Le meilleur film du festival
Elle était Miss France et suicidaire. Elle est morte dans un accident de voiture. Le cinéaste Alain Cavalier l’a aimée au tournant des années 70. Il a consigné toutes ses observations et ses pensées du moment dans d’épais carnets. Aujourd’hui, il les rouvre et il raconte « Irène ». Enfermé dans des chambres d’hôtel, avec sa petite caméra DV. Présenté à « Un Certain regard », ce film-confession atteint une telle vérité qu’il ramène à des enfantillages les entreprises courantes du cinéma.
Des portraits d’Irène, Alain Cavalier (photo ci-dessous) n’en montre que très peu. Et encore, tout à la fin du film. Elle a les yeux d’un tableau de Manet. Il a gardé pour elle les yeux d’un amoureux. D’un amoureux qui perd la mémoire. Irène s’efface et Alain veut la retenir. Veut lui dire ce qui lui procurait de la joie et ce qui le faisait souffrir. Tout est tremplin vers l’aimée : des mots précis tracés à la plume, des objets familiers, un œuf logé dans une demi-pastèque, pour expliquer les mystères de la gynécologie et du drame d’un couple…


