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A l’origine, de Xavier Giannoli

Jeudi, mai 21st, 2009

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Le résumé : A sa sortie de prison, un petit escroc sans ressources (François Cluzet) vivote en montant de petites arnaques. Dans le nord de la France, il échoue par hasard dans une commune sinistrée : la construction d’un segment d’autoroute a été interrompue, plongeant 25% de la population dans le chômage. Le nouveau venu se fait passer pour un représentant de l’entreprise de génie civil. Gagnant la confiance de fournisseurs et de loueurs de machines de chantier, il fait repartir les travaux, suscitant une vague d’espoir et un élan collectif autour de lui.

Notre commentaire : Le film de Xavier Giannoli est basé sur une histoire vraie, assez extraordinaire. Lors du générique de fin, un carton nous apprend que la direction de l’équipement jugea les travaux « conformes » dans le fait divers réel. « A l’origine » offre une métaphore parfaite de l’économie actuelle, avec ses zones d’ombre, ses tireurs de ficelles occultes, ses circuits de financement opaques, sa chaîne de production qui carbure à la confiance, alors que personne ne connaît personne ou presque. Le réalisateur parvient à donner une dimension abstraite à l’activité la plus concrète qui soit. La route est construite, mais son principal artisan s’avise au final qu’il ne sait pas où elle mène ! François Cluzet est parfait dans ce grand manitou d’une fuite en avant maximale. Il incarne le déclassé qui retrouve une raison de vivre en rendant l’espoir à ceux qui partagent sa condition. En recourant à l’écran large et à une musique parfois emphatique, Xiavier Giannoli (notre photo) donne du souffle à une entreprise gonflée.

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La première image du film : Dans les couloirs du métro, un policier pose sa main sur le manteau d’un inconnu blotti sur les banquettes.

La réplique : « C’est un drôle de truc de pouvoir changer la vie des gens ».

Fish Tank, d’Andrea Arnold

Vendredi, mai 15th, 2009

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Le résumé : Mia n’a pas la vie facile. A 15 ans, elle est en pétard avec à peu près tout le monde. Avec sa mère, à peine moins ado qu’elle. Avec sa petite sœur Tyler. Entre les trois, les appellations tendres fusent : « Pouffe ! », « Sale Pute ! », « Salope ! ». Dans son univers de HLM sans horizon, Mia se ménage quelques échappées : elle répète des chorégraphies seule dans un appartement squatté, manque de voler un cheval à des gitans… L’arrivée du nouvel ami de sa mère, Connor, met Mia dans un trouble nouveau : elle est à la fois furieuse de cette nouvelle intrusion et sensible à cet homme qui lui manifeste de l’intérêt et de la douceur. Cette attirance grandit et semble réciproque…

Commentaire : Déjà récompensée à Cannes pour « Red Road », la Britannique Andrea Arnold livre un film impressionnant de justesse sur l’adolescence, entièrement placé du point de vue de sa jeune héroïne. La réalisatrice réussit dans un même mouvement à marier le meilleur du cinéma de Ken Loach (l’inscription sociale) et le meilleur des frères Dardenne (le sens de l’espace, les courses à perdre haleine, à coller à un personnage). « Fish Tank » fait partie de ces films rares qui déploient une énergie folle à décrire la vie quotidienne des déclassés, de manière aussi incisive qu’empathique. Andrea Arnold présente un univers clos, où le respect de soi-même ne  s’acquiert pas en visionnant des vidéos de  R’n B ou en observant les adultes.

La première image du film : En plongée, la caméra nous fait découvrir Mia, le dos courbé après une répétition en solitaire de sa chorégraphie.

 La réplique : « Tu as l’œil enflé. Ton père a raté ta bouche ? »