Les herbes folles, d’Alain Resnais

Le résumé : Marié depuis 30 ans, installé dans une maison confortable, Georges Palet (André Dussollier) ramasse dans un parking le passeport d’une inconnue (Sabine Azéma). Il tient à lui rapporter mais fantasme une possible rencontre amoureuse.

herbes_folles1 

Notre commentaire : Alain Resnais (86 ans) cumule les plaisirs avec ce film léger et libre : plaisir de retrouver des acteurs qu’il apprécie et qui ont souvent joué pour lui ; plaisir de raconter l’histoire (inspirée d’un roman) à sa manière de Français cartésien amateur de « nonsense » britannique ; plaisir d’emmener le spectateur sur des terrains insolites (le cabinet d’une dentiste ; la voltige aérienne) ; plaisir des mots prononcés, ravalés, repris, reconsidérés, triturés… Les enchaînements rappellent le principe de « Smoking / No smoking » : il se pourraient que les choses tournent d’une certaine manière, à moins que ce ne soit l’inverse. C’est exquis, délicieux comme le champagne, jazzy comme des improvisations en solo à partir de standards de la comédie de boulevard. Alain Resnais dit avoir aimé ces personnages « qui déploient une vitalité incroyable dans ce que l’on peut considérer comme une course à l’erreur ». Ces « herbes folles » sont comme celles qui poussent dans la saignée du goudron : l’irruption de l’irrationnel sur l’autoroute des vies bien réglées.

La première image du film : Le titre « Les herbes folles » apparaît dans l’embrasure noire d’un donjon niché dans la verdure.

La réplique : « Quand vous sortez du cinéma, rien ne vous surprend. Tout peut arriver avec le plus grand naturel »

Tags: , , , ,

Laisser une réponse

Security Code: