Tag de postage ‘Compétition’

The Time that remains (Le Temps qui reste), d’Elia Suleiman

Vendredi, mai 22nd, 2009

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Le résumé : Par un soir de pluie, Elia prend le taxi pour se rendre à Nazareth, sa ville natale. Il se souvient du 16 juillet 1948, quand le maire de la ville a signé la reddition devant l’armée israélienne. Il se souvient de son père, maquisard pourchassé pour confection d’armes clandestines. Il se souvient de la « normalisation » de la vie à Nazareth, des patrouilles, de l’Intifada et des contrôles absurdes. Le film fait la chronique de la vie d’une famille chrétienne palestinienne, profondément attachée à sa terre, dont les membres s’effacent les uns après les autres, au fil du temps.

Notre commentaire : A la fois réalisateur et interprète du film, Elia Suleiman raconte l’histoire de sa famille et rend hommage à ses parents. Il ne prononce pas une seule parole dans le film. Parti pris volontaire, puisque les arabes israéliens n’ont pas voix au chapitre. Comme dans « Chronique d’une disparition » et « Intervention divine », Suleiman pratique un burlesque minimaliste proche de Buster Keaton et Jacques Tati. A situation politique ubuesque, gags sophistiqués : Elia pratique cet humour qui est la politesse du désespoir avec élégance, mais d’une manière un rien mécanique. Les situations en apparence répétitives marquent l’impuissance des individus à modifier un destin qui leur est imposé. Dans une scène magnifique, les enfants de l’école regardent « Spartacus » (l’insurgé ultime) qui clame son envie de « tout savoir » : belle manière de briser l’enfermement. Un plan cruel, déjà vu dans les précédents films de Suleiman, donne à réfléchir : on y voit trois individus désoeuvrés à l’angle d’une rue, devant une boutique de souvenir ringards (évidemment déserte). La boutique s’appelle « The Holy Land » (la Terre sainte).

Le premier plan du film : Un chauffeur de taxi ouvre le coffre d’une voiture, y glisse une valise et referme le coffre.

La réplique : « Je ne sais même pas où je suis » (le chauffeur de taxi)

Carte des sons de Tokyo, d’Isabel Coixet

Vendredi, mai 22nd, 2009

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Le résumé : Un Espagnol exilé à Tokyo (Sergi Lopez) tente de surmonter le deuil de son amie japonaise, qui s’est suicidée. Il entame une liaison charnelle avec une fille étrange, qui pourrait bien avoir été envoyée par le père de la première pour lui régler son compte.

Notre commentaire : Nous attendions avec intérêt la contribution de la troisième femme en concours, l’Espagnole Isabel Coixet. S’il avait été présenté en début de festival, il aurait peut-être rencontré notre indulgence. Mais au terme du marathon cannois, force est de reconnaître un grand accablement face à un film aussi dénué d’enjeu et aussi artificiel. Quelques plans bien sentis ne suffisent pas à chasser la désagréable impression de se trouver devant un artefact calibré pour bobos en mal d’exotisme.

Le premier plan du film : Des hommes d’affaires dégustent des sushis disposés sur le corps nu de jeunes femmes allongées sur les tables d’un restaurant.

La réplique : « Comment faire confiance à un type qui passe  toute sa journée au cinéma ?”

Fish Tank, d’Andrea Arnold

Vendredi, mai 15th, 2009

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Le résumé : Mia n’a pas la vie facile. A 15 ans, elle est en pétard avec à peu près tout le monde. Avec sa mère, à peine moins ado qu’elle. Avec sa petite sœur Tyler. Entre les trois, les appellations tendres fusent : « Pouffe ! », « Sale Pute ! », « Salope ! ». Dans son univers de HLM sans horizon, Mia se ménage quelques échappées : elle répète des chorégraphies seule dans un appartement squatté, manque de voler un cheval à des gitans… L’arrivée du nouvel ami de sa mère, Connor, met Mia dans un trouble nouveau : elle est à la fois furieuse de cette nouvelle intrusion et sensible à cet homme qui lui manifeste de l’intérêt et de la douceur. Cette attirance grandit et semble réciproque…

Commentaire : Déjà récompensée à Cannes pour « Red Road », la Britannique Andrea Arnold livre un film impressionnant de justesse sur l’adolescence, entièrement placé du point de vue de sa jeune héroïne. La réalisatrice réussit dans un même mouvement à marier le meilleur du cinéma de Ken Loach (l’inscription sociale) et le meilleur des frères Dardenne (le sens de l’espace, les courses à perdre haleine, à coller à un personnage). « Fish Tank » fait partie de ces films rares qui déploient une énergie folle à décrire la vie quotidienne des déclassés, de manière aussi incisive qu’empathique. Andrea Arnold présente un univers clos, où le respect de soi-même ne  s’acquiert pas en visionnant des vidéos de  R’n B ou en observant les adultes.

La première image du film : En plongée, la caméra nous fait découvrir Mia, le dos courbé après une répétition en solitaire de sa chorégraphie.

 La réplique : « Tu as l’œil enflé. Ton père a raté ta bouche ? »

Thirst, ceci est mon sang…

Vendredi, mai 15th, 2009

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Le résumé : Un jeune prêtre coréen, apprécié dans l’hôpital où il fonctionne comme aumônier, se porte volontaire pour une recherche médicale en Afrique. Il est contaminé par un virus terrassant, est déclaré mort, mais découvre qu’il est devenu vampire. Le sang humain a le pouvoir de le régénérer quand il se met à éprouver les symptômes de la maladie. Il retourne vivre chez ses anciens paroissiens, proche d’un couple mal marié.

Notre commentaire : Park Chan-wook était le favori du président Quentin Tarantino pour la Palme d’or 2005.  ”Old Boy” a finalement obtenu le Grand prix. Cette reconnaissance internationale lui vaut aujourd’hui de pouvoir tourner une série B avec des financements américains considérables et  de truffer “Thirst” d’effets spéciaux. Le film sait par instants dispenser de grinçants moments de suspense burlesque, à partir de détails incongrus. Quant à humaniser les personnages, Park s’en soucie surtout pour brocarder les aspects les moins reluisants de ses semblables. Seul le prêtre conserve une forme d’innocence, effaré par la spirale du stupre et de la corruption qu’il a déclenchés. Force est toutefois de constater que le film s’égare à multiplier les pistes et les gags potaches. Nous perdons progressivement tout intérêt pour ce qui arrive aux personnages dans la deuxième heure du film.

La première image du film : Une porte blanche s’ouvre à l’hôpital, laissant apparaître un prêtre en soutane et col romain.

La citation : “Le sang, je m’en occupe. J’en trouverai auprès des gens suicidés. J’en connais plein parmi les dépressifs que j’ai confessés”