Disparition des consoles de jeu

Parfois, le monde du journalisme fait froid dans le dos. Il suffit de bien connaître un domaine pour se rendre compte du peu de renseignement et de recule que prennent certains professionnels de l’information avant de balancer une nouvelle. Evidemment, une new qui claque bien vaut mieux qu’une affirmation pondérée et réfléchi. Question d’audience et de temps. Un communiqué bien rédigé fait gagner un temps précieux à un correspondant pressé et peu renseigné sur le sujet qu’il couvre. C’est pratique. Surtout pour le commercial qui a gentiment envoyé ledit communiqué de presse (un problème existant bien au-delà des jeux vidéo).

Une nouvelle intitulée “La disparition des consoles de jeu”, attire plus l’attention que “Le jeu en ligne s’attaque au marché des consoles”. Le principe d’accroche par un titre se base sur les mêmes ficèles (très grossièrement) que la communication par l’image comme l’appliquent certains partis politiques bien connus en Suisse et des journaux de boulevard.

 Pourquoi une telle réaction. Simplement l’intervention d’une correspondante de la radio suisse romande cette semaine depuis la Game Developers Conference 2010 de San Francisco. Son reportage se basait sur la présentation de OnLive, un concept de jeu à travers votre navigateur internet qui fonctionne ensuite par abonnement plus un paiement unique par jeu. Si je comprends aisément le scepticisme des constructeurs de consoles de salon, à l’opposé, l’affirmation de fin de reportage annonçant pratiquement la fin des consoles paraît peu renseignée. D’accord, le but était simplement de boucler le sujet de manière dynamique et piquante, mais la seule chose que retiendra le plus grand nombre des auditeurs sera justement cette information boiteuse.

Je souhaite une longue vie à OnLive et son jeu qui passe par le navigateur internet. Mais personne ne peut dire à ce jour si ce système compatible avec l’iPone s’imposera ou pas dans le monde très compétitif des supports de jeu vidéo. Par exemple, 399.- francs suisses permettent l’acquisition d’une PlayStation 3 afin de jouer en ligne ou pas sans payer d’abonnement ou de supplément. Et pour 299.-, une XBox ou une Wii vous ouvre les bras avec le jeu en ligne toujours gratuit pour la seconde. Sans compter les énormes problèmes techniques qui s’opposent à OnLive. En effet, quand on pense aux soucis de fluidité et de rapidité qui existent encore sur les PC et les consoles alors que le jeu tourne en local, on imagine le gouffre qui se trouve à ce jour entre OnLive et ses clients potentiels. 

Mais l’arrivée prochaine d’un internet à Mega débit remettra sans doute ses certitudes en question d’ici quelque années. Nous n’y sommes pas encore, sauf la radio suisse romande.

Laurent Cretenet

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