath Karakash à Val-de-Travers et Laurent Kurth à La Chaux-de-Fonds, des hommes ayant sans aucun doute les compétences requises, même si l’on sait les socialistes peu désireux d’avoir seuls la majorité absolue. Ils n’ont pas tout tort, mais on peine à trouver chez leurs alliés Verts ou POP des politicien(ne)s d’envergure aux qualités incontestées.
Mais surtout, arrêtons de se cantonner à des candidatures par défaut. Ce canton a déjà eu trop de conseillers d’Etat élus faute de mieux. Il a besoin de véritables hommes et femmes d’Etat.
