“Rendez-vous à Palerme”, de Wim Wenders
Le résumé : Finn est un photographe très demandé. Il explore toutes les ressources de la palette digitale pour modifier les photos qu’il réalise et qu’on lui commande. Tel un démiurge qui peut impunément mettre le ciel d’une ville sur les immeubles d’une autre ville. Invité à photographier la grossesse rayonnante de Milla Jovovich, il joue les prolongations à Palerme. C’est alors qu’il fait deux rencontres troublantes : celle d’une jeune femme italienne qui restaure une fresque et un personnage fantômatique qui ressemble à la Mort du “Septième sceau” de Bergman.
Notre avis : Pour tous ceux dont la cinéphilie a été alimentée par les grands films de Wenders (”Au fil du temps”, “Alice dans les villes” et même “Les Ailes du désir”), il est triste de constater que le réalisateur allemand est devenu aussi gauche et prévisible. L’intention derrière les plans que filme Wenders saute immédiatement aux yeux. Et cela ne s’arrange pas avec les dialogues grotesques du photographe avec la Mort dans la deuxième partie. Si de tels échanges étaient concevables au moment où Bergman les avait imaginés (fin des années quarante), ils sont aujourd’hui embarrassants et hors de propos. La profusion de nos prothèses technologiques nous grise au point d’écarter la mort du champ de notre conscience, professe lourdement Wenders. Pour s’en apercevoir, il faut se mettre en retrait du monde et réapprendre à le regarder. S’il a souvent trouvé un supplément d’âme dans des villes inconnues (Lisbonne par exemple), Wenders le cherche en vain ici, ramenant à peine quelques jolis plans touristiques.
Le premier plan du film : La caméra glisse sur des squelettes vêtus de guenilles, sur les murs de catacombes.
La réplique : La Mort : “J’en ai marre de jouer au Méchant”.

