“Synecdoche, New York”, de Charlie Kaufmann
Le résumé : Caden Cotard (Philip Seymour Hoffmann) est un homme de théâtre morose. Largué par sa femme qui lui préfère une autre femme, privé de sa fillette Olive, il entreprend de monter une pièce de théâtre qui serait l’oeuvre d’art ultime. Un spectacle qui synthétiserait tout le mystère de l’existence. Atteint dans sa santé, mais doté d’une bourse généreuse, Caden fait reconstruire New York dans un hangar géant. Il s’entoure d’une équipe qui répète des années durant une pièce qui ne voit jamais le jour.
Notre avis : Il y avait de quoi attendre avec curiosité le premier film réalisé par le scénariste Charlie Kaufmann (”Dans la peau de John Malkovich”, “Eternal Sunshine of the Spotless Mind”). ”Synecdoche, New York” démarre comme une comédie dépressive grinçante. Elle reflète l’angoisse de ceux qui voient arriver l’automne de leur vie sans avoir exprimé leur potentiel réel. Mais le film s’avère rapidement exténuant tant il s’épuise à multiplier les niveaux de réalité et l’exploration consternée de la stérilité artistique. La dégradation politique qui filtre du monde extérieur ne donne pas un surcroît de profondeur crédible à cette entreprise qui tourne autour d’un personnage geignard, dans lequel il est difficile de projeter nos propres impuissances.
Le premier plan du film : Un radio-réveil se déclenche à 7h45 précises. Sur les ondes de la radio, un animateur livre quelques considérations sur l’automne, qu’une prof de littérature invitée renforce par quelques vers de Rilke lus en version originale allemande.
La réplique : “Je crois que j’ai trouvé un titre pour ma pièce : “Maladies infectieuses du bétail”.

